Réflexions sur la fameuse montée du garrot.

Mécanisme de la montée du garrot:

La montée du garrot est un mythe… c’est le DOS, est donc les vertèbres situé derrière le garrot qui montent quand le cheval baisse la tête (tension du ligament nuchal) ou contracte ses abdos, abaisse ses hanches (rétroversion du bassin).

Le garrot ne bouge pas, il est d’une hauteur fixé par le point d’attaches des épaules et donc des antérieurs.

A contrario, l’expression « garrot qui s’effondre » correspond au relevé de l’encolure, (relâchement du ligament nuchal) et aux rapprochement des apophyses vertébrales (T5 à T10). Souvent couplé au relâchement de la ceinture abdominales et de la bascule du bassin… le dos « retombe ».

Les schémas qui vont suivre nous expliquent pourquoi la quête du rassemblé (LE VRAI) est une chimère obtenue qu’au prix de sacrifices et de douleurs… Il impose la musculation de groupes antagoniste et nécessite leurs contraction en isométrie de façon figé et d’une posture anti naturel au possible. [EDIT] Le rassemblé vient de la posture que prends l’étalon quand il parade ou « veux impressionner son monde »…

Monte du garrot

Pour ce qui est de la « monté du dos » c’est bien l’incurvation et l’engagement dans l’impulsion qui conditionne ses mécanismes. Il suffit d’étudier les exercices proposé par Andy Booth et on comprend où il veut en venir… tout se prépare à pied! La montée du dos, peut s’apprendre avec UN doigt… placé à la base du sternum et le placement du bassin en sollicitant le faisceau sciatique en arrière de la croupe. On sollicitant cette proprioception, le cheval vas ressentir physiquement ces postures et pourra donc les proposer dans le travail d’autant plus facilement….

Ayant compris comment fonctionne le corps du cheval, on peut donc commencer à le faire travailler dans le bon sens.

On comprend après, que le « TOUT NATUREL » ou l’équitation sans jambe ou l’équitation de la douleur et de la traction ne peuvent aboutir à quelque chose de positif.

Qu’est-ce qui empêcherait de faire monter le garrot dans le fait de ne pas avoir de mors?

RIEN. Mise à part une sensation de « ne pas y arriver »…

C’est un problème de code de communication, pas de matériel, non ?

Tout à fait.

J’ai toujours pensé que la mise en main avec une embouchure résidait dans le fait que le cheval se soustrait à la douleur (aussi infime soit t’elle en rapport avec le niveau du cavalier) et vient se positionner dans une position qui lui évite la douleur.

C’est pour ça qu’on a créé des mors avec des « effets » différent : abaisseur, releveur, canaliseur etc… Le cheval « s’allégeant » dans le sens « je me soustrait à la douleur ».

D’où la grande utilisation de la bride qui peut provoquer des douleurs dans différentes directions… et donc la sensation de BIEN maitriser son cheval…

Cette notion de contrôle par la douleur m’est de plus en plus intolérable.

L’éthologie et la compréhension du fonctionnement du cheval permet d’intellectualiser la pratique et de COMMUNIQUER sainement, CAD sans faire appel à des moyens coercitif.

L’homme doit apprendre à communiquer avec le cheval et pas l’inverse…

La confiance qu’on peut obtenir d’un cheval est énorme et la trahir en utilisant le système de la douleur sur un des point les plus sensible de son corps est un non sens et une preuve de notre ignorance.

Le problème actuel: très peu de monde ose se passer des enseignements du passé.

Comme pour la maréchalerie, pratique complètement dépassé reposant sur des savoirs datant du début du 20e siècle, le pied nu moderne, avec les recherches de KC Lapierre (et d’autres !) permettent de nouvelles pratiques et surtout des évolutions basé sur un savoir scientifique MODERNE.

L’équitation comportementale est aussi quelque chose de complètement novateur.

Il faut remiser les savoirs de Pluvinel et passer à autre chose… L’équitation du 21e siècle à l’heure de la biomécanique et des connaissances du système nerveux…. Connaît-on un seul domaine où tout le savoir repose uniquement sur des pratiques et des théories du 17 e siècle ????

L’étude du comportement et des méthodes d’apprentissages modernes nous permettent de « communiquer » avec l’animal et de se poser en partenaire et plus en bourreau.

Un des éléments de réponse que j’ai trouvé par rapport aux changements de codes qui permettent de travailler un cheval dans le bon sens sans embouchure…

Tout le monde connais les grands maitres (les principaux car y a eût en effet beaucoup plus d’écuyers important que ça!) … Pluvinel, La Guérinière, Baucher qui ont marqué leurs temps avec leurs connaissances du moment.

Au sujet de Pluvinel… (1555-1620)

Véritable chef de file de l’École française,

il fait évoluer les méthodes acquises en Italie. (Misent en place pour former des chevaux de guerres plus mobile que les chevaux lourd issu de la chevalerie et mis à mal par l’artillerie naissante)
Cesare Fiaschi (1540), Federigo Grisone (1580) et Pignatelli avec leur
académie qui furent les premiers chefs d’école et permirent
l’évolution de l’équitation vers les sommets du XVIIIe
siècle.
A l’époque, l’usage veut qu’on use de douceur pour les poulains et de brutalité pour dresser les chevaux.
Pluvinel a très vite compris que seule l’ignorance était la cause des résistances et non la mauvaise volonté du cheval!
Il commence le travail autour d’un pilier unique pour assouplir, puis avec une selle sans cavalier et enfin parfait le travail dans les piliers doubles de son invention qui permettent l’abaissement des hanches.
La position du « bel homme de cheval » s’inspire de celle indiquée par Xénophon: « estomac avancé, jambes tendues, talons tournés vers dehors. » Le rôle de l’embouchure perd de son importance, c’est la science et le tact du cavalier qui prime, les moyens artificiels ne viennent que comme complément.

3 choses importantes:
Il avait compris que l’ignorance est le FREIN principal.

Il travaillait au pilier unique, donc sur un cercle…. ce qui revient à travailler sur l’incurvation et donc la flexion latéral… et ce SANS cavalier, ce qui nous ramène aux exercices d’ANdy… et oui, Andy a lu TOUS les grands maitres.

Il a avait aussi compris que l’embouchure n’était pas aussi importante que cela…

Les méthodes de son époque étaient des plus barbares…

mors

L’emploi du MASTIGADOUR était commune.

masti

Mis sur une bride et laissé au cheval au boxe parfois pendant la semaine… et ce « Pour lui rafraichir la bouche »…

Ceci nous renvoi aux connaissances actuel de la nociception et du phénomène d’accoutumance et de « disparition des nocicepteurs » par sur stimulation.

A l’époque la condition animal était des plus atroce (quid de la condition humaine?)… et bon nombre de supplices étaient pratiqué pour les chevaux récalcitrant: comme attaché un chat sauvage au bout d’un manche et le promener sur les flancs, ou attacher un hérisson à la queue ou encore une petite botte de paille enflammé… (on peut facilement retrouver ces écrits en cherchant sur google book)

Cela nous renvois à la théorie des animaux-machines de Descartes… en vogue à l’époque.

Il existe même une correspondance entre le Marquis de Newcastle et Descartes au sujet de l’âme des animaux. Newcastle étant un des écuyers célèbre de cette époque… cela indique bien que les « savants » du 17e, (les écuyers étant aussi des savants à l’époque…) partageaient tous les même connaissances, peu ou prou.

Les animaux-machines n’éprouvant aucune douleurs et étant dépourvu d’âmes, comment peut on encore mettre du crédit sur les travaux de dressages de cette époque?

La Guérinière (1688-1751)

Sa conception repose sur l’assouplissement des hanches et des épaules, une légèreté extrême, une impulsion constante dans la recherche de l’élégance et du brillant.

Il écrit:
– La grâce est un si grand ornement à la science, que tous ceux qui veulent devenir homme de cheval doivent avant toutes choses employer le temps nécessaire pour acquérir cette qualité.
– Le trot est le seul moyen de donner aux jeunes chevaux la première souplesse
– La leçon de l’épaule en dedans qui est la plus difficile et la plus utile de toutes celles qu’on doit employer pour assouplir les chevaux.
– On se sert des piliers pour lui apprendre à passager dans une place sans avancer, reculer ni se traverser qui est l’action du piaffer. On verra
que cette cadence, plus aisée à donner dans les piliers qu’en liberté, met le cheval dans une belle posture, lui donne une démarche noble et relevée; lui rend le mouvement des épaules libre et hardi et les ressorts des hanches doux et liants: toutes ces qualités sont recherchées pour un cheval de parade et pour former un beau passage.

C’est toute l’École de Versailles qui fut à la base du prestige de cette conception que l’Europe entière copia. L’école de Versailles aurait du donner naissance à un conservatoire, une académie mais la révolution dispersa les talents.

N’oublions pas que l’inventeur de la médecine vétérinaire « moderne » est Lafosse Père puis le créateur des 1° écoles vétérinaire, Bourgelat.

La lecture de leurs savoirs nous apprend plein de choses sur les connaissances de l’époque… et notamment en termes d’anesthésie.

Pour ce qui est de La Guérinière, lui aussi travail l’incurvation. Il parle du trot car il s’est aperçu que les jeunes chevaux n’ont pas la musculature nécessaire pour le galop…

Le terme « assouplir » revient souvent. Les auteurs modernes comme Racinet ou Dorgeix n’hésitent pas à dire que les assouplissements ne servent à rien, le cheval en animal de proie, conçu pour la fuite étant naturellement souple.

En simplifiant à l’extrême, avez vous déjà vue un chat « raide »? Ou une gazelle ou une biche? Avez-vous déjà remarqué qu’un cheval peut se gratter l’oreille avec son postérieur? ou se mordiller les flancs sans problème…

« L’assouplissement » revient à pouvoir faire faire le mouvement dans la contraction des muscles antagoniste (opposés) provoquer par le stress et la douleur du cavalier, de l’environnement, de l’harnachement…. etc. (On parle donc de « désensibilisation »)

Les écuyers ne connaissant pas l’éthologie du cheval sauvage, et encore sous le coup des théories fumeuses de Descartes…. n’ont pas pensé à prendre en compte les spécificités émotionnelles, psychiques et motrices du cheval….

Pluvinel et La Guérinière travaillaient au piliers. Andy Booth travail à pied… au licol. Les pilier étant représenté par le contact du licol qui est une zone de mouvement limité qu’on obtient après avoir désensibilisé le cheval à l’homme et au matériel et lui avoir appris à céder à la pression.

Nul doute que placé aux piliers, le cheval devait rapidement céder à la pression….

L’épaule en dedans, c’est le travail sur plusieurs pistes… les déplacements latéraux.

Pourquoi?

L’engagement du postérieur interne… amène forcément la bascule du bassin et la contraction des abdos, ce qui nous conduit à la mise en main….

De la même façon, les exercices du degrés 1 à 4, nous amènent à faire la même chose, mais sans forcer…. sans stress et donc dans la légèreté.

après, sa notion de cheval de parade, nous indique que le but de la haute école de son époque, n’était plus d’aller au front mais de parader à la cours…. ça renvois à l’utilisation de l’animal comme un outils de vanité, pile poil ce qu’on rencontre à l’heure actuel dans le milieu des compétitions… ou du dressage.

La notion de communication avec l’animal elle est où? Le respect? Le terme « cheval de parade » est déjà énorme…

Petite pensé:

« Demandez aux chercheurs pourquoi ils expérimentent sur les animaux et leur réponse est : parce que les animaux sont comme nous. Demandez aux chercheurs pourquoi c’est moralement acceptable d’expérimenter sur des animaux et leur réponse est : parce que les animaux ne sont pas comme nous. L’expérimentation animale repose sur une contradiction logique. »

Charles R. Magel

François Baucher (16 juin 1796 – 1873)

« annihiler toute volonté chez le cheval et la remplacer par celle du cavalier ».

ça commence bien….

C’est en montant un cheval lourd à la main « Bienfaisant », qu’il eut l’intuition d’« opposer une tension de rêne égale à la force que mettait l’animal à lui résister » attendant que les contractions parasites de la nuque et de l’encolure aient cédé.

Génial! Il venait lui aussi, après les piliers utilisé au 18e siècle, d’inventer le « cédé à la pression »….

ha lala… si ils avaient eût quelque notion d’éthologie…

« Je le dis hautement, le rassembler n’a jamais été compris ni défini avant moi. »

Bref…. On pourrait en parler pendant des heures de son travail, et tous les grands écuyers qui ont suivit se sont pris le choux quand à savoir pourquoi il faisait tel ou tel choses et comment et patati et patata…

C’est sans compter sur la guerre entre lui et le Comte d’Aure….

L’équitation savante de cette époque de changements est aussi tributaire du manque de connaissances anatomique, physiologique et psychique des chevaux…

Sachant tout de même, qu’il faut attendre 1874 pour que L’Hotte oblige le trot enlevé dans la cavalerie Française….

Tout ça pour expliquer à Sylvain et au autres que les temps ont changés et qu’il n’y a pas de honte à vouloir faire évoluer une pratique.

On ne peut se baser uniquement sur un savoir ancestrale pour innover.

Si on veut monter « classique » CAD sans la prise en compte des sensibilités particulières du cheval tant au niveau anatomique que psychique, parfait. Il n’y a qu’à ouvrir les vieux manuels et arrêter de dire qu’on aime les chevaux.

Mais si on veux considérer le cheval comme un être sensible et doué d’intelligences et qu’on a à cœur de vouloir communiquer avec lui et partager des activités commune dans le respect mutuel, là, on se doit d’essayer de mettre toutes les chances de notre côté pour que ça se passe bien. (Structure + fonction = performance)

ça impose la prise en compte:

de son fonctionnement anatomique et donc sa biomécanique.

De son fonctionnement intellectuelle et donc ses modes d’apprentissages et de communications.

De son fonctionnement physiologique et donc son milieu de vie et ses impératifs.

En essayant d’éviter les contradictions.

Se mettre à l’équitation comportementale c’est repenser complètement ses réflexes posturaux et ses habitudes de pratiques.

Les « aides » et les tensions ainsi que le « travail » ou « les assouplissements » tel qu’on les connait, n’ont plus lieu d’être. Sans stress et sans douleur, plus besoin de chercher cette satané « décontraction »…

Il faut d’abords établir une confiance absolue entre l’homme et l’animal. Donc toute situation de dominance (et de contention) est à proscrire.

On ne tire plus sur ses rênes… on propose. On se place. On pense…. et au final, tirer sur sa rêne n’est plus qu’un échec, voir une punition…

Voilà la véritable légèreté ou « centaurisation » que certain on imaginé et cherché toute leurs vie d’écuyer. Les moyens les plus barbares ont même été utilisé pour y parvenir, parfois pouvant laisser penser que… mais le « brillant » et l’étincelle de vie en moins… car sans véritable confiance mutuel et un profond respect, c’est illusoire… (Et la résignation acquise est là pour le prouver).

L’anthropocentrisme (qui est une conception qui considère l’homme comme le centre de l’univers.) découle de l’anthropologie chrétienne
qui met l’homme au centre de sa réflexion, non pas parce qu’il est le
centre du monde, mais parce qu’il est la seule créature douée de la
raison.

C’est donc dans les fondations de notre civilisation (la religion) et dans les sciences comme la philosophie (ou la médecine) qu’on peut aller trouver les causes des échecs des principes de dressages classiques.

Il reste à savoir si l’homme peut trouver suffisamment de bonté en lui pour parvenir à réformer toutes ses erreurs… et évoluer.

Il est navrant de constater que tous les problèmes de civilisation se recoupent et prennent racine dans la volonté de domination de certains homme sur d’autres, ou sur la nature, ou sur les autres créatures du monde.

« C’est humain».

3 réflexions sur “Réflexions sur la fameuse montée du garrot.

  1. Bonjour
    j’apporte une précision au sujet de l’utilisation du mastigadour, ce mors n’est pas destiné à quoi que ce soit en rapport avec la monte. Voici un extrait du livre « le parfait mareschal qui enseigne à connoistre la beauté, la bonté, et les deffauts des chevaux » de Solleysel (1674)
    « Après qu’ils ont mangé l’avoine ou le son, on les tourne au filet, le cul à la mangeoire, jusqu’à quatre heures du soir qu’ils demeurent sans manger.
    Cet espace de temps que les Chevaux demeurent au filet fait un très bon effet, cela fait bien digérer les alimens qui sont dans l’estomac, souvent en trop grande abondance estant pris avec assiduité, & donne de l’appetit aux Chevaux qui en manquent.
    S’il arrive que le Palefrenier en tournant les Chevaux au filet s’aperçoive qu’ils n’ayent pas mangé toute leur avoine sans aucune cause manifeste, c’est une marque qu’ils sont dégoustez, ou qu’ils sont malades, il faut en ca cas les mettre au mastigadour au lieu de les mettre au filet, ce mastigadour est un filet qui a un grand pas d’Asne qu’on met dans la bouche pour faire écumer le Cheval, & luy descharger le cerveau… »
    L’auteur est très influencé par les quatre humeurs, et le mastigadour semble un moyen de « purger » une humeur néfaste en la faisant s’écouler sous forme de salive.

    • Bonsoir,

      Vous avez tout à fait raison et l’usage de cet outils était réservé au débourrage pour ce que j’en ai lu sur l’histoire de l’équitation quand je faisais des recherches pour ma compréhension de l’utilisation des embouchures.

  2. Je ne connaissais pas du tout le mastigadour, merci pour ces précisions ! Je pense en effet qu’il faut prendre les bonnes choses tant de ce que nous ont appris les palfreniers du XVIIe siècle que des ouvrages plus récents. A nous faire une synthèse réfléchie de tout ce que l’on peut lire ou entendre !

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