Témoignage d’un stage de PEL en Suisse.

Stage parage d’entretien avec Guillaume Parisot, les 12 et 13 septembre 2014

Huit stagiaires rassemblés à Villarlod dans le canton de Fribourg autour d’Isabelle Dorand (voir le site horsespirit). Tous, propriétaires de chevaux pieds nus, désireux d’assurer eux-mêmes les parages d’entretien. Plus l’ami Thierry et nous, trois observateurs jurassiens pratiquant les pieds nus ; pas de pareurs pieds nus en Franche Comté.

Ce stage nous a étonné, nous y avons beaucoup appris. Beaucoup de générosité chez Guillaume pour faire partager ses connaissances, son expérience. Expérience commencée par le déferrage de 40 chevaux d’un centre en Bretagne, expérience qui « par chance, se passe bien » nous dit-il. Et poursuivie en 2009 par une formation LaPierre conclue par un diplôme DAEP. Beaucoup d’indépendance d’esprit et de logique,  ce qui le conduit à s’exprimer de manière personnelle.

Première journée

Présentation vidéo commentée : anatomie, principes et théories. Informations denses, aucune lassitude apparente chez les stagiaires. L’idée forte : il y a le sabot et le pied et deux visions des choses selon que l’on est partisan des pieds nus ou ferrés.

Petit rappel, le pied, ce sont les structures (en particulier internes) qui vont du bourrelet coronarien au sol. Le sabot, c’est l’enveloppe (mais dans la littérature vétérinaire on parle souvent du mécanisme du sabot, c’est à dire de l’absorption et la restitution d’énergie lors de l’impact et de la charge, et en réalité on parle ici encore, du pied – oui, rien n’est simple).

Retour aux choses simple, la version généralement admise : la troisième phalange, dite P3, est « suspendue » dans la boite cornée. La paroi a pour rôle de supporter la charge lors du posé. Aussi pour  protéger la paroi, on place un fer, considéré comme un amortisseur – ce qui est tout de même assez curieux si l’on considère la rigidité de la matière – fer néanmoins positionné sur le pourtour du sabot, qui ainsi, surélève et éloigne la paroi, la sole et la P3 du sol.

Autre manière de voir les choses, celle des partisans des pieds nus : la P3 n’est pas suspendue, elle est partie intégrante du squelette, le dernier os du pied qui prolonge la jambe et le corps du cheval. A ce titre, à l’impact et au posé, elle exerce et reçoit une poussée sur la sole et du sol. Ce faisant elle sollicite les structures internes du pied qui sont naturellement prévues (par la nature, par l’évolution et les adaptations) pour que tout fonctionne. Pour que tout fonctionne il est nécessaire que le pied conserve sa souplesse et sa capacité à amortir lors de l’impact, ce qui est le rôle de la fourchette, des barres, de la sole, du coussin digital et des cartilages. Muscles et tendons interviennent, avec  plus particulièrement le rôle du tendon fléchisseur profond qui agit spécialement sur les deux dernières phalanges et le petit naviculaire pour faire jouer l’ensemble à la manière de poulies capables d’accompagner la descente des boulets lors de l’impact. Quant à la paroi, son rôle est de protéger des chocs mais encore de conserver sa capacité d’expansion. C’est à la fois simple, lumineux et imparable mais encore faut-il bien vouloir se pencher sur les détails infiniment complexes du corps, cette merveilleuse machine capable de marcher sans s’user, tant qu’on a la santé !

Seconde journée

Présentation vidéo de la méthode de parage, puis on sort les pieds morts et applications de la méthode. Pour finir par des parages sur les deux chevaux d’Isabelle.

Quoi de neuf question parage ? La clarté de l’exposé repositionne bien les choses. Je retiens trois différences majeures.

Premier point.  Il s’agit d’ avoir des pieds nus fonctionnels, d’où la nécessité de rendre les propriétaires responsables. Il s’agit de chercher à lisser la courbe de détérioration, en fonction de l’usure, c’est à dire de la météo, des sols, de la quantité de travail demandé au cheval. Ce n’est pas si compliqué, la méthode est simple à mettre en oeuvre. De plus tout est accessible et bien expliqué sur le site de Guillaume.

Second point, solliciter la sole et les structures internes. On en revient à la question des deux écoles : qui, de la paroi ou la sole,  doit supporter le cheval ? Réponse, vous l’avez bien compris : la sole. Conclusion, ne laissez pas la paroi dépasser le niveau de la sole, faite un biseau sur tout le tour  du sabot, en commençant des talons à la pince.

Troisième point, l’impact et les talons. On ne va pas chercher à baisser les talons, ou les faire remonter, on chercher à les reculer. Et là, je vous conseille d’aller voir, c’est, en effet, vraiment simple, mais c’est en trois dimension qu’il faut le voir, le comprendre et l’expérimenter.

Maxime de base à méditer : le cheval pieds nus a la capacité de dire quand cela ne va pas. Sa sensibilité fait sa force, elle l’empêche de se blesser. [sensibilité ne veut pas dire « douleur » ndlr]

Bravo et merci à Guillaume.

Françoise et Claude, à Savigna le 24/9/14.

4 réflexions sur “Témoignage d’un stage de PEL en Suisse.

  1. Merci pour le résumé, il est clair et conscis . J’ai également rencontré Guillaume en tant qu’intervenant pdt mon stage , et ses explications étaient claires pour une novice en podologie comme moi . Je suis convaincue que le monde peut evoluer si il est instruit . Merci Guillaume…

  2. J’y étais 🙂

    Effectivement, c’est ‘simple’, pour peu qu’on parte du postulat de départ que le sabot n’est qu’une enveloppe et que ce sont les structures internes, la sole, les fourchettes qui soutiennent P3. Petite note personnelle, si P3 devait être suspendue par les lamelles, je suppose que cet os serait ‘flottant’ et détaché des autres et non relié à tout le squelette et recevant tout le poids du cheval.
    J’ai beaucoup aimé l’image suivante: les structures internes ce sont les pieds, le sabot c’est la chaussure (une pareuse américaine l’appelle même chaussure bionique au vu des capacités d’adaptation, de distorsion, de compensations et de protection qu’elles peuvent mettre en place). Un bon parage aide à ce que la chaussure soit/reste parfaitement adaptée au pied qu’il y a à l’intérieur pour le confort et la fonctionnalité. De même, le pied et le sabot ne sont pas des appendices indépendants par rapport au cheval, ils renvoient des informations sur tout le corps (problèmes physiques, métaboliques, etc).

    Effectivement, aucune lassitude parmi les auditeurs, très participatif, beaucoup de questions constructives. Une très légère frustration pour moi, certaines questions (j’en ai posé bien trop, désolée) sont restées partiellement sans réponse, car elles débordaient du sujet (elles portaient sur du parage correctif et non sur du parage d’entretien – entretien physico-alimentaire de base du cheval, thème du stage). Donc à quand un stage niveau 2 orienté sur la correction des pathologies du pied? En plus, les pieds morts, comme je l’ai tristement constaté au stage, sont souvent plus que pathologiques, donc de bons candidats pour le correctif.

    Merci Guillaume en tous cas pour ta visite en Helvétie, à bientôt j’espère!

  3. Compte-rendu intéressant, qui résume bien les points forts de manière très accessible, et fidèle aussi au stage vécu en normandie chez moi en juin. Elle est importante cette précision sur la compréhension du reculer du point d’impact : « c’est en trois dimensions qu’il faut le voir, le comprendre et l’expérimenter »…cette remarque que je fais est un clin d’oeil envers toi Guillaume, pour la suite de ton chemin : enseigner c’est plus qu’expliquer et montrer, c’est « mettre à portée de ». Sans le stage, je n’aurai jamais compris l’histoire du point d’impact, les photos et les explications ne suffisent pas. Continue !

    Anne

  4. ces deux jurassiens sont toujours à l’affût des bons conseils!!!
    quant au reculer du point d’impact, c’est à mon sens fondamental, avec certains chevaux qui ont un lourd passé et qui se retrouvent avec des talons fuyants et une pince longue comme un jour sans pain, je pratique ce reculer à même la boot en modifiant sa forme sur la partie arrière.

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