Le débourrage à pied?

Le débourrage, c’est l’éducation du jeune cheval où on lui apprend à découvrir le monde dans lequel il va évoluer plus tard. On va devoir lui expliquer un code de communication, un code de conduite et lui faire accepter l’idée qu’un humain séjourne sur le dos plus ou moins longtemps. C’est une activité que j’ai mené quelques années, surtout sur des poneys de sport, souvent entier. (et quelques remise en confiance de chevaux de locations) Cela m’a beaucoup enrichie. Plus tard, je l’ai proposé de façon non conventionnel, en accompagnant des personnes dans le débourrage de leur propre chevaux.

Je vais vous parler de ma méthode de débourrage comportementale, à pied.

Selon moi, n’importe qui peut débourrer un cheval. Les ignorants y arrivent très bien en brisant les chevaux. Les méthodiques en les conditionnant. Depuis tout jeunes, je voyais le débourrage comme une épreuve initiatique que seuls quelque professionnels très confirmé pouvait pratiquer. Les choses se passaient dans un manège, avec une selle cassée (au cas où le cheval se retournerait…), une longe, un apprentis complètement dingue et un moniteur munis d’une chambrière.  Le but du jeux, seller le cheval au boxe, ce qui en soit est possible assez facilement puis l’amener dans le manège pour des séances de longes. Le poulain ne connaissant que ça. Boxe, paddock, manège. Un jour, l’apprenti devra monter « en sac à patates » sur le dos du poulain… et là, on pourra voir le niveau d’acceptation du cheval ce jour là… la séance se finissant plus ou moins mal pour les protagonistes… Si le cheval résiste à cette épreuve, il est considéré comme rétif et part chez un « spécialiste » où nul doute qu’il pliera tôt ou tard.

Perso. j’ai compris que cette manière de faire ne me convenait pas. J’ai eu moi même un jour à « tenir la longe » pendant qu’un « dingue » montait sur le dos d’un entier, « raté » plusieurs fois pour tenter nous aussi de lui faire accepter le cavalier… On s’en ai bien tiré avec seulement un énorme hématome au mollet du pauvre diable qui avait sauté en route et avait été heurté par un postérieur au passage…

Plus tard, j’ai compris que je ne referais plus jamais comme ça. Andy booth m’avait fait découvrir le travail à pied et mes lectures ont finit de me convaincre.

J’ai donc mis intuitivement un programme de débourrage à pied en route. Les résultats ont été à la hauteur de la facilité de la mise en place!

Petit roman photo, avec un entier Lusitanien, qui attaquait sa propriétaire au pré…

2009-01-15_Sha_160

On dirait pas comme ça, mais le bazar était plus que sur le qui vive et très vif. Je pense que le fait qu’il soit seul et très curieux m’ait facilité la tâche.

1er séanceLe but, se faire connaitre, faire connaitre le matériel de base et découvrir les grattouilles. (qui deviendront la principale récompense). On aborde le respect de l’espace personnel. Le cheval ne doit pas vous marcher dessus. Vous ne devez pas non splus envahir son espace n’importe comment.

2009-01-15_Sha_161 On peut commencer à faire céder à la pression. Cela permet de tout de suite poser la base: l’arrêt, et commencer à travailler le réflexe d’opposition. C’est une question de sécurité, pour vous, pour le poulain qui apprendra à pas tirer comme un con…

2009-01-15_Sha_163 Une fois qu’on a compris, le matos, les caresses, l’immobilité, le cédé à la pression, on peut aborder la mise en avant. PUIS, la mise sur le cercle.

2009-01-15_Sha_164 Le cheval va peut être commencer à partir franchement…

2009-01-15_Sha_165 C’est là que faire céder les hanches devient important. On chasse les hanches, de façon a désengager les postérieurs et centrer l’attention du cheval sur soi. (en vision binoculaire)

Un fois qu’on a tout ça, le cheval normalement aura le respect de votre espace personnel, cédera à la pression et pourra se mettre en avant ou à l’arrêt presque sur demande.

2009-01-15_Sha_175 On peut sortir à ce moment là du pré.

Au début...Mais attention! Soyez toujours vigilant… un poulain peut sauter en l’air n’importe quand! La longe de 7m sera votre plus précieux allié! Elle laisse le débattement nécessaire pour rester en sécurité et ne brûle pas les mains. Sont diamètre est plus important que celui du licol américain, donc, la force exprimé sur la longe est démultiplié dans la cordelette du licol. Il n’y a pas à tirer, mais juste à laisser le poulain s’apercevoir que moins il tire, plus c’est confortable.

2009-02-23_Sha_110 On peut refaire tout les exercices en liberté. Dans un manège, un rond de longe ou même le pré. peut importe.

2009-02-23_Sha_010 La bâche est un super exercice. Essentiel même. A ce stade, on doit montrer le plus possible de chose au poulain. Tapis, selle, brosses, couvertures, imperméable, parapluie, bidons, cônes, barres etc etc … ( servez vous d’un surfaix élastique pour le début, puis placez un tapis, dessus, sur le côté, dessous… au cas où par malheurs la selle viendrait à tourner un jour… ) Laisser le poulains avec tous ces objets en liberté. La selle risque de prendre cher… assurez vous qu’elle ne risque rien et que rien ne puisse se prendre dans les pieds ou les dents)

au champ Même dans son pré!

du ménage dans les pots de fleurs Même en libertés dans le jardin!

2009-04-17_Sha_187 Prenez aussi l’habitude de laisser votre cheval marcher sur sa longe en licol plat. Cela renforcera le « céder à la pression » et évitera qu’il se retourne à l’attache…

2009-04-17_Sha_184Pour les Postérieurs, c’est plus dur, mais ils comprennent aussi très vite.

2009-02-24_Sha_145 Reprenez la découverte d’objets mais en extérieurs.

2009-02-24_Sha_151 Comme la flaque d’eau… (mais seulement après la leçon réussi de la bâche). Si ça passe pas, allez dans l’eau avec lui… ce sera la seule solution sans stress ni énervement.

2009-02-24_Sha_141 Bientôt le cheval sera aux 3 allures, il passera partout, ne vous marchera plus dessus, et passera ses transitions montantes et descendantes comme un grand, juste à la voix ou à la gestuel corporel. (on a toujours pas mis de mors…)

2009-02-23_Sha_126 Passez un maximum de temps avec lui. Montez sur des objets et grattouillez le DE l’objet. Pour préparer le montoir, prenez une chaise et habituez vous à travailler loin de la chaise et à venir s’arrêter à la chaise. Grattouillez! La chaise va vite devenir un endroit agréable…

SelléPartez en ballade avec le matos. (enlevez les étriers! ils sont très dangereux. Les entiers les mordillent et peuvent se coincer la mâchoire dedans … à ne jamais expérimenter)

2009-03-11_Sha_153 Travaillez le montoir. Cela doit venir NATURELLEMENT. Étape par étape. Pas de stress, vous avez déjà posé vos bras ou même un genou depuis la chaise! Les grattouilles sont les même à pieds ou sur la chaise alors pourquoi pas là haut? Vous avez déjà sauté à côté de votre cheval… fait ressentir votre poids…  il est désensibilisé à quasiment tout ce qui se peux passer…

2009-03-11_Sha_155 et un jour, ça y est , vous le sentez… hop, on passe la jambe, (sans toucher la croupe) et on s’assoie comme un petit oiseau… On grattouille… et on redescend… Le lendemain, on refait et on redescend, et on remonte de l’autre côté, et on redescend de l’autre côté… On reste à l’arrêt, parce que les grattouille se font à l’arrêt et bien souvent le cheval restera à l’arrêt (de son plein gré) lors de cette phase. Ce qui est nettement plus sécurisant pour tout le monde.

2009-03-11_Sha_154 Et puis on peut partir!

Tout ce processus s’est fait du 15 Janvier au 11 Mars. J’y ai consacré beaucoup de temps, c’est vrai, mais le cheval était vraiment difficile. Je sais pas si vous connaissez les Alter Real, mais s’en était un. Ce sont des chevaux de combat destiné à la tauromachie, et ils ont un caractère et des réactions assez spéciale… Mais ce n’est pas grave! La complicité, la patience et le « non résultat » sont les clefs. Laissez vous guider par vos émotions, votre ressenti! Si vos émotions sont bonnes, le cheval qui sent toute nos émotions, sera au diapason. Il est donc inutile et très dangereux d’essayer de tricher.  La peur n’évite pas le danger mais l’attire avec les chevaux… écoutez donc vos impressions, elles seront toujours juste. Laissez les conditionnements « classiques » de côté. ( le cheval va gagner, il doit faire ci, il doit faire ça, il faut être le patron, etc etc).

Les sensations ressenti en extérieurs, lors des 1eres ballades monté avec un jeune cheval qui réponds quand on sert simplement les doigt sur la longe, sont indescriptible. On a l’impression d’être en phase, d’être complètement connecté, c’est fabuleux.  La douleur du mors ne venant pas interférer, le cheval n’a aucune raison de vouloir vous fuir… vous lui avez prouvé pendant 3 mois que vous ne le trahirez pas, qu’il peut compter sur vous et que dans les situations stressante, vous lui avez indiqué (et pas imposé) la bonne solution.

Pour la petite histoire, la propriétaire a finit par me retirer le cheval prétextant que mon travail ne convenait pas. Elle n’a payé que la moitié de la somme convenu. Elle lui a remis un mors et l’a castré…

Depuis ce jour, je ne fais plus de débourrage.

4 réflexions sur “Le débourrage à pied?

  1. Beau boulot, je commence comme ça avec mon poulain… sans le montoir il n’a que 11 mois mais est déjà en totale confiance, donne les pieds, suit en liberté, tiens sage à l’arrêt et à l’attache. Il ne connaître pas le mors, ni les fers !!
    Par contre lamentable la réaction de la proprio…

  2. Super! Je suis tout a fait d’accord avec toi. J’ai, en fait une histoire similaire à toi, où apres plusieurs années d’expérience de la facon classique et dangereuse j’ai développé ma propre méthode, où je prends mon temps, ne force rien, met le cheval en confiance et monte dessus seulement une fois que tout est encré. Des 12 derniers chevaux que j’ai débourré, aucun n’a « bucké » le cavalier, tout s’est fait en douceur et dans le calme. Malheureusement, comme toi, je me suis fait retiré un cheval plus difficile et qui prenait plus de temps par la propriétaire, juste comme j’arrivais aux résultats…

  3. J’avais déjà vu le débourrage en box quand j’étais gamine, à l’époque je trouvais déjà ça stupide… La pouliche avait l’habitude de se cabrer en box, qui était presque nu tant il y avait peu de litière. Résultat? : les pompiers et un coxys cassé pour la pauvre élève-monitrice… La poulichette s’était retournée sur elle en glissant.

    J’ai déjà fais un débourrage en étant stagiaire, la pouliche a accéléré deux fois : la 1ere quand elle s’est pris la selle contre la cloison du rond (forcément, une épaisseur de plus, elle avait pas calculé que la selle ne passait pas lol), la 2e, quand elle a entendu ma voix au-dessus d’elle et pas à côté. Dans les deux cas, j’ai laissé faire, elle a ralenti toute seule. J’ai trouvé ça tellement « facile », je ne comprend pas pourquoi les autres doivent se montrer limite violents (voire complètement même) pour y arriver. Qu’est-ce que ça a de compliqué dans le fond?

    Aucune des autres filles n’ont eu de problème avec cette petite pouliche et je m’étais dis d’autant qu’elle comprenait vite, je devais prendre mon temps pour y arriver.

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