Stress et syndrome du cheval domestique.

La définition du stress physiologique peut se résumer en un ensemble de conditions qui provoquent un changement anormal dans les processus physiologiques et éventuellement provoquer des lésions.

C’est simple, net et précis.

La notion de stress psychologique est plus flou et peut remplir des ouvrage entier de psychologie. Dans cet article, on va essayer de comprendre pourquoi une domestication mal conduite peut couter très cher…

Par où commencer?

J’hésitais entre l’aspect physiologique et l’aspect psychologique. C’est toujours difficile parce que des fois, on a du mal à croire que certains soient resté bloqué sur Descartes et pensent encore que les animaux n’ont pas de conscience, n’ont pas d’émotions et ne souffrent pas… bien qu’ils soient quand même conscient qu’un animal soit fait de chair et de sang… d’où un commencement logique par la physiologie.

On va donc commencer par l’aspect historique! ( 😆 )

La définition de la domestication: (source:Wikipédia)

La domestication d’une espèce, animale ou végétale, est l’acquisition, la perte ou le développement de caractères morphologiques, physiologiques ou comportementaux nouveaux et héréditaires, résultant d’une interaction prolongée, d’un contrôle voire d’une sélection délibérée de la part des communautés humaines.

La domestication désigne aussi l’état dans lequel la reproduction, les soins et l’alimentation des animaux, ou le cycle des plantes sont contrôlés plus ou moins étroitement par l’humain. Dans le langage courant, l’expression « animal domestique » est souvent employée dans le sens restreint d’animal de compagnie, et le verbe « domestiquer » comme synonyme d’apprivoiser. Ce dernier terme peut s’appliquer à un animal isolé tandis que la domestication concerne une population ou une espèce entière. Une acception élargie de la domestication tend à traiter de toutes formes d’interaction régulière de l’espèce humaine avec une espèce animale ; de l’élevage intensif d’une espèce anciennement domestiquée à la chasse raisonnée d’une population animale considérée comme une ressource.

À l’exception du chien qui a été domestiqué dès le paléolithique, la domestication des plantes et des animaux a accompagné les débuts de l’agriculture et a été un facteur essentiel du développement humain. Si elle a permis la révolution néolithique, c’est aussi un processus qui se prolonge aujourd’hui.

Et oui, c’est plus par l’évolution de nos relations sociales et de notre capacité a créer une nouvelle organisation de vie, que nos capacités cérébrales ont augmenté. (et pas parce qu’on a mangé de la viande) Tout cela a été facilité par l’esclavage (la domestication) animale. L’humain s’est vite rendu compte qu’il était plus simple de faire tirer une charrue par un bœuf ou par un cheval que par ses petit bras… et plus tard par des collègues moins chanceux. (mais c’est une autre histoire!)

Bref. la domestication c’est prendre des animaux qui vivaient tranquille dans la nature, les parquer, contrôler leurs reproduction et puis les plier à nos volontés. Cet état de fait va modifier leurs développement et faire d’eux des animaux non matures par nécessité. ( le sujet jeune est malléable, le sujet complètement développé aura toujours son mot à dire…)

Et qu’est-ce qui se passe après?

L’histoire évolue et finalement les chevaux arrivent dans une écurie ou un pré, aujourd’hui… au XXIe siècle.  Et a quoi on assiste en ce début de millénaire? A une recrudescence pas possible de Syndrome métabolique! Tant chez l’humain que chez le chien, que chez le cheval… tiens? L’humain, et ses animaux domestiques les plus proches souffriraient des même problèmes???

Le syndrome métabolique humain: (strictement identique à celui des animaux)(source:Wikipédia)

  • taux d’insuline anormalement élevé (qui expliquerait le risque de mortalité cardio-vasculaire plus élevée associé à ce syndrome ainsi qu’un risque de diabète de type 2. (en fait, c’est super courant)
  • hypercholestérolémie. (Depuis peu on sait que le cholestérol n’est pas « mauvais » ou « bon », il est juste un indicateur d’un taux élevé de radicaux libres dans le sang, donc d’une d’hyper oxydation, Rh ++)
  • hypertension.
  • excès de poids surtout s’il s’agit d’une obésité abdominale.
  • hyperglycémie, c’est-à-dire un taux excessif de sucres dans le sang.

Dans une excellente étude, Loren Cordain démontre le lien entre la charge glycémique élevée de l’alimentation d’aujourd’hui, l’insulinorésistance, l’hyper-insulinémie et le syndrome métobolique. L’hyper-insulinémie, conséquence de l’alimentation industrielle, est la cause de bien des maladies et joue un rôle d’accélérateur du processus de vieillissement. Les facteurs pathogènes les plus importants sont l’excès de graisse corporelle et, plus particulièrement, l’adiposité abdominale qui constitue une situation favorable à l’installation de l’insulinorésistance et la fabrication locale de cortisol dans le tissu adipeux.

En images!

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Trop de sucres rapide! Les céréales sont des sucres rapide pour le cheval.

Bon, ok, et le stress alors dans tout ça?

j’ai pécho un bon bouquin sur google book!

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Sapolsky?

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Donc, on a un état de fait: Le syndrome métabolique. On a un autre état de fait: Le stress provoque les même symptômes que décrit le syndrome métabolique.

Y aurait il un lien?

Mike Sapolsky a travaillé sur les babouins (le rapport entre hiérarchie et stress) et puis sur les humains en Angleterre. Des chercheurs ont repris ses travaux et ont fait des liens avec les dépenses de santé de la sécu. Anglaise et les relations hiérarchique au boulot. BOOM! On avait un lien total entre STRESS et maladies! ( voir cet excellent documentaire )

Sapolsky n’a pas été le seul a se pencher là dessus.

On peux citer Henri Laborit et son concept d’inhibition de l’action, 

de Marthe Kiley Worthington et son concept de résignation acquise qu’elle a décrit chez le cheval, (voir bouquin le comportement des chevaux ou le n°19 de PCN)

Martin Seligman et sa théorie sur l’impuissance apprise.

Les effets du stress sont visible chez les chevaux sauvages que le BLM capture pour les revendre…

Le jour de la capture… (quelques marques sur la tronches… mais il est encore en pleine forme!)

WHITE MAGIC CUT FACE

10 mois plus tard…

WHITE MAGIC after

Affolé avec des hélicoptères, coursé en 4×4, rassemblé dans des enclos, les chevaux sont ensuite chargé en vrac dans des bétaillères et envoyé dans des ranchs pour être débourré puis vendu…

Les groupes sont souvent séparé, éparpillé… ils passent d’une vie sauvage en famille dans le désert à la captivité seul,  en quelques jours.

La dépression mène à l’immunodépression.

Notre cheval domestique quand à lui peux très mal vivre son sevrage, et l’absence plus ou moins importante d’assouvissement des ses besoins fondamentaux:  privation de contacte sociaux, manque de mouvement, manque de fibre et de mastication dans des installations plus ou moins adaptés.

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Il peut aussi aussi souffrir de stress continues et d’impossibilité de s’y soustraire…

11_wcyh_noseband_0_4042 curb-noseband Pour moi, le nose-band est un des pire trucs, car d’une banalité affligeante au regard de l’ignominie de son action…

On peut très bien provoquer du stress chez un animal sans le vouloir… ou quand on rentre dans le dénie de messages pourtant clair indiqué par le cheval. En restant sourd,  la boiterie va se répéter, les mauvais résultats devenir régulier, la maladie va s’installer insidieusement, seule échappatoire à l’enfer du quotidien. Le cheval sera mis « au repos » dans l’attente (pas trop longue) d’une amélioration…

Le système, c’est à dire le monde du cheval dans son ensemble va chercher à minimiser cet état de fait. Les structures classique, donc souvent les plus cher, sont toute inadapté aux besoins fondamentaux du cheval. L’inadaptation va engendrer du stress, qui va entrainer des pathologies, qui deviendront plus ou moins chronique. Tout cela alimente une chaine de professions qui en vivent.

On peut retrouver ces problèmes dans les Zoo, dans les cirques où il y a des animaux, dans les élevages intensifs. Brefs, partout où le profit à remplacé le respect de la vie. Les attentes de rentabilités financière veulent se faire au détriment d’être vivants. Tout cela coute très cher, car pour compenser l’inadaptation et l’immunodépression engendré par le stress, on va devoir médicaliser quotidiennement ces animaux.

Donc, le syndrome de cheval domestique peut mener à plusieurs issus.

  • Obésité ou maigreur.
  • Hypercortisolémie.
  • Élastose chronique.
  • Hyperinsulinémie.
  • Résistance à l’insuline.
  • Épuisement surrénalien.
  • Épuisement pancréatique et hépatique.
  • Apathie.
  • Troubles du comportement. (agressivité, panique, stéréotypie, stérilité…)
  • Dépression.
  • Immunodépression.

Le syndrome du cheval domestique regroupe donc le syndrome métabolique équin très largement décrit (notamment avec le cushing et la fourbure) et l’immunodépression massive lié au stress chronique.

Tous  ces problèmes pourront s’exprimer de manière différente et sur des épisodes plus ou moins long… être plus ou moins facile a identifier et être plus ou moins facile à régler!

Alors il ne faut pas croire qu’il suffit de mettre les chevaux au pré pour que tout aille bien! Tout comme il ne suffit pas de déferrer pour avoir de bons pieds!

Sortir les chevaux des boxes n’est qu’une étape! Dans un pré moderne, le cheval va s’ennuyer, va manquer de diversité, va rester planté et finalement s’empoisonner au sucre… non plus avec des granulés mais avec de l’herbe à vaches laitière! Voir mes articles sur le lieu de vie!

Malgré tout le cheval a des capacités d’adaptation assez élevé, pour peu qu’on respecte ses besoins fondamentaux et qu’on arrive à le stimuler physiquement et intellectuellement dans le respect.

(étude expliquant le lien entre stress et diabète chez l’humain et la souris. > article_108_fr )

6 réflexions sur “Stress et syndrome du cheval domestique.

  1. Merci pour ces articles! ça réponds vraiment à des questions que je me posais! Une bouffée d’air frais!!

  2. Pingback: FOURBURE | Podologie équine ... libre.

  3. un plaidoyer bouleversant trouvé sur le net:

    Le bagne

    Cela fait dix ans que je suis là. Dix ans de solitude, d’enfermement. Dix ans que je piétine dans ma cellule aux murs poisseux, seul. Quatre murs, une lourde porte avec un verrou de métal, à l’extérieur.

    Ma cellule, j’y vis presque toute la journée, et toute la nuit, tous les jours depuis dix ans. Elle est à peine assez grande pour m’y coucher de tout mon long. Je dois faire mes besoins là où je peux, et vivre au milieu jusqu’à ce qu’on vienne la nettoyer, ce qui arrive de temps en temps.

    Et pourtant, de l’intérieur de cette cellule, mes sens sont en éveil. Une lucarne assez grande pour y passer la tête me permet de voir les autres prisonniers. Je suis au milieu d’une rangée de cellules toute identiques, comme des boites. En face, une autre rangée toute pareille et au milieu, un long couloir sombre. Tous les jours, j’attends des heures durant en regardant la lumière venant du fond du couloir. Je guette le moindre mouvement, la moindre odeur, le moindre bruit qui pourrait animer mes journées tristes.

    Le seul moment qui me réjouit, tous les jours, à la même heure, est le moment du repas. Il est servi trois fois par jour. C’est chaque fois, depuis dix ans, exactement le même repas, le même goût, la même quantité. Mais pourtant, j’aime ce repas plus que tout, car il n’y a plus rien d’autre à aimer vraiment dans cette vie de solitude. Alors, lorsque j’entends le chariot du repas qui arrive, je deviens fou, je frappe de toutes mes forces contre la porte de ma cellule, comme si cela pouvait faire arriver ce repas plus vite. Oui je deviens fou et je ne suis pas le seul, j’entends les autres qui font de même, qui frappent, qui crient.

    Alors le lourd verrou grince, la porte s’ouvre, et ce sont deux minutes de bonheur qui suivent. Deux toutes petites minutes.

    Puis l’attente revient, interminable, un soleil se couche, un autre se lève, sans autre horizon que celui que je vois, cette faible lumière au bout du couloir.

    Et puis, il y a la sortie, qui ne m’apporte guère plus de joie que l’enfermement. On rentre d’abord dans ma cellule, on m’attache solidement par la tête, on me met du poids sur le dos, puis on m’oblige à courir, en rond, dans une cour de sable. Je suis enfin proche de mes semblables mais on ne nous laisse pas nous toucher. Tous courent comme moi, sans but, sans aucune logique. Personne ne comprend pourquoi on nous fait ainsi courir pour aller nulle part. Mais si l’on ralentit, on nous frappe. Si l’on veut s’échapper, on nous retient par nos lanières. Le monde extérieur et la liberté sont là, tout près, mais on ne peut pas y toucher. A la fin de ce labeur, nous rentrons dans nos cellules, presque heureux de pouvoir enfin nous reposer.

    Et c’est l’attente qui revient, toujours aussi sourde et monotone.

    Les jours arrivent cependant où il n’y a pas de labeur à faire. On me laisse alors une demi-heure seul dans une cour bien fermée. Toujours sur du sable. Je suis censé pouvoir ainsi me dégourdir un peu les jambes. Mais que faire d’autre qu’attendre lorsqu’il n’y a rien ni personne d’autre que moi dans cet espace clos ? Pourquoi ne pas nous laisser à deux, ou trois ? Nous ne ferions rien de mal.

    Alors j’attends, toujours, je ne sais plus faire que ça, au fond… J’attends que l’on me ramène. Sur le retour vers ma cellule je vois les autres, certains supportent la captivité encore moins bien que moi : l’un se balance d’une jambe à l’autre à longueur de journée, un autre frappe sans cesse sa porte, un autre s’est même mis à mordre le bord de la lucarne de sa cellule! Ils sont devenu encore plus fou que moi.

    Des gens passent pourtant, certains semblent même nous apprécier, mais personne ne semble comprendre notre malheur. A présent une jeune fille sort de ma cellule en me murmurant :

    « Arthur, tu es mon cheval préféré ! » Elle rayonne de joie.

    Mais comme chaque jour elle referme le lourd verrou de la porte, je l’entend grincer et toucher le taquet, je suis à nouveau enfermé. J’entends ses bottes d’équitation s’éloigner, je la vois disparaître au bout du couloir, et je plonge tristement dans cette attente lourde et infinie qui est devenue ma vie.

    Arthur

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