Analyse d’un texte de Xénophon

Xénophon, « DU COMMANDEMENT DE LA CAVALERIE, ET DE L’ÉQUITATION. »

J’ai téléchargé cet ouvrage sur Google book. Je l’ai lu et j’en ai tiré les passages intéressant du point de vue podologique.

Il est très curieux de noter que le bonhomme avait découvert les principes de la stimulation y a 3000 ans… (à la louche) et que les hippiatres et autres véto. forgerons qui l’ont suivi dans l’histoire n’ont RIEN retenus de ses enseignements!

Ses conseils sont précieux et encore valable aujourd’hui! (en podologie, comme en éducation des chevaux et aussi en philosophie car Xénophon, était maitre de guerre et philosophe)

>le lien google book<

P5

Pour faire au cheval un bon pied si quel qu’un sait un moyen et plus facile et plus simple y qu’il s’en serve ; sinon, d’après mon expérience, je dis qu’il faut ramasser des cailloux du chemin, du poids d’une mine, plus ou moins, les répandre, et placer dessus le cheval (1), soit pour l’étriller, soit quand on l’ôtera de la mangeoire, en sorte que son pied ne cesse jamais de battre la pierre, lorsqu’on le panse ou qu’il se sent piqué des mouches. Quiconque en aura fait l’épreuve m’en croira sur cela et sur tout le reste, et verra bientôt des pieds ronds à ses chevaux.

 

P32

Pour des chevaux, avoir les pieds tendres, ou bien les avoir endurcis aux aspérités du sol, c’est la même différence que d’être estropié ou ingambe ;

 

P42

On jugera du pied, première ment par l’ongle, qui vaut bien mieux épais que mince. Il faut voir ensuite si le sabot est élevé ou bas, devant et derrière, ou tout-à-fait plat ; car le sabot élevé tient éloigné du sol ce qu’on appelle la fourchette : mais lorsqu’il est bas, le cheval marche également sur la partie solide et sur la plus molle du pied, comme il arrive aux hommes qui ont le genou cagneux. Simon dit qu’on connoît au bruit la bonté du pied d’un cheval, et il a raison ; car le sabot creux résonne sur le sol comme une cymbale (Leurs chevaux n’étoient point ferrés, Voy. p. 53).

 

P53

Mais en même temps qu’on s’occupe de sa nourriture et de ses exercices pour lui fortifier le corps, il faut former aussi ses pieds (2) : or, les écuries dont le sol est humide ou uni, gâteront la meilleure corne; mais celles où l’on a pratiqué des écoulements, pour ôter l’humidité, et qu’on a pavées (pour que le sol ne fût pas uni ), de pierres grosses à peu près comme le sabot (i), ces écuries-là d’abord durcissent la corne, qui pose continuellement sur ce pavé ; puis, comme le palefrenier devra panser le cheval dehors, et après le déjeuner, l’ôter du râtelier, pour qu’il revienne souper avec plus d’appétit, dans cet endroit où on le panse et l’attache hors de l’écurie, le pied se fortifiera encore, si l’on y fait verser quatre ou cinq tombereaux de pierres rondes, de grosseur à emplir la main, et contenues par un entourage de fer pour les empêcher de se répandre : le cheval étant à cette place, ce sera comme s’il marchoit tous les jours quelques heures dans un chemin 5 plein de cailloux ; car, soit qu’on l’étrille, soit que les mouches le piquent^ il battra du pied, de même qu’en marchant, sur ces pierres mobiles et roulantes, qui affermiront la fourchette, S’il est nécessaire de durcir la corne, il ne l’est pas moins d’amollir la bouche (2)

 

P59

Laver les jambes ne sert de rien, et cette irrigation journalière gâte la corne : ainsi c’est un usage que nous interdirons.

 

 

 

 

 

P53, notes,

Les anciens ne ferroient point leurs chevaux ; cela se voit par tous les écrits et les monuments qui nous restent d’eux, et n’a pu étonner que des gens qui ne savoient pas en combien de pays l’usage de ferrer les chevaux n’est point encore introduit. Les Tunguses., ainsi que la plupart des Tartares, les meilleurs et les plus infatigables cavaliers du monde, ne sachant forger que très-grossièrement, sont par cela seul dans l’impossibilité de ferrer leurs chevaux. Les Hollandais du Cap ont de petits chevaux qu’on ne ferre jamais, dit Sparrmann ; et M. Thinberg a fait la même remarque dans l’île de Java Un autre voyageur assure qu’à Mogador, et sur la côte occidentale de l’Afrique tous les chevaux vont sans fers, et Niebubr en dit autant de ceux de l’Yémen. M. Pallas a vu les chevaux des Kalmouks, qui ont, dit-il, le sabot petit et extrêmement dur : on les monte en un temps, sans qu’ils soient ferrés. Ailleurs, parlant des arrondis par la mer, dont les plus gros pouvoient avoir le volume d’un boulet de quatre. Ce lit, de dix-huit pouces à peu près de hauteur sous la mangeoire, qui fut exhaussée d’autant, s’abaissoit en pente vers le mur opposé. Trois chevaux y furent placés pieds nus : l’un, poulain de quatre ans, race des environs de Cirignola, qui n’avoit jamais eu de fers ; l’autre, de huit ans, d’Acqùaviva, ferré ordinairement de devant, le troisième, vieux cheval de troupe. De ces trois chevaux, le premier seulement avoit le sabot bien fait et la corne assez bonne. On les pansoit à l’écurie, d’où ils ne sortoient que pour la promenade : on meltoit sous eux la nuit, au lieu de litière, quelques brins de sarment. Leur urine tombant à travers les pierres sur le pavé très-uni de l’écurie, s’écouloit à l’ordinaire avec l’eau qu’on y jetoit de temps en temps pour nettoyer la place ; de sorte que le cheval étoit toujours à sec. Chaque, jour, soir et matin, le poulain trottoit plusieurs reprises à la longe, sur la grève, où l’on avoit amassé des cailloux pareils à ceux de l’écurie. Au bout de deux mois et demi, sa corne étoit plus compacte, et la fourchette surtout avoit acquis une solidité remarquable. Il fit le voyage de Bari à Tarente passant par Monopoli, Ostuni, Brindisi, Lecce, Manduria, tous chemin de traverse remplis de pierres, et revint sans être ferré ni incommodé : à la vérité on ne l’avoit monté que deux jours ; mais il auroit résisté à de plus grandes fatigues, et il éloit aisé de voir que les mêmes soins continués l’auroient mis en état de se passer de fers toute sa vie : il fut vendu. Les deux autres n’eurent pas le même succès : leur corne, gâtée par les clous, se fendoit et s’exfolioit pour peu qu’ils marchassent; mais peut-être qu’avec le temps ils se seroient fait un bon pied. Cette épreuve eut lieu dans les mois de juillet, août et septembre; on ne peut douter qu’elle n’eût complètement réussi sur des chevaux calabrais, qui ont meilleur pied que ceux de la Pouille, Outre ce qu’enseigne ici Xénophon pour consolider le pied des chevaux, on avoit d’autres méthodes dont il ne dit rien; cela se voit par ce passage du discours précédent : Pour durcir le sabot, si quelqu’un sait une pratique et plus facile et plus sûre, qu’il s’en serve.

(1)   On traduit littéralement ; mais le texte dit plus en moins de mots, et fait entendre que ces pierres doivent être de forme et de dimension telles qu’elles puissent, le pied posant dessus, entrer dans le creux du sabot, et porter sur la fourchette.

 

P70

(1) Chardin parlant des Géorgiens : Ils ont , dit-il , de jolis chevaux fort vifs et infatigables , et ils vont toujours au galop , même dans les descentes , sans crainte que le cheval ne s’abatte ; car ces animaux sont si’ vigoureux qu’il n’arrive guère d’accidents. Il dit ailleurs que ces chevaux ne sont point ferrés. Ceux dont parle ici Xénophon ne » l’étoient pas non plus, et par là ils dévoient avoir le pied plus sûr que les nôtres.

2 réflexions sur “Analyse d’un texte de Xénophon

  1. Je suis complètement choquée de voir e déjà à l’époque, on savait ça…. et qu’aujourd’hui encore on cultive la bêtise…. Limite si j’ai pas honte moi-même d’être humaine à ce niveau… Aller, un livre de plus dans ma liste, j’ai envie de savoir ce que ce bonhomme de l’ancien temps à a dire sur le reste ^^

  2. Pingback: Podologie équine | paulinedeleage

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