Réflexion sur la gestion de pâture pour les équidés en permaculture.

Objectif : Comment gérer une pâture pour les chevaux ainsi que son alimentation, en lien avec son éthologie. Une gestion de la pâture du cheval en permaculture.

Conseils sur l’aménagement de la pâture : réhabilitation de la flore sauvage locale, implantation d’espèces adaptées à l’alimentation du cheval, réaménagement de l’espace et rotation de pâtures, circulation, implantation de l’arbre, de la haie et des bosquets au sein de la pâture, etc…

Cet article est une ébauche de réflexion sur la gestion de pâture pour le cheval. Cependant, à quelques détails près, cette approche pourrait être élargie à tous les herbivores, voire à la conception de nos campagnes agricoles. C’est juste que la sensibilité du cheval et notre rapport à lui, semble particulièrement propice à une prise de conscience quant à la conception de notre environnement et de son aménagement. Même si ici il ne sera pas question de pathologie ou d’anatomie équine, cette approche repose sur une longue observation de ce qu’est un cheval, des espaces où on le fait vivre aujourd’hui, de l’étude de ses origines, et enfin de l’impact de son alimentation et de son habitat dans le maintien de sa santé. Il y a ici déjà tout un tas de propositions que chacun pourra expérimenter, approfondir et enrichir à son rythme, mais c’est avant tout une invitation à changer son regard sur la pâture et à la concevoir infiniment plus fonctionnelle qu’elle ne l’est dans la plupart des cas aujourd’hui.

 

Pour commencer simple, même si le pré semble par définition le meilleur endroit pour mettre un herbivore, le cheval est très mauvais pâturier. En liberté, le cheval se déplace constamment. Il est nomade et a donc l’habitude d’être très sélectif dans le choix de ses herbes. Au bout d’un certain temps, il aura mangé une partie de l’herbe jusqu’aux racines et laissé une autre partie sans y toucher. En liberté, une fois qu’il a prélevé ce qui était bon pour lui, le cheval quitte la pâture broutée, piétinée et souillée pour de la nouvelle herbe. Les zones broutées peuvent ainsi se régénérer ou convenir à d’autres espèces qui ne mangent pas les mêmes plantes.

 

Cette dynamique est impossible dans un pré clos où le cheval broute et rebroute sans cesse les espèces végétales qu’il préfère laissant se développer d’autres plantes et les boude une fois qu’elles sont hautes. De plus il piétine l’herbe et le sol et répand ses crottins (ce qui a pour conséquence parasitisme et changement des conditions pédologiques : excès de matière organique animal) un peu partout. De plus le cheval à tendance à faire ses excréments toujours au même endroit. Et comme tout animal, il ne broute pas là où il a fait ses besoins, ni aux alentours. Un cheval toujours dans le même pré agrandira sa zone de latrines au détriment de l’espace qu’il broute. Même si le pré est grand, ce dernier s’appauvrit (compactage, perte de la biodiversité, déséquilibrage des sols et des variétés végétales, invasion par certaines espèces pas forcement comestibles pour le cheval…) et ne peut assurer la subsistance du cheval, surtout l’hiver où l’herbe ne pousse presque pas, et durant les périodes de sécheresse. La surface réellement utilisée est rapidement divisée par deux.

 

Par ailleurs, sous nos latitudes il s’avère que bien souvent le cheval supporte mal l’herbe riche de nos pâtures. Plus sensible que la vache, il développe tout un tas de « maladies à l’herbe » (nous y reviendrons brièvement plus loin) qui oblige le propriétaire à redoubler d’ingéniosité pour garder tant bien que mal la santé du cheval.

 

Quand on parle de gestion de pâture il y a donc le double enjeux d’éviter le sur-pâturage et de recréer un espace qui puisse correspondre au mieux être du cheval.

 

Afin de reconstituer, ou préserver une prairie il y a plusieurs choses à envisager. Tout d’abord il est important de déterminer où en est la pâture : faut-il la reconstituer, l’aider à retrouver un meilleur équilibre ou simplement la préserver ? Il est important ensuite de connaître le type de prairie : humide, sèche, ses propriétés suivant les saisons, si son sol et riche, pauvre, acide, basique.

Les espèces végétales en place, le type de végétation ainsi que sa diversité sont de très bons indicateurs quant aux types de prairie auxquelles on a affaire. Elles nous renseignent sur les caractéristiques du sol ainsi que sur l’état de la pâture.

Plus la prairie est diversifiée et couverte de végétaux, plus elle est en bonne santé. Il s’agira alors de la maintenir en l’état et de s’assurer que l’écosystème ne se referme pas, ou du moins pas trop (éviter que la friche, puis la forêt gagne sur la prairie.Ce rôle est à priori assuré par les herbivores). A l’inverse la présence majoritaire d’une ou deux espèces, surtout si ce sont des plantes toxiques ou envahissantes, indique qu’il y a déséquilibre.

La présence de zones piétinées, sur-pâturées ou de larges zones recouvertes d’excréments invite également à une meilleure gestion de la pâture.

 

Il faut savoir qu’une prairie laissée au repos verra sa biodiversité revenir petit à petit d’elle-même, mais dans un premier temps, ce sont les plantes pionnières, capables de compenser les détériorations que le terrain a subi (sur-pâturage, compactage, excès de matière organique d’origine animale, etc…), qui vont prendre le dessus. Ce sont ces mêmes plantes qui souvent envahissent la pâture contre notre gré. C’est pourquoi en effet il peut être judicieux d’accélérer le processus de retour à un bon équilibre de la prairie grâce à quelques interventions.

 

La première chose à faire et d’arrêter ce qui détériore la prairie :

sur-pâturage, produits chimiques, compactage avec des engins lourds, ou tout simplement la mise en pâture des animaux sur des zones trop humides, etc.

L’utilisation d’engrais chimique n’est pas une solution pour la gestion d’une pâture. Ils ne font que doper la végétation en place au détriment de la vie microbienne du sol qui a un rôle primordial dans le maintien de l’état d’une pâture. La nécessité d’utiliser des engrais révèle plutôt un déséquilibre dans le système : soit une perte de la fertilité, soit un sur-pâturage, soit les deux en même temps ! Gérer une pâture signifie avant tout s’occuper du sol plus que de la végétation elle-même, même si c’est cette dernière qui nous intéresse. La végétation n’est qu’un indicateur de la santé du sol !

 

La majorité des végétaux vit grâce aux symbioses qu’ils établissent avec les bactéries et champignons du sol. Comme tout écosystème, la prairie dépend des interactions qui s’établissent entre les différents organismes vivants qui la composent. C’est cette diversité qui génère les bonnes conditions nécessaires à une prairie en santé : les légumineuses permettent d’apporter naturellement de l’azote dans le sol ; les vers de terre et la macrofaune du sol assure l’aération et le brassage naturel de ce dernier ainsi que la bonne pénétration et circulation de l’eau et de l’air dans le sol ; les champignons et bactéries structurent le sol, assurent la disponibilité naturelle des éléments nutritifs et de l’eau aux  végétaux et stimulent la santé des plantes (apport d’antibiotiques naturels et de tout un tas de molécules favorables à leur développement) ; les décomposeurs de la matière organique permettent de transformer la matière organique fraîche en humus capable de stocker les éléments nutritifs et l’eau, de structurer le sol, et ainsi recréent le sol et donc les conditions où vont pouvoir se développer les végétaux ; la diversité végétale permet d’assurer une exploitation optimale de l’espace, de la lumière (optimisation de la captation du rayonnement solaire pour la photosynthèse), et des ressources du sol (les racines profondes pivotantes allant puiser les nutriments et l’eau en profondeur créent des circulations entre les couches superficielles et les couches profondes du sol. Les racines fasciculées plus en surface protègent le sol de l’érosion et exploitent les ressources en nutriments des couches superficielles générées et entretenues par la vie biologique du sol) ; les herbivores maintiennent l’écosystème ouvert en empêchant que la prairie ne se referme en écosystème forestier[1] et apporte un épandage naturel favorable à son maintien, etc…

 

Tout l’enjeu réside donc dans le fait de dynamiser harmonieusement ces interactions. On ne peut pas tout connaître de cette complexité, mais nous pouvons observer et imiter au mieux ce qui existe naturellement et s’inspirer des grands principes du vivant. Le principe peut-être le plus important est celui de biodiversité : valoriser et cultiver la diversité.

 

L’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides va au contraire détruire la vie microbienne du sol et donc à terme la diversité du système, sa stabilité ainsi que sa santé !

L’apport d’azote chimique va avoir pour tout effet de rompre les symbioses existantes entre les plantes et les bactéries qui le leur fournissaient, la plante allant puiser directement cet élément sous forme soluble, provoquant ainsi la mort et la disparition des bactéries jusqu’alors indispensables dans le cycle naturel de l’azote.

Il en va de même avec le phosphate sur les mycorhizes (résultat de l’association symbiotique entre des champignons et les racines des plantes). Sauf que ces symbioses assuraient bien plus que la simple nutrition de la plante en un élément…

Ce sont donc des pertes qui ont des conséquences graves sur l’état des prairies et leur santé.

Les pesticides sont encore plus problématiques sur la vie des sols, et ont des conséquences jusque sur la santé des organismes supérieurs.

 

Les produits chimiques que l’on donne au cheval (vermifuges, antibiotiques, etc…) ont également un impact néfaste, sur le cheval déjà, mais également sur les prairies. Ces molécules chimiques se retrouvent dans les crottins et viennent impacter fortement la vie microbienne et de la micro faune du sol ainsi que tous les coprophages sensés transformer cette matière organique en humus bénéfique pour la prairie.

Laisser le crottin en place ne pose pas de problème en soit, même au contraire, tant qu’il est bien dégradé par les décomposeurs coprophages du sol. De plus, en brassant la matière fécale et en favorisant sa digestion par le sol, ces organismes viennent tempérer la prolifération des parasites intestinaux du cheval en interrompant leur cycle naturel d’infestation.

La présence de produits chimiques dans le crottin détruit les organismes capables de le dégrader et empêche ainsi sa bonne décomposition. Le crottin s’accumule alors plus rapidement dans le pré et il n’y a plus de régulation sur les parasites du cheval à ce stade de leur cycle (voir le cycle parasitaire du cheval).

 

Pour une gestion de base de la pâture on peut tout simplement commencer par faucher et/ou girobroyer les refus, étaler les crottins et si nécessaire herser légèrement la prairie dans le sens des lignes de niveaux. Ce travail se fait à l’automne après le passage des animaux. Il stimule l’activité biologique du sol, assure une bonne aération des couches superficielles du sol tassées par le passage des chevaux ainsi qu’une meilleure pénétration de l’eau. Par ailleurs ce travail peut favoriser le retour spontané de plantes sauvages locales dont les graines sont en dormance dans le sol.

 

Le sol est un vrai réservoir de graines qui n’attendent que de bonnes conditions pour germer, ce qui fait qu’un « travail » de la pâture peut tout simplement viser à décompacter le sol sans le retourner ou le labourer, à légèrement travailler le dessus pour recréer des conditions favorables à la végétation en place et de faciliter le retour spontané d’un grand nombre d’espèces naturelles.

Un réensemencement naturel se fait également par le vent, les insectes, les oiseaux et les animaux depuis des « réservoirs de biodiversité » alentours (prairies naturelles, zones sauvages, bords de routes, etc…). Le choix du travail que l’on souhaite faire sur nos pâtures va donc dépendre de leur degré de détérioration.

 

L’observation des plantes sur une parcelle est un bon indicateur du travail qui doit être fait.

En effet, les plantes ont des caractères bio-indicateurs témoignant de l’état d’un système et de la stratégie en cours mise en place par la nature pour remédier à certaines caractéristiques du terrain.

Par exemple, dans le cas de pâtures dégradées :

–         lors de compactage et tassement forts empêchant la pénétration de l’oxygène dans le sol, on trouve des plantes avec un système racinaire pivot puissant (rumex, chardon, plantain lancéolé, pissenlit, etc…),

–         le pissenlit ou l’ortie peuvent indiquer qui y a une saturation de matière organique d’origine animale,

–         la renoncule se retrouve sur des terrains en début d’engorgement en eau et d’asphyxie,

–         le trèfle blanc est signe de compactage des sols riches en bases, d’engorgement en eau et en matière organique, de la présence d’un fort contraste hydrique ainsi que de sur-pâturage, piétinement, par les animaux. La densité du trèfle blanc est proportionnelle à la pression du pâturage !

–         La pâquerette indique une décalcification des sols en début ou en cours d’érosion et de lessivage. Il y a risque de déficience du complexe argilo-humique (CAH) et baisse importante du pouvoir de fixation des nutriments et minéraux du sol (perte des ions Fe et Ca assurant la cohésion du CAH)

Pour bien cerner le terrain il faut recouper les caractères indicateurs de chacune des plantes présentes sur la parcelle afin d’avoir une idée précise de l’état du terrain. Notre intervention pour la remise en état de la pâture doit s’inspirer du travail déjà en cours naturellement par les plantes en place et le cas échéant l’imiter : procéder à un décompactage du sol à la sous soleuse pour imiter le travail du rumex ou du chardon, favoriser la pénétration de l’eau dans le sol par décompactage des couches de surface comme le font les innombrables racines de la renoncule, etc.

 

Autre chose qui peut améliorer considérablement une pâture, c’est faire un apport de BRF (Bois Raméal Fragmenté) sur la base d’1 tonne à 1 tonne 5 de BRF par hectare, qui va ramener dans le sol de la matière organique et des champignons (leur présence est fondamentale dans un sol et ils sont les premiers à pâtir d’une mauvaise gestion de la prairie). De plus les chevaux aiment l’odeur des champignons dans le sol ! Et leur travail sur le sol est considérable.

Un travail équivalent peut être fait avec du fumier mûr (1 tonne à 1 tonne 5 de fumier par hectare). Là encore on veillera à la qualité du fumier : paille non traitée, crottin et urine sans produit chimique… Bien qu’il n’ait pas le même effet que le BRF, cet apport de matière organique est très bénéfique à la stimulation de la vie microbienne du sol.

L’utilisation des EM « efficient microorganisms » ou « micro-organismes efficaces » : mélange de plus de 80 souches de micro-organismes aérobies et anaérobies qui vivent en équilibre, où les uns se nourrissent des métabolites des autres, permet également de stimuler la vie du sol et ainsi de régénérer la pâture.

 

Sur des prairies particulièrement tassées, il est envisageable de passer la sous-soleuse (dans le sens des lignes de niveaux, toujours !), d’abord de 6 à 10 cm de profondeur, puis une fois ce décompactage ayant porté ses fruits, de 12 à 15 cm (en décalé du premier passage), et enfin de 18 à 20 cm (en décalé des deux autres passages). Après chaque passage, le système racinaire des graminées investit le sillon ainsi formé et favorise un décompactage progressif de la pâture, facilitant si nécessaire un passage ultérieur plus profond à la sous soleuse.

 

Ci dessous, sous-soleuse simple et triple:

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Schéma ci dessous : décompactages à la sous-soleuse. Dans une prairie, 3 ou 4 passages, en augmentant la profondeur à chaque fois, formeront une épaisse couche d’humus (15 cm) après 1 ou 2 saisons agricoles.

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Dans le cas de pâtures très dégradées, il peut être nécessaire de ressemer une prairie. Bien entendu cette solution est à choisir en dernier recours lorsqu’elle nécessite un travail important du sol par labour, car cette intervention est très perturbante pour la vie du sol et la pérennité du complexe argilo-humique. Il n’est d’ailleurs pas forcement nécessaire de labourer la prairie pour ressemer. Un travail à la sous-soleuse ainsi qu’à la herse et au girobroyeur, et la pratique du semi direct sous couvert peuvent être une alternative au labour, beaucoup plus respectueuse du sol et de sa dynamique en cours.

 

Dans ce cas, il est alors indispensable de bien choisir quoi semer : des espèces qui correspondent le mieux aux chevaux, certes, mais compte tenu du climat et du type de sol qu’on a. Il s’agit également de respecter certains principes que l’on retrouve dans tout écosystème naturel : diversité (le plus grand nombre d’espèces possibles) et associations positives de plantes : notamment les légumineuses, capables de fixer l’azote atmosphérique et d’en faire profiter les espèces autour. Les proportions seraient de 1/3 de légumineuse pour 2/3 d’autres espèces, dont les graminées, du moins pour le lancement de la pâture. Cette proportion de légumineuses tendra naturellement à diminuer une fois le système bien installé, l’azote se trouvant ensuite stocké dans le complexe argilo-humuque qui se sera reconstitué.

Par ailleurs il est important de tenir compte du fait que le sol est une vaste banque de semences ! et qu’une gestion adaptée du sol et de la pâture va permettre à cette végétation spontanée de se réimplanter. D’où l’intérêt de laisser la pâture en jachère de temps à autre afin de laisser certaines espèces se réimplanter naturellement.

 

Voici donc quelques plantes à semer, intéressantes pour le cheval :

 

Parmi les légumineuses :

 

Le trèfle blanc Trifolium repens Le Trèfle blanc ou Trèfle rampant est une espèce de plante de la famille des Fabaceae. C’est l’une des espèces les plus répandues du genre Trifolium (les Trèfles). Utilisée comme fourrage, c’est également une adventice des terres cultivées (notamment les vergers irrigués) et des jardins. C’est une plante très basse à tige rampante, reconnaissable à ses inflorescences blanches, parfois un peu rosées, au parfum assez agréable.

Elle est aussi appelée Trèfle de Hollande.

Écologie et habitat

Plante vivace poussant en plaine et en montagne (jusqu’à 2750 m) dans toute l’Europe et l’Amérique du Nord, à l’exception des zones boréales. Très commune, elle s’adapte à tous les types de sols, et peut se rencontrer dans les prés, les pelouses, les talus, sur le bord des routes ou des chemins. Elle a cependant une préférence pour les sols bien drainés.

C’est une plante bio-indicatrice d’un sol riche en bases et en matières organiques et subissant de forts contrastes hydriques.

 

Le lotierLotus corniculatus, Lotus pedunculatus. Les lotiers sont un genre de plantes herbacées annuelles ou vivaces de la famille des Fabacées, sous-famille des Papillonoidées.

Ce sont des plantes à la base parfois ligneuse, aux feuilles pennées à trois folioles et deux bractées.

Les fleurs sont solitaires ou groupées en petites têtes, jaunes. Les fruits sont des gousses.

Utilisation

Le lotier corniculé est l’une des légumineuses fourragères utilisées en mélange avec des graminées pour la rénovation des prairies, de 15 à 20 cm de hauteur.

Le lotier est communément connu sous le nom de Pied de poule.

C’est une plante basse, plutôt couchée, aux feuilles à cinq folioles, ovales, les basales ressemblant à des stipules.

Les fleurs jaunes ou jaune-orangé sont en petites têtes.

Habitat et répartition

  • habitat type : pelouses basophiles médioeuropéennes occidentales, mésohydriques
  • aire de répartition : originaire d’Eurasie méridionale ; en Amérique du Nord, elle s’est échappée des cultures et colonise maintenant les lieux ouverts.

Utilisation économique

C’est une plante fourragère cultivée qui entre dans la composition des mélanges de semences pour prairies mixtes graminées-légumineuses.

Utilisation médicale

Autrefois, on utilisait le lotier corniculé comme calmant ou somnifère. La posologie était de 1 c. à thé de fleurs séchées par tasse, 3 tasses par jour. Aujourd’hui, nous savons que la substance active est l’acide cyanhydrique, toxique pour l’homme et même mortelle à dose assez faible (15 tasses d’infusion par jour). La dose thérapeutique utilisée autrefois pouvait être mortelle si prise durant une longue période.

Intérêt entomologique

Ses petites feuilles nourrissent les chenilles de douze espèces de papillons, dont quatre azurés parmi lesquels certains sont menacés. Il est butiné par les abeilles. Sa présence est donc utile à la préservation de cette diversité entomologique.

 

La minette ou luzerne lupulineMedicago lupulina  La luzerne lupuline est une plante herbacée annuelle ou bisannuelle, de la famille des Fabacées, assez commune dans les régions tempérées, parfois cultivée comme fourrage. Noms vernaculaires : lupuline, minette, mignonette, petit trèfle jaune.

C’est une plante annuelle ou bisannuelle, parfois vivace grâce à des bourgeons adventifs sur les racines, mesurant de 15 à 60 cm de haut, à tiges fines souvent couchées en début de croissance, se redressant ensuite.

Les feuilles trifoliolées, portées par un long pétiole, ont des folioles ovales, partiellement dentées vers le sommet.

Les fleurs jaunes, très petites, sont groupées en grappes serrées.

Le fruit est une gousse indéhiscente, de forme un peu arquée, comprenant une seule graine.

Distribution

Cette plante se rencontre dans l’ancien monde : toute l’Europe, une grande partie de l’Asie, incluant la Chine, la Corée et Taïwan, ainsi que le sous-continent indien, et l’Afrique du Nord et les îles de l’Atlantique (îles Canaries, Madère).

Elle se plaît dans les terrains calcaires et secs, où elle souffre moins de la concurrence des autres plantes. Elle résiste bien au froid et se rencontre en montagne jusqu’à 1 800 m d’altitude.

Utilisation

  • plante fourragère : cette plante relativement peu productive, mais de très bonne valeur fourragère, entre parfois dans la composition de prairies artificielles, surtout lorsque celles-ci sont implantées dans des terres légères et sèches. Elle se rencontre communément dans les pâturages naturels.
  • plante mellifère.

 

La Serradelle, pied d’oiseau comprimé : Ornithopus sativus et O. compressus

La serradelle est le nom commun pour deux fourrages annuels de légumineuses de l’Europe de sud-ouest. O. sativus, la serradelle rose, est une plante cultivée érigée sans homologues sauvages. O. compressus, la serradelle jaune, est répandue dans les pâturages naturels autour de la Méditerranée. C’est une plante semi-érigée, avec des feuilles pennées, qui atteint jusqu’à 50 cm de hauteur. Les gousses segmentées se brisent, à la maturité, en segments, contenant chacun des graines. La germination des graines non décortiquées étant souvent basse et capricieuse, elles sont décortiquées mécaniquement.

 Le FenugrecTrigonella foenum-groecum (en milieu sec)

Le fenugrec est une plante annuelle très aromatique utilisée comme épice ou fourrage. Il est beaucoup cultivé en Inde et dans les pays avoisinants comme aromate et fourrage, et en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest comme fourrage et épice.

Conditions de croissance

Il est cultivé comme une culture de saison fraîche en Inde et dans la région Méditerranéenne, aussi bien en culture irriguée qu’en sec. Il se développe sur une large gamme de sols bien drainés.

 

On peut citer encore :

Le Mélilot (Melilotus sp)

Le sainfoin (Onobrychis sativa)

La Vulnéraire (Anthyllis vulneraria).

 

Ce sont des légumineuses rustiques, qui résistent pour la plupart au passage des animaux et qui vont bien pour le cheval.

 

Les graminées :

Celles sélectionnées ci-dessous sont des poacées généralement de prairie sèche, du coup plutôt bien adaptées comme fourrage pour le cheval. Cependant elles ne seront pas forcément adaptées à toutes les régions. Encore une fois il convient de privilégier les espèces locales sauvages.

Remarque : Les caractères qui distinguent les Fètuques des Bromes, des Paturins et des Dactyles ne sont qu’assez secondaires et ils laissent une grande confusion dans la nomenclature botanique, la même espèce étant souvent placée par divers auteurs dans deux ou trois genres différents.

 

La fétuque, notamment La fétuque ovine et la fétuque rouge : festuca ovina et festuca rubra, ainsi que la fétuque des prés festuca pratensis et la fétuque faux roseau Festuca arundinacea intéressante notamment sur des sols riches en argiles

La fétuque (Festuca L.) est un genre de graminées (Poaceae), dont plusieurs espèces sont cultivées comme plantes fourragères.

Le genre Fétuque comprend un grand nombre d’espèces, dont beaucoup sont intéressantes au point de vue fourrager; quelques-unes d’entre elles sont même de première importance. Le mot Festuca, qui est un des noms latins du foin, prouve que depuis longtemps les plantes de ce genre ont été considérées comme un fourrage de premier ordre.

 

Les bromes Bromus sp.

Bromus est le nom d’un genre de plantes herbacées de la famille des Poacées assez communes, comprenant une cinquantaine d’espèces dont certaines sont cultivées comme plantes fourragères.

 

La Houlque laineuseHolcus lanatus.

La houlque laineuse est une plante herbacée vivace de la famille des Poacées, sous-famille des Pooideae, assez commune en Europe, cultivée comme plante fourragère.

Particularité : résistance à l’arsenic.

Habitat et répartition

Prairies européennes circumboréales.

Utilisation

Plante fourragère (prairies, foin)

 

Le pâturin (notamment le Poa pratensis) est un genre de plante herbacée de la famille botanique des Poaceae. Il en existe environ 200 espèces. Le nom scientifique de ce genre, Poa, est à l’origine du nom de la famille, autrefois appelée graminées. Ce sont des plantes très communes, très présentes dans les prairies, d’où leur nom générique qui dérive directement de « pâture ».

 

La fléole des prés (Phleum pratense) ou phléole est une espèce de plantes herbacée vivace de la famille des Poaceae. Elle est largement cultivée dans tous les continents comme plante fourragère. Semée seule ou en association avec du trèfle blanc, elle fournit un fourrage apprécié du bétail. Dans une prairie cultivée, elle a une pérennité de 3 à 6 ans, par contre son implantation est plutôt lente. Son épiaison est tardive (les fauches tardives se font à partir de son épiaison), elle procure un fourrage de qualité et elle est bien adaptée aux sols acides et aux zones froides.

 

Le dactyle aggloméré (Dactylis glomerata) est une plante des sols plutôt secs et riches en bases. Cette graminée vivace, herbacée est d’intérêt pour la santé de l’animal.

 

On peut encore citer :

Le fromental (Arrhenatherum elatius),

Le Koélérie (Koeleria sp),

La flouve odorante (Anthoxantum odoratum)

 

Autres espèces de prairie :

 

L’Achillée millefeuille (Achillea millefolia),

Le Bugle rampant (Ajuga reptans : plutôt sur landes humides !),

La Carotte sauvage (Daucus carota)

La camomille matricaire (Matricaria chamimilla)

Le Cumin des prés (Carum carvi),

Les Gaillets (Galium sp),

La Laiche précoce (Carex caryophyllea),

La petite pimprenelle (Sangisorba minor)

Le Pissenlit (Taraxacum officinale),

Le Plantain (Plantago sp),

La Porcelle enracinée (Hypochoeris radicata),

La Volette (Viola sp),

 

Ces listes sont bien entendu non exhaustives et méritent d’être complétées et adaptées en fonction des régions et des types de sol.

 

Il est possible de faire du semi direct à la volée (ce qui permet d’éviter le labour, souvent destructeur de la faune et de la flore du sol et consommateur de gasoil) de ces espèces dans une prairie déjà enherbée afin de la diversifier. Le semi devra alors être suivi d’un roulage afin d’optimiser le contact des graines avec le sol.

Comme évoqué plus haut, on peut également faire un « semi direct sous couvert ». Pour cela il faut un matériel spécial qui ouvre un sillon à travers la végétation existante pour semer, et le referme juste après (exemple de matériel utilisé : semoir de type Aitchison N2*).

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Principe du semoir Aitchison:

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Dans tous les cas on procédera au préalable à un hersage et à un travail à la sous-soleuse si le sol est trop compacté afin de préparer le lit de semence.

 

Ceci dit, tout ça nécessite de gros travaux qui peuvent être évités par la mise en place d’une bonne gestion de la pâture dès le début. Le pâturage libre sans rotation n’est possible qu’en présence d’importantes surfaces, et même là il n’est pas forcement conseillé. Par contre la division en parcelles est un début de solution intéressante pour la gestion d’une prairie à long terme. C’est une organisation qui permet de gérer la pression du pâturage (éviter le pâturage trop ras et laisser à l’herbe le maximum de réserves organiques à la base de ses tiges pour repousser), de maîtriser l’accès à l’herbe, surtout quand celle-ci est nocive pour le cheval, et qui tend à remplacer en partie le nomadisme originel du cheval.

 

Il s’agit donc de ne pas laisser le cheval trop longtemps dans une même parcelle et de laisser à cette dernière le temps de repousser avant d’être à nouveau pâturée. Pour reprendre les deux principes défendus par A. Voisin : des temps de repos longs entre chaque pâture et des temps d’occupation courts sans « grattage » de l’herbe et sans sur-pâturage.

Les plus belles prairies sont des prairies dites « de fauche » ou « naturelles », souvent riches en espèces rares et protégées. La biodiversité remarquable de ces milieux garantie l’équilibre des sols et la santé des animaux domestiques qui les pâturent. Ce qui maintient cette biodiversité, c’est le fait que ces prairies soient fauchées, si possible en fauche tardive, et pâturées le moins souvent possible ! (Ces prairies naturelles, riche d’un grand nombre d’espèces, sont des réservoirs à semences dans lesquels ou pourra puiser pour revégétaliser les déserts que l’agriculture actuelle crée.)

 

On va donc changer le cheval tous les 10 à 30 jours de pâture (en fait avant que l’herbe ne soit trop rase, soit moins de 10cm. Cette rotation peut se faire tous les 10 jours, ou une fois par mois selon la taille du pré, le temps, la saison, ainsi que l’utilisation de celui-ci par le cheval). Il importe de laisser au moins 4 à 8 semaines de repos : 4 semaines en mai-juin, 6 semaines en juillet et 7 à 8 semaines en août-septembre. La croissance de l’herbe se fait en trois étapes : une (re)pousse lente les 15 à 21 premiers jours de repos, suivie d’une flambée de croissance jusque vers le 30éme au 40éme jour selon la saison, et finalement une croissance ralentie. Il faut laisser l’herbe faire la période de flambée de croissance avant de pâturer à nouveau, d’autant que cette herbe nouvelle, très riche en azote, est un poison pour le cheval qui supporte beaucoup mieux une alimentation rustique et diversifiée. Pendant cette flambée de croissance l’herbe va accumuler des réserves à la base de ses tiges et renforcer son système racinaire assurant ainsi une bonne capacité à subir la pression du pâturage et le piétinement des animaux.

La division de la pâture se fait selon la formule suivante : N = T/t+1 où N est le nombre de parcelles, T le temps de repos maximal (août-septembre), t le temps d’occupation de chaque parcelle. Il faut minimum 1ha pour un à deux chevaux…

 

Dans les rotations on prendra bien entendu en compte le type de pâtures qui correspond le mieux à la saison : en hiver sélectionner les prés les plus secs et réserver les prés les plus humides pour les saisons les plus sèches.

 

Prévoir dans l’implantation des pâtures la possibilité de laisser une pâture au repos de 1 à 2 ans afin qu’une végétation spontanée puisse se rétablir, ramenant diversité et amélioration du sol. Ce dernier devient ainsi plus résistant au piétinement grâce à un système racinaire des végétaux en place bien développé. Il se peut qu’au bout de quelques années le hersage d’automne ne soit même plus nécessaire.

Dans le cas d’une pâture trop riche il est possible  de laisser monter l’herbe en graines avant de mettre les chevaux : on a une prairie de foin sur pied (sur ce point, voir également un peu plus loin dans l’article).

 

Le nombre total de parcelles sera donc de 7 à 8, permettant ainsi de laisser des pâtures au repos total chaque année, de ne faire des rotations au printemps que sur 3 à 4 parcelles, laissant les autres monter en épiaison avant d’y mettre les chevaux.

On peut également avoir une parcelle menée en verger (on protégera les arbres les 6 ou 7 premières années !), où l’on peut mettre les animaux au printemps pour limiter l’enherbement des fruitiers, et à l’automne pour aller manger les fruits tombés et abîmés. Cette production permet d’avoir des fruits pour soi et pour les animaux. Et en mangeant les fruits à terre les animaux vont naturellement réguler les parasites et maladies cryptogamiques du verger.

 

Si la superficie le permet, les pâtures à foin peuvent également être inclues dans le système. Cependant il peut être intéressant de réduire au maximum cette production (ce qui évite de faire et d’avoir à rentrer le foin) en envisageant de mettre ponctuellement les chevaux sur ces mêmes pâtures en hiver. On a un foin sur pied rustique, et une pâture moins sensible au piétinement du fait du bon développement de la végétation et de son système racinaire. Ceci n’est possible que sur des pâtures pas trop humides, et avec un temps de pâturage court des animaux.

 

Il est également envisageable d’alterner avec des vaches (qui broutent l’herbe lorsqu’elle est la plus riche. Les vaches sont plus à même d’assimiler une herbe plus riche, notamment lorsqu’elles allaitent ou que ce sont de jeunes individus en pleine croissance) dans les prairies, voir chèvres ou moutons (après le cheval), poules (dispersent crottins et bouses) et cochons. Le tout chacun son tour, ou en même temps pour ce qui est du cheval, de la vache et des moutons (s’assurer toutefois que tout se passe bien pour qu’il n’y ait pas d’accident).

Dans la cas d’une succession, les juments allaitantes ainsi que les jeunes qui ont besoin d’une alimentation plus riche vont faire suite aux vaches, puis on mettra les autres chevaux, qui ont besoin d’une herbe moins riche et plus rustique. Le fait d’avoir plusieurs espèces sur le même terrain va l’enrichir et empêcher la dégénérescence. Le mono élevage, tout comme la monoculture, est toujours une source de déséquilibre !

 

Par ailleurs il convient de considérer que le cheval est plus un végétarien qu’un herbivore stricte ! Une bonne partie de son alimentation se compose d’espèces végétales autres que de l’herbe. Ainsi la diversité de la pâture peut être considérablement augmentée avec l’implantation d’espèces arbustives et arborées (haies, arbres, bosquets, forêts, etc…), qui par ailleurs ont de multiples intérêts d’un point de vue écologique, alimentaire ainsi que pour la gestion de la pâture elle-même et l’intérêt de ceux qui y vivent : travail du sol grâce aux racines, accès aux ressources profondes du sol (nutriments et eau), meilleure infiltration de l’eau de surface, apport de matière organique au sol sous forme de feuilles, de branches et racines mortes, diversification (nombre et types d’espèces végétales, animales et microbiennes) du système et de ses fonctions, lui conférant une plus grande stabilité dans le temps et face aux intempéries, barrières naturelles contre le passage des animaux, écran protecteur contre les pollutions et produits chimiques en provenance du voisinage, abris, coupe vent, fourrage, production de bois, de BRF, etc… La pâture n’est plus une surface en deux dimensions, mais un volume qui se réfléchit en trois dimensions ! Et pas seulement au dessus de la surface du sol, mais également en dessous. Encore une fois, la diversité, la vitalité et l’équilibre de la vie microbienne du sol sont un des fondements de la santé des écosystèmes qui en dépendent et donc des organismes supérieurs, dont le cheval, qui y vivent.

Cette conception de la pâture non plus en surface plane mais en volume, ouvre d’incroyables  nouveaux horizons ! C’est le principe du bocage qui inscrit éco-paysagèrement la prairie dans un réseau dense et maillé de haies et d’arbres. C’est le meilleur compromis que l’homme ait trouvé avec la nature ! Il permet de créer des espaces ouverts tout en maintenant une haute biodiversité et les avantages des milieux forestiers. C’est d’ailleurs une des solutions les plus riches qui s’offre à l’herbivore face à la clôture verticale qui s’est érigée en travers de son horizon. Si la diversité ne s’offre plus à eux par le nomadisme à travers l’infinité des plaines herbeuses de leur origine, le bocage transforme la clôture non plus en simple barrière, mais en une verticalité d’une richesse inouïe tant au niveau alimentaire qu’écologique.

 

Cette question de biodiversité est cruciale, surtout dans un contexte où la santé du cheval pose bien des questions et où l’on observe une perte de diversité vertigineuse notamment au sein des pâturages. La pâture, qui semble être le meilleur endroit pour mettre le cheval, s’avère poser plus de problèmes pour sa santé qu’elle n’en résout. Le cheval présente des syndromes métaboliques graves : fatigue chronique, effondrement psychologique, fourbure et problèmes de pieds divers, dermites, réactions inflammatoires incontrôlées, allergies, obésité, insulino-résistence, parasitoses, candidoses, infections froides – piroplasmose, maladie de lime, erhlischiose – et donc réactions auto-immunes, immuno-dépréssion, ainsi que des problèmes de colique ou d’intoxication par des mycotoxines qui amènent à se poser des questions sur l’équilibre et la santé de l’environnement même où on les met.

Comment peut-on imaginer apporter tout ce qu’il faut à un herbivore sur des pâtures uniquement de ray grass anglais et de trèfles, quand il y a encore 100 ans les herbivores évoluaient dans des bocages d’une diversité incroyable ?

 

La santé du cheval et la gestion de son « parasitisme » (nous parlons alors plutôt de sphère vermineuse, faisant partie intégrante de sa flore symbiotique) dépendent également de la santé et du bon équilibre de sa flore digestive. Or cet écosystème digestif dépend à son tour étroitement de la diversité alimentaire à laquelle a accès le cheval : plus le cheval aura accès à une grande diversité d’aliments, plus sa flore sera diversifiée et à même de se maintenir dans un équilibre bénéfique à sa santé.

 

Cette diversité contribue également à la satisfaction du plaisir de manger, ainsi qu’aux besoins nutritionnels du cheval et à son autonomie quant à la gestion de sa propre santé (utilisation des plantes pour se soigner, faciliter la digestion, réguler la sphère vermineuse, stimuler tel ou tel organe, etc.), besoins auxquels on ne pense même pas, mais qui peuvent se traduire lorsqu’ils ne sont pas satisfaits par des troubles du comportement sur l’alimentation (comportement compulsif, consommation de plantes nocives, etc).

 

Il est important de noter ici que toute transition doit se faire progressivement. Un cheval qui présente  des carences peut se jeter sur l’écorce d’un arbre, consommer au-delà de son besoin certaines plantes (ex : les glands) avant de savoir les « utiliser » à bon escient. Il s’agira donc de le réguler tout en lui donnant progressivement accès à ces espèces dont il a besoin. De même il y a tout un ré-apprentissage qui doit se faire dans la diversification. Un cheval qui n’a jamais eu accès à un large panel de plantes va n’en consommer au début que quelques-unes, et ce ne sera peut-être que génération après génération que son savoir va s’élargir. En effet, laissées dans un écosystème diversifié, les jeunes générations vont consommer beaucoup plus rapidement un plus large panel de plantes que les chevaux d’un certain age qui jusqu’alors n’avaient pas accès à cette diversité.

 

Pour le cheval particulièrement sensible à l’herbe trop riche en azote et en sucres solubles (d’autant plus qu’il ne n’a plus l’occasion de dépenser librement l’énergie de l’herbe printanière dans le rûte, l’allaitement, le nomadisme, ou encore d’utiliser ses réserves de graisse pendant l’hiver…), il convient justement d’avoir des zones de friches, des bosquets ou de la forêt où le mettre en attendant que les pâtures en herbe soient montées en graines. L’herbe est alors moins riche et présente une ration[2] et un foin sur pied riche en fibres rustiques indispensables pour le cheval et sa flore ! Pendant ce temps le cheval aura eu accès à une alimentation de qualité à base d’espèces arbustives ou arborées, à des racines, du mycélium, et tout un tas d’autres choses qu’il ne trouve pas dans une prairie, mais qu’on le voit volontiers prélever lorsqu’on sort en balade avec lui.

Il semble certes y avoir plus de « gaspillage » à mettre un cheval dans une prairie déjà haute, car il va écraser l’herbe déjà poussée, et il peut sembler plus bouder cette végétation. Toutefois il sera obligé de mieux sélectionner ce qu’il consomme, mangeant de ce fait moins rapidement, et ingurgitant une ration de ce fait moins riche et plus adaptée à ses réels besoins (la problématique est un peu différente en ce qui concerne la jument allaitante ou le jeune cheval en pleine croissance. Se reporter au passage sur la succession des animaux dans la prairie). Ne serait-ce pas une alternative plus intéressante que celle du panier pour réguler sa consommation au pré ?

Il conviendra juste de girobroyer en fin de saison pour permettre à la pâture de bien reprendre le printemps suivant. Cette gestion, rotation courte et fauche tardive, se rapproche d’une gestion de prairie naturelle d’une haute valeur écologique et nutritive. Elle permet d’avoir un impact à long terme très favorable à une bonne reconstitution du sol et du patrimoine botanique de la prairie.

 

Dans cette conception nouvelle de la pâture il convient de réfléchir à la circulation même du cheval ainsi qu’à la redistribution facile des différentes zones de pâturage du cheval. L’idée du paddock paradis est très intéressante car elle assure tout d’abord une zone de circulation entre les différentes zones de pâturage sans forcément que les chevaux puissent y avoir accès. Il convient juste de prévoir des portes qu’il suffit d’ouvrir ou de fermer pour gérer l’accès à l’herbe et la santé des pâtures. C’est un endroit où le cheval peut piétiner sans aucun problème et au contraire qui l’invite à se déplacer sur différents terrains propices au bon développement de ses pieds. L’enjeu de cette zone n’est pas d’y faire pousser de l’herbe, mais d’assurer la circulation du cheval et de justement limiter son accès à l’herbe sans pour autant générer trop de frustration (d’autant plus si ce paddock donne accès, dans les moments critiques où l’herbe pourrait être trop riche, à des zones de friches ou de forêt où le cheval peut toujours s’alimenter mais d’espèces végétales moins riches que l’herbe en cours de croissance). Cet espace permet enfin au cheval de venir facilement jusqu’aux abords de la maison, où il aura son eau, un de ses abris, son foin et sa paille, et ainsi de nous permettre à nous d’avoir un œil sur eux.

L’eau peut venir de la pluie récupérée sur les toits des bâtiments. Auquel cas elle sera filtrée avant d’être donnée au cheval : filtre à charbon, filtres végétaux et éventuellement passage dans des vasques vives qui la re-dynamise avant qu’elle ne soit enfin accessible au cheval.

On peut également faire en sorte que la boucle de ce paddock passe par des points d’eau naturels, des zones où les animaux aiment aller pour se protéger du mauvais temps ou du soleil (ce ne sont pas nécessairement les mêmes, et pas forcement l’abri qu’on leur a conçu…). La conception de ce paddock nécessite donc au préalable une bonne observation des animaux dans leur espace : leurs coins favoris, les chemins qu’ils empruntent naturellement, etc…

Enfin, le paddock, tout comme le reste des pâtures, peut être entouré d’espèces végétales d’intérêt sous forme de haies et d’arbres fourragers menés en « têtards » ou « trognes » (voir détail un peu plus loin).

 

L’implantation de haies et d’arbres d’intérêt peut représenter un gros travail, mais qui comme nous l’avons vu en vaut vraiment la peine. Il s’agira alors par exemple de faire des doubles clôtures pour laisser la végétation se réimplanter naturellement ou pour protéger celle que nous souhaitons mettre en place (des subventions existent pour la réimplantation des haies).

La haie a de multiples fonctions :

– nourricière pour le cheval, mais également pour nous : frêne, boulot, saule, chêne, églantier, mûre sauvage, aubépine, noisetier, pommier, poirier, etc… (une liste plus complète est donnée juste en dessous) ;

– servir à terme de barrière contre le passage des animaux. Dans ce cas certaines techniques (notamment le plessage : technique qui consiste à tresser les végétaux qui constituent la haie) et types de végétaux (plutôt des épineux) sont à prévoir pour ça,

– former un coupe-vent efficace et des abris ;

– permettre de limiter l’érosion sur les pentes (sur de forte pente il est préférable de laisser boisé !) ;

– faire un écran protecteur efficace contre des pollutions ou l’épandage d’engrais ou pesticides dans les champs avoisinants. Il faudra alors prévoir une haie suffisamment large, voir une sorte de bosquet le long de la pâture ;

– servir de corridor et de réservoir de biodiversité ;

– favoriser la pénétration de l’eau dans le sol. Choisir pour des champs humides des espèces qui supportent et absorbent bien l’eau : saule, frêne, peuplier… On peut également allier haies et fossés, soit pour drainer des prairies humides, comme par exemple on peut encore le voir en Bretagne ou des plusieurs régions de France, soit au contraire  pour favoriser la récupération et absorption de l’eau sur des prairies sèches en mettant ces fossés à intervalles réguliers en travers de la pente, sur les lignes de niveau.

L’eau peut ainsi être canalisée vers des mares accessibles depuis le paddock principal, servant entre autres d’abreuvoir pour les chevaux (les mares ont également de multiples intérêts, notamment écologique, et augmentent de façon considérable la biodiversité d’un écosystème). On pourra empierrer l’accès, ou une partie de l’accès autour de certaines mares, pour éviter les détériorations (ce qui par ailleurs aura la fonction de renforcer les pieds nus des chevaux), et pousser les animaux à ne pas  rester trop longtemps autour de l’eau pour ne pas la souiller. D’autres mares peuvent être laissées afin de permettre aux chevaux de s’y rouler pour se protéger des insectes, ou d’y jouer !

 

La hauteur, la largeur de la haie et le type de végétaux à mettre dépendent du climat, du type de sol et du type de haie que l’on souhaite mettre en place.

Quant à l’arbre, il peut être mené en trogne. C’est une façon de garder un arbre vivant tout en profitant régulièrement des produits de sa ramure : fourrage, rameaux pour la production de BRF, bois de chauffe, fruits, etc. Cette technique qui semble de premier abord un peu barbare peut au contraire permettre à l’arbre de vivre plus longtemps tout en ayant de multiples intérêts écologiques (maintien et travail du sol avec ses racines, abris pour un grand nombre d’espèces d’insectes, oiseaux et mammifères, etc). Le jeune arbre est taillé à 2m50 où vont vite apparaître de jeunes rameaux que l’on pourra ensuite régulièrement tailler (de tous les ans à tous les 5 à 6, voir 10 ans) pour ainsi servir de fourrage (feuillages, écorces et jeune bois dont le cheval est friand, cette ressource était très souvent utilisée par les paysans d’antan) et de production de bois raméaux fragmentés (BRF) très intéressant pour amender les pâtures. Dans ce dernier cas, il suffit juste de broyer les restes de branches après que les chevaux y aient mangé tout ce qui les intéressaient.

 

Le cheval est un curieux. Son bien être passe également par la satisfaction de son approche cognitive du monde. Il a besoin de découvrir, d’apprendre et de renouveler sa relation avec ce qui l’entour pour trouver un bon équilibre mental (c’est la            même pour tous !). La création de systèmes riche en biodiversité, évoluant dans le temps, et au sein duquel le cheval sera amené à changer d’espace et de circulation contribue au bon équilibre de son psychique. Plus son espace de vie sera petit et plus cet équilibre devra se faire par le relationnel établie avec les humains auprès desquels il cohabite.

 

Schéma ci dessous : exemple d’un système de prairie

 

prarie2

1 : Maison et jardin

2 : Paddock où vivent les chevaux, donnant accès aux différentes pâtures grâce à des clôtures que l’on peut ouvrir ou fermer selon les besoins.

3 : Abreuvoir d’eau de pluie.

4 : Récupérateur d’eau de pluie et système d’épuration grâce à des filtres plantés avant d’arriver dans l’abreuvoir

5 : Haie de petits fruits (notamment framboisiers, cassis, figuiers dont les jeunes pousses sont bonnes pour la santé du cheval) et d’aromatiques (romarin, sauge, thym, sarriette, etc) également accessibles d’un côté par les chevaux

6 : Abri, sellerie et grange

7 : Poulailler donnant accès aux pâtures et au verger pour permettre aux poules de s’occuper de disperser les crottins et de consommer les fruits pourris, les insectes parasites et les maladies cryptogamiques qu’ils renferment

8 : Verger. Les animaux y vont au printemps pour désherber et à l’automne pour manger les fruits tombés et ainsi limiter les insectes parasites et maladies cryptogamiques du verger. Les jeunes arbres seront protégés pendant leurs 6 ou 7 premières années de croissance.

9 : Des haie hautes peuvent être placées du côté où viennent les vents dominants, les vents froids, ainsi que la pluie, afin de limiter l’influence de ces intempéries sur les pâtures ou la propriété

10 : Une pâture par an, voire pendant 1 an et demi (pour les végétaux bisannuels), sera laissée tranquille (éventuellement une fauche tardive, mais pas de passage d’animaux)

11 : Arbres un peu partout dans le système, insérés dans les haies, menés en têtards ou trognes pour la production de fourrage, de BRF, de bois, de fruits ou d’ombre…

12 : Fourrage sous forme de haies, zones de friches ou d’arbres

13 : Double clôture avec une haie large au milieu,protégeant des activités et traitements agricoles d’à côté

14 : Zone de friche

15 : zone de forets où les chevaux peuvent aller pour glander, ou pendant les périodes où l’herbe est trop riche dans les pâtures.

 

ESPÈCES BÉNÉFIQUES:

  • Acacia vrai (pas le Robinier pseudo acacia qui lui est toxique !) (plutôt en climat sec et chaud)
  • Ajonc
  • Amélanchier (l’un des meilleurs fruits sauvages !)
  • Aubépine
  • Aulne
  • Bambou: Bambusa ventricosa et Bambusa oldhamii
  • Berbéris
  • Bouleau
  • Cassis
  • Caroube – graines uniquement (Région méditerranéenne)
  • Catalpa
  • Chardons (en trop grand nombre ils peuvent être un problème, mais indiquent surtout un compactage du sol néfaste pour la prairie. Cependant ces plantes sont très bénéfiques à l’alimentation des équidés !)
  • Charme
  • Châtaignier (pour le fruit. Protéines 4%, glucides 40%, lipides 3%, vitamines B1, B2, et C et sels minéraux : notamment Ca, Mg, P, K, Na, S, Fe, Mn, Cu, Zn)
  • Chêne rouvre et chêne pédonculé
  • Consoude
  • Églantier
  • Épicéa
  • Érables (sauf sycomore)
  • Fenouil commun
  • Févier d’Amérique
  • Figuier
  • Framboisier
  • Frêne
  • Grande berce (attention à la berce du Caucase qui produit un lait très irritant !)
  • Herbe de la pampa
  • Hêtre
  • Mûrier et mûrier platane
  • Noisetier (dont le fruit est le plus digeste de tous les fruits oléagineux, riche en vitamines et en sels minéraux : notamment Ca, Mg, P, K, Na, Cl, S, Fe, Cu)
  • Noyer
  • Oléastre (olivier sauvage)
  • Orme
  • Ortie (mieux consommé après avoir été fauché)
  • Peuplier d’italie, Peuplier noir et peuplier du canada (médicinales)
  • Pin maritime et pin sylvestre
  • Prunellier (Prunus spinosa)
  • Renoué du Japon (attention, très invasif !)
  • Ronce
  • Rosier sauvage
  • Sauge
  • Saule / osier
  • Sorbier des oiseaux
  • Soucis/Calendula
  • Tagasaste (Chamaecytisus palmensis) (plutôt en climat sec et chaud)
  • Thym
  • Tilleul
  • Vigne

 

Pour finir voici une liste des plantes dites dangereuses pour le cheval. Difficile d’en faire l’impasse. Certaines sont en effet létales, ou peuvent causer de gros problèmes sur l’organisme. Cependant, dangereux ne veut pas forcément dire à éliminer à tout prix de la pâture ! Un cheval dont les besoins sont satisfaits ne va pas aller sur ces plantes, même si elles y sont présentes. Au contraire il se peut qu’il sache s’en servir en toute petite quantité pour se soigner ou gérer son parasitisme. Mais ce n’est vrai que pour un cheval qui a tout ce qu’il lui faut et un accès à une grande diversité de plantes qui lui sont bénéfiques.

Par ailleurs, beaucoup de plantes toxiques ne posent aucun problème sur pied, mais plutôt une fois coupées, car le cheval n’est plus capable de les reconnaître. C’est donc dans les prairies à foin qu’elles posent le plus problème ou lorsqu’elles sont taillées et laissées sur place.

Enfin, la présence en grande quantité de certaines de ces plantes dans la pairie peut être l’indication d’une pâture en mauvais état. C’est alors au niveau de la gestion de la pâture qu’il faut agir !

 

DANGEREUX:

Acer Rubrum (Érable rouge) Les feuilles de l’érable rouge sont très toxiques pour les chevaux. Elles comportent une toxine qui cause des problèmes aux globules rouges et qui induit une mauvaise oxygénation des cellules. L’ingestion de 700 grammes est déjà considérée comme toxique et l’absorption du double de cette quantité est mortelle. Les symptômes apparaissent un jour ou deux après l’ingestion. Le cheval a des difficultés à respirer, les battements de son cœur augmentent. Cela peut mener au coma et à la mort. Le traitement peut passer par l’utilisation du bleu de méthylène ou de l’huile minérale ou du charbon activé afin de stopper l’absorption des toxines au niveau de l’estomac. 50 à 75 % des chevaux touchés périssent ou doivent être euthanasiés.

  • Arum tachetée
  • Azalée
  • Belladone
  • Bryone, plante vivace, grimpante et à baies rouges ou noires. Elle pousse dans les broussailles ou dans les haies. Elle contient une substance amère, la bryonine, qui est un violant purgatif.
  • Bui
  • La Colchique d’automne est une plante liliacée, à bulbes, bisannuelle et qui fleurit à l’automne dans les prairies alors que les feuilles et les fruits apparaissent au printemps. Elle se développe dans des sols frais à humides avec un pH neutre à basique. Toute la plante consommée fraîche ou par le foin contaminé est toxique car contient de la colchicine.
  • Le Coquelicot Contamination par la consommation de foin et de paille.
  • Le Datura est une plante annuelle à larges feuilles ovales, Toute la plante est toxique, C’est le fourrage contaminé par les feuilles ou les baies qui peut provoquer une intoxication.
  • Le Datura est une plante annuelle à larges feuilles ovales. Toute la plante est toxique. C’est le fourrage contaminé par les feuilles ou les baies qui peut provoquer une intoxication.
  • Le Digitale est une plante rencontrée le plus souvent en bordure des bois, Il est rare que la digitale se retrouve dans les prairies entretenues mais plutôt dans des prairies situées dans des clairières ou jouxtant des jardins d’agrément. La plante est dangereuse car elle contient de la digitaline. Elle peut être dangereuse consommée par des foins contaminés.
  • Eleagnus angustifolia
  • Erable sycomore et ses samares (ses fruits ressemblant à des « hélicoptères ») semblent à l’origine d’une maladie mortelle fulgurante chez les chevaux, apparue dans les années 2000.

La Myopathie Atypique (MA) semble provoquée par une toxine, l’hypoglycine A, produite par les samares et dont l’ingestion déclenche chez les chevaux des symptômes proches d’une autre maladie équine connue, la myoglobinurie.

Des recherches sont actuellement encore en cours, mais la relation entre cette maladie et l’érable sycomore (en Europe) ou l’érable negundo (en Amérique du Nord) semble établie.

  • Euphorbe
  • Fougère mâle et fougère aigle
  • Fusain d’europe
  • Glands de chênes contiennent des tanins qui, ingérés en trop grande quantité, provoquent des troubles digestifs. Ces glands tombent en automne dans les prairies entourées de chênes. Un cheval en bonne état de santé sait se réguler, utilisant le gland comme aliment et comme régulateur du parasitisme. Par contre dans le cas d’un ingestion trop grande, les tanins étant très solubles dans l’eau, il importe de veiller à ce que le cheval boive beaucoup.
  • Juglans Nigra (noyer noir)
  • Kalmia latifolia (laurier de montagne)
  • Lierre terrestre
  • Marronier / Marron d’Inde
  • Mercuriale annuelle est une petite plante de 15 à 20 cm de haut de la famille des euphorbiacées qui se retrouve dans les pairies et les fourrages. Elle produit un latex blanc et plusieurs substances toxiques. Elle se developpe dans les terrains qui ont reçu trop d’apports de fertilisants et qui sont riches en bases.
  • Millepertuis est une plante de 20 à 80 cm de hauteur, à fleurs jaunes, et répandue dans les prairies en été. Elle peut contaminer le foin. Toute la plante, surtout les fleurs jaunes, est toxique. Elle contient une substance, l’hypericine, qui entraine des lésions cutanées lors d’exposition au soleil (photosensibilisation).
  • Morelle noir et douce amère
  • Nerium Oleander (Laurier rose). C’est une plante mortelle. Tous ses organes sont vénéneux car ils contiennent de l’acide cyanhydrique. L’intoxication se fait par le foin contaminé, par les branches élaguées en bordures de prairies. Le cheval n’en consomme pas spontanément.
  • La Porcelles enracinée est une plante proche du pissenlit dont les feuilles très velues sont disposées en rosette au ras du sol. La consommation de ces plantes par les chevaux provoque des symptômes laryngés, des fléxions exagérées et involontaires des postérieurs, et un amaigrissement.
  • La Potentille est une plante rosacée que l’on trouve dans les prairies à sols humides ou même inondés. Toutes la plante est toxique. Elle est riche en tanin. Elle se retrouve dans les foins.
  • Les prêles poussent dans les marais, les sous-bois et les prairies. Elles contiennent un alcaloïde toxique, la thiaminase qui dégrade la vitamine B. Elles peuvent également poser problème à cause de leur teneur trop élevée en silice inorganique. Le cheval n’en consomme pas de façon spontanée. Ce sont plutôt les foins qui peuvent être contaminé.
  • Renoncule bulbeuse
  • Rhododendron
  • Robinia Pseudoacacia (Robinier faux-acacia). L’écorce et les racines sont très toxiques. Ils contiennent une substance vénéneuse mortelle : la robine.
  • Le Seneçon jacobée est une plante vivace herbacée de la famille des Composées. C’est avant tout une plante de contamination des fourrages. Son ingestion chronique, en grande quantité, provoque une atteinte du foie.
  • Tous les taxus (If) ou L’if à baies est un conifère dont le feuillage, le bois et l’écorce sont toxiques. L’if ne se trouve pas dans la prairie.
  • Le trèfle (Trifolium hybridum) Il est responsable de la trifoliose du cheval. Il nécessite une ingestion massive et répétée de trèfles hybrides sur une longue période.

 

A notre échelle le gros du travail doit se faire dans la mise en place de systèmes productifs, diversifiés et auto-suffisants. Une fois mis en place, ils ne nécessiteront plus qu’une maintenance occasionnelle, voir plus d’intervention du tout… Il s’agit donc dès le début de bien observer notre système, ses ressources, ses limites en fonction des besoins du cheval et de ce qu’il amène au système, et enfin d’apporter les améliorations pour que ce système soit fonctionnel ainsi que de favoriser la plus grande biodiversité possible.

Cette approche de la pâture, mis à part quelques nouveautés, n’est finalement pas si nouvelle que ça. Elle était nécessaire tant que les hommes qui la créaient et l’entretenaient étaient totalement dépendants de ce qu’ils en faisaient. Ils ne pouvaient pas se permettre d’avoir une mauvaise gestion de leur environnement, sans quoi c’est eux qui en pâtissaient. Et la meilleure façon de vivre avec leur environnement était de faire avec lui, en respectant au mieux les grands principes qui l’anime.

Aujourd’hui nous avons la chance d’avoir une multitude de savoirs ancestraux, de connaissances scientifiques, de techniques nouvelles et de technologies pour nous permettre d’observer notre environnement et d’interagir plus en accord avec lui. Il ne s’agit plus d’étudier individuellement les éléments d’un système mais les liens et la complexité qui les unit. Il semble nécessaire d’ouvrir le monde des possibles au delà de ce qui nous semble envisageable.

Car finalement pourquoi pas à terme imaginer mutualiser les espaces pour les animaux, et non plus clôturer les zones de pâture, mais les zones qu’on souhaite protéger. Aujourd’hui l’animal est dépendant de l’espace qu’on veut bien lui laisser. On le clôture pour y avoir accès quand on veut et pour le mettre là où on veut qu’il soit. Mais ne pourrions-nous pas imaginer demain de grands espaces où circulent librement les animaux et au sein desquels nous habiterions et ne clôturerions plus que ce que nous voudrions protéger, comme cela peut encore se faire en montagne ou dans plusieurs régions du monde… Cela implique une relation nouvelle avec l’animal si nous voulons toujours pouvoir marcher ensemble et profiter de ce que chacun a apporter, car alors, qu’est ce qui le retiendrait auprès de nous… ?

 

Bibliographie:

 

Agroforesterie, Des arbres et des cultures, de Christian Dupraz et Fabien Liagre, Éditions France Agricole, 2011

Chevaux et prairies, de Yves Bertrand et Ghislain de Halleux, Éditions France Agricole, 2005

De l’arbre au sol, les Bois Raméaux Fragmentés, de Eléa Asselineau et Gilles Domenech, Éditions du Rouergue, 2007

Hippothèses 1, pour une alternative en Médecine Équine, Se nourrir… Être nourri… réflexion sur la diététique équine, de Éric Ancelet, Éditions Cheval Libre, 2007

Hippothèses 2, pour une alternatives en Médecine Équine, Naître et grandir, moment d’une vie équine, de Éric Ancelet, Éditions Cheval Libre, 2007

Introduction à la permaculture, de Bill Mollison, Éditions Passerelle Eco, 2013

Le Comportement des chevaux, de Marthe Kiley-Worthington, Éditions Zulma, 2006

L’encyclopédie des Plantes bio-indicatrices, alimentaires et médicinales, guide de diagnostic des sols, de Gérard Ducerf, Éditions Promonature, 2007

Le parie de l’arbre et de la haie, de Bernard Farinelli, Éditions du Terran, 2011

Les Bases de la production végétale, Tome 1, Le sol et son amélioration, de Dominique Soltner, Collection Sciences et Techniques Agricoles, 2009

Le sol, la terre et les champs, de Claude et Lydia Bourgignon, Éditions Sang de la Terre, 2009

Les trognes, l’arbres paysan aux mille usages, de Dominique Mansion, Editions OUEST-FRANCE, 2010

Paddock Paradise, une approche naturelle pour la pension des chevaux, de Jaime Jackson, Horses’ Heaven, 2014

Permaculture 1, de Bill Mollison et David Holmgren, Éditions Charles Corlet, 2008

Permaculture 2, de Bill Mollison, Éditions Charles Corlet, 1993

Planter des Haies, de Dominique Soltner, Collection Sciences et Techniques Agricoles, 2012

Plantes des haies champêtres, de Christian Cogneaux et Bernard Gambier, Éditions du Rouergue, 2009

 

Jérémie ANCELET

Formateur designer en permaculture
Conseils en médecine alternatives équine

SARL OHM Bioalternatives Bourgogne
29, Route des Petits Naudins
89120, SAINT MARTIN SUR OUANNE
09 62 17 55 87

 

[1]             Les écosystèmes sauvages suivent généralement une dynamique naturelle allant de la roche nue au stade mature, dit climax, de type forestier. On parle de « succession écologique », qui passe notamment par l’étape prairie puis la friche, et enfin la forêt, chaque étape préparant les conditions pour la suivante. Suivant l’altitude ou la latitude, le stade climax s’arrêtera plus ou moins tôt dans la succession végétale, c’est ce qui fait qu’en allant vers les pôles ou en montant en altitude on retrouve successivement la forêt de feuillus, la forêt de conifères, des ecosystèmes de type « taïga » et enfin des écosystèmes de type la « toundra » . On parle alors de « biome » plutôt que d’écosystème. La prairie, quant à elle, correspond plutôt à des écosystèmes de zones tempérées qui se caractérisent par un climat semi-aride et forment parfois la transition avec les zones désertiques. Sous nos latitudes le stade prairie n’est donc possible naturellement que par la présence d’herbivores qui broutent les végétaux en place, maintenant l’écosystème ouvert et l’empêchant ainsi de passer au stade suivant.

[2]             L’épi des graminées offre un grain naturel dont peut profiter le cheval. C’était d’ailleurs la seule ration à laquelle avait accès l’herbivore sauvage, qui en profitait alors pour faire ses réserves pour l’hiver. Il bénéficie ainsi de ce que peut apporter le grain (acides aminés et vitamines – notamment la vitamine E, une des rares non synthétisée par le cheval ou sa flore symbiotique – qu’il n’est pas capable de synthétiser lui même), grain d’ailleurs probablement plus intéressant que celui cultivé, d’autant plus qu’il ne nécessite aucun engrais, ni pesticides pour pousser !

article en PDF (Lien)

23 réflexions sur “Réflexion sur la gestion de pâture pour les équidés en permaculture.

  1. coucou

    trifolium repens et hollandicum sont 2 sous espèces radicalement différentes…. Comme leur nom l’indique l’1 rampe et l’autre est géant, c’est un cultivar sélectionné pour le rendement de prairie artificiel mais aussi pour apporter de l’azote aux graminées. Le hollandicum peut faire 50-60 cm de haut et le repens fait 10-15 cm.

  2. Super intéressant, merci beaucoup 🙂
    Il est souvent profitable de faire cohabiter plusieurs espèces sur les parcelles (comme expliqué dans l’article), style ruminants, chevaux, moutons. Organiser ainsi un tournus de pâture permet non seulement d’avoir un maximum d’herbes mangées, mais surtout outre le vent, les excréments re-sèment également une partie alentours et on ne se retrouve pas avec une ‘monoculture’.
    Un animal extrêmement utile est la poule: elles étalent soigneusement les crottins et régulent la population d’insectes et des parasites en les picorant dans les crottins mêmes dès qu’ils sont colonisés. Il y en a une dizaine à mon écurie et je dois dire qu’elles font un travail remarquable, et du coup les chevaux ne marchent pas dans leurs tas de crottins vu que tout est étalé, et la santé de leurs pieds n’en est que meilleure. Et le parasitisme baisse considérablement. De plus, elles semblent ne faire leurs excrément qu’en dehors des parcs (vu qu’elles s’y nourrissent), donc très peu de fiente dans les pâtures.
    Dans les arbustes à haies, le noisetier est excellent. Outre sa hauteur suffisante pour faire office d’abri coupe-vent, il éloigne passablement d’insectes qui peuvent déranger les chevaux, et leurs feuilles font office d’anti-inflammatoire léger et naturel ayant des vertus pour lutter contre les ulcères (qui devraient disparaître si le cheval est détendu dans son habitat, mais ça peut être long jusqu’à guérison complète) et pour réguler les effets des fluctuations de sucre dans l’herbe au fil des saisons ou selon les changements de météo.
    Pour les chevaux insulino-résistants, leur proposer une pâture aux espèces adaptées est une première chose, mais efficace est de leur proposer une grande (grande est important) pâture à l’herbe rase (style après fenaison) afin qu’ils ne prennent que de petites quantités en petites bouchées, qu’ils puissent choisir et trier les espèces qu’ils préfèrent, et qu’ils parcourent de grandes distances pour les trouver et les manger par petites bouchées. La prairie doit être donc grande pour éviter le sur-pâturage et le piétinement, garantir beaucoup de marche pour manger, et limiter l’ingestion. Eviter également de les mettre en pâture les 3-4 heures qui suivent l’apparition du soleil (le matin ou après un épisode couvert ou pluvieux), car c’est à ce moment que le sucre monte dans les tiges (en l’absence de lumière, le sucre reste dans les racines).
    Un truc top pour le mouvement et la santé des pieds, ce sont les pâtures en pente ou vallonnées. Le cheval s’y amuse, s’y muscle, et selon la météo il peut choisir des zones sèches ou humides, les zones hautes ne restant pas gorgées d’eau en cas de pluie par exemple.
    Ah si j’étais richissime, j’imagine les terrains et les paddock paradise que je pourrais aménager, soupir… J’ai la chance d’avoir une pension top pur mon gros, mais parfois je me prends à rêver 🙂

  3. Pour le BRF, c’est peut réalisable sur autant d’hectares. Claude Bourguignon m’avait conseillé de faire du fauchage assez régulièrement pour apporter de la matière… Puis dépendre les emas derrière !

    On fonctionne ainsi depuis 2 ans et ça fonctionne très bien.

    Le fait très important aussi est de laisser reposer ses pâtures afin que le terrain se ré-ensemence seule !

  4. Le BRF c’est effectivement intéressant, mais pour une prairie quelle quantité? et comment on fait? (quand on n’a pas bcp de matériel): est ce qu’on le laisse en couche fine comme du fumier ou épaisse sur l’herbe existante? et dans ce cas il faut laisser le pré sans chevaux combien de temps ? ou est ce qu’on doit le faire pénétrer dans la terre?
    J’avais essayé chez moi il y a presque 2 ans (prairie de mauvaise qualité humide mais en région parisienne je n’ai pas trop de choix) soit en petites quantités et je n’ai pas vu de changement soit en grande « épaisseur » directement sur le sol et c’est surtout les orties qui ont aimés (beaucoup!!!)
    Sinon article passionnant mais en ce qui me concerne difficile à mettre en application

  5. Dans la liste des « plantes à semer, intéressantes pour le cheval », on trouve la porcelle enracinée, il s’agit je suppose d’une erreur, d’autant qu’elle figure plus loin dans la liste des plantes dangereuses.

  6. Bonjour,
    je me permets quelques réflexions concernant cet article très intéressant mais comportant quelques grosses erreurs très préjudiciables à mon sens notamment en ce qui concerne les plantes bénéfiques dans un pré…
    Les érables: le sycomore ainsi que le negundo sont pour le moment les seuls a avoir été clairement incriminés dans la MA, ce qui ne signifie pas forcément que le champêtre ou le plane ne peuvent être dangereux.
    Les Ajonc: les pousses autres que jeunes contiennent des alcaloides toxiques, surtout dans les graines.
    Les chênes: on ne compte plus les intoxications dues à des consommations excessives de glands. La production des tanins responsables des intoxications étant variable d’une année sur l’autre et d’un arbre à l’autre, il est impossible d’être certain qu’habituer un cheval à manger des glands ne lui coutera pas la vie un jour.
    Le noyer: Bon celui ci encore…Simplement risque de fourbure important si le cheval consomme des noix, donc à surveiller.
    Et j’en arrive à ce qui me dérange vraiment, à savoir le conseil de placer des plantes exotiques envahissantes dans une pâture…
    Herbe de la pampa, bambou et encore pire, Renouée du Japon sont de véritables fléaux pour la biodiversité (que vous défendez tout au long de l’article). La lutte contre ces espèces est aujourd’hui l’une des priorités des organismes de gestion des milieux naturels, alors pitié, enlevez les de cette liste.

  7. Bonjour,
    Nous avons acquis en juillet 2013, une parcelle de 6000m2 avec en première intention, d’y mettre notre poney.
    Aujourd’hui, il y en a deux.
    C’est un terrain qui n’a pas reçu de chimie depuis au moins 10 ans.
    Le sol est en pente, très compact. L’eau ne pénètre pas, l’été il y a de grandes fissures qui s’ouvrent et bien sûr l’hivers c’est un champs de boue.
    Il y avait très peu de couvert végétal, de la mousse… et quelques arbres que nous nous sommes résolu à clôturer vu l’appétence destructrice de nos poneys.
    Nous aimerions être conseillés sur les manières que nous pourrions mettre en œuvre, pour améliorer ce sol dans le temps. Au regard de la faible surface du terrain, comment le gérer sur l’année (parcelliser, faire un paddock pour l’hivers pour qu’ils n’abiment pas le reste, préparer le sol pour ensemencer…)
    Pour le moment, j’ai mis autour des arbres (noisetiers, chênes et quelques fruitiers) une épaisseur de crottins + foin refusé, car j’ai pensé que la pire chose pour un sol est d’être nu (si j’ai bien compris Claude Bourguignon). Est-ce une erreur ?
    Après lecture de votre article, j’envisage l’introduction de poules mais quel nombre me conseillez-vous ?
    Je m’excuse de poser ce type de questions qui doivent vous paraître bien naïves, mais je découvre le monde équin depuis peu et bien que m’inscrivant dans une démarche de long terme, j’aimerais éviter les erreurs d’un débutant.
    Je travaille avec une véto phyto. afin d’avoir une approche si possible moins allopathique.
    Actuellement et depuis qu’ils sont deux, les poneys sont bien et détendus mais la pâture n’en mérite pas même le nom.

    Merci

  8. Une idée du coût global de mise en œuvre de ces fabuleux conseils sur une quarantaine d’hectares (18 prés, 21 bois et 1 étang) entre le diagnostique, la recommandation (plans et espèces) puis la mise en œuvre? Merci

  9. Hello!

    Juste top! On s’est lancés dans la permaculture à toute petite échelle pour notre potager, et les résultats sont bluffants!

    Par contre un gros bémol concernant la renouée du Japon, elle est sur la liste noire des néophytes envahissantes, et interdite. Hélas l’interdiction n’est pas respectée, mais c’est vraiment une plante à éviter, malgré ses propriétés. En Europe, elle cause des dégâts majeurs.
    Pour les bambous, leur réseau racinaire peut aussi poser problème et ils ont une sacrée tendance à se répandre, même si c’est moins grave que la renouée, on est d’accord.
    Et dans la même veine, préférer les plantes européennes à celles d’autres continents, elles sont meilleures point de vue, plus intéressantes pour toute la petite faune, et donc pour l’écosystème entier qu’on cherche à recréer.
    Pour les néophytes, un site très bon:
    https://www.infoflora.ch/fr/flore/neophytes/listes-et-fiches.html
    C’est la situation en Suisse, mais même si la répartition du nombre de plantes peut varier avec la France, ça donne une bonne base de réflexion.

    Et en effet, la pire chose pour un sol est bien d’être nu, Alain. 🙂

  10. Bonsoir Monsieur Parisot !

    J’adore votre article. Étant dans la branche de la naturopathie, le coquelicot et la prêle des champs sont des plantes qui peuvent être utilisées en médecine naturelle. À faible dose. Pour le reste je suis quasiment entièrement d’accord. 🙂

  11. Pingback: Our little paddock,not yet a paradise | homesteadkleinlanzerac

  12. Un grand merci pour l’article et les commentaires qui regroupent tous les problèmes auxquels je réfléchis depuis plusieurs années: j’ai deux chevaux sur un ensemble paddock/rivière pour l’hiver, avec abri sous des résineux, et une prairie assez sèche et crayeuse (en champagne) d’un peu moins d’1ha) pâturée intensivement depuis plusieurs années. Au départ elle avait été semée d’un mélange pour vaches trèfle/graminée. au fil du temps j’ai beaucoup de séneçon qui se répand car évité spontanément par les chevaux(danger?). Une haie mélangée avec pas mal d’érables champêtres, plus quelques érables sycomores dans la zône boisée (danger?, ils n’ont pas l’air de toucher aux feuilles à l’automne alors que le frêne, ils adorent) . J’ai une zône infectée par la renouée du japon venant des voisin: puis-je les mettre sur le problème au printemps sans danger ?
    encore bravo et merci

  13. Excellent article!!
    Merci beaucoup!
    Je vais pouvoir continuer mon travail de paddock paradise même si sur 1 hectare cest difficile mais j’y travaille!

  14. Pingback: Liens de connaissance – Dame Gigi à Brocéliande

  15. si je peux me permettre de signaler comme plante toxique pour les chevaux citées dans l’article : le Mélilot, la Porcelle enracinée, et les trèfles (toutes les légumineuses, gesses etc..) Alors pourquoi proposez-vous d’en semer dans leurs prés ? (y compris Renouée du Japon, Bambous et autres exotiques dont on ne connait pas encore l’éventuelle toxicité)..) Cela me paraît contradictoire, et dangereux. Il y a déjà assez de pantes toxiques pour eux, comme ce satané Séneçon de Jacobée entre autres !

    • Bonjour,

      Pourriez vous citer vos sources ?

      Les chevaux ont 50 millions d’années d’évolution derrière eux… Je pense qu’ils savent mieux gérer les végétaux dont ils ont besoin à partir du moment où la diversité est conséquente.

      Le seneçon ne pose problème que dans le foin ou en cas de famine.

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