« Plus jamais je ne ferrerais un autre cheval » – Nick Hill

Article de Linda Chamberlain. (source)

Traduction libre Guillaume PARISOT.

Je veux vous présenter un MF confirmé – un MF qui dit qu’il ne ferrera plus jamais en raison des dommages que la ferrure provoque. Il a tourné le dos à la tradition car depuis qu’on a séparé le cheval du sol, cela été le début d’un processus destructeur. Il est devenu « pareur pieds nus » parce qu’il était toujours en train de lutter contre la nature, ce qui provoque des déformations du sabot et abime fortement la corne à cause des clous. Aujourd’hui, avec toute notre sagesse et notre technologie, il devrait y avoir une meilleure façon de procéder…

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Son nom est Nick Hill et il a une liste des modifications nécessaires pour une bonne gestion du cheval domestique qui est aussi longue qu’une liste de courses. Si quelqu’un peut faire en sorte que ces recommandations soient mise en place, c’est bien cet homme engagé, qui parcourt le monde à éduquer les propriétaires d’une nouvelle façon de prendre soin de la vie.

Il y a beaucoup plus à voir autour du sabot d’un cheval que le style ou la fréquence de son parage. Cet animal a besoin d’urgence de changements dans ses soins si on veut qu’il mène une vie saine.

Fait intéressant, il a trouvé les mêmes problèmes de santé touchant le cheval dans de nombreuses parties du monde. La domestication apporte inévitablement des problèmes que cet animal soit trempé par la pluie au Royaume-Uni ou sous le soleil du Kenya.

J’ai dans la tête l’image de Nick se frayant un chemin à travers les traditions avec une râpe à la main et des « couteaux louches » dans son sac. En réalité, il n’a rencontré que quelques sourcils levés lorsqu’il a traversé les frontières internationales, mais je suis étonné qu’il rencontre les mêmes questions sur les chevaux dans une longue liste de pays – Etats-Unis, la Tanzanie, le Kenya, l’Afrique du Sud, Namibie, Estonie, Italie, Portugal, Israël, Espagne, France, Danemark, Pays-Bas, la Bulgarie, la Lituanie, le Lesotho et le Royaume-Uni où il donné des stages visant à améliorer les sabots des chevaux … et leurs styles de vies.

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« Si une mauvaise gestion de l’animal est mis en place et que des attentes indues sont mis sur une espèce, nous ne devrions pas être surpris quand la santé est compromise. La domestication amène toujours des défis, mais ce n’est pas une raison pour tout simplement dire « je ne peux pas » … il vaut mieux se demander « comment pouvons-nous? » Explique-t-il.

Alors, qu’est-ce que nous faisons pour le cheval à travers le monde qui le compromet tant ?

L’humanité lui a pris sa vie de créature libre et en troupeau et lui a donné un travail à faire. En échange, nous offrons un régime riche en céréales plutôt que du fourrage et une maison trop petite où il va passer sa vie. Pour sceller le sort de l’animal, nous lui clouons une chaussure à son pied.

Donc, partout où il va, Nick voit de la fourbure, des maladies naviculaire et d’autres problèmes de sabot crée par l’homme. Il trouve des troubles digestifs, des problèmes d’immunité, du stress provoqué par un manque de mouvement ainsi que des problèmes respiratoires à cause de l’enfermement.

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Il n’est pas étonnant qu’un animal traité de cette façon puisse avoir des difficultés à marcher sur ses propres pieds.

Et pourtant, Nick met en garde, « le ferrage déséquilibre l’ensemble du cheval et après un certain temps, il va aussi déformer le sabot. Un corps déséquilibré pour un esprit déséquilibré, qui à son tour affectera le système immunitaire. Le fait de couper le contact entre l’équidé et le sol est le début de la destruction de ce qui le rend vraiment un cheval. Les ferrures masquent juste les problèmes, elles ne les résolvent pas. »

« La plupart des maréchaux-ferrants que je connais préfèreraient ne pas ferrer. C’est un travail extrêmement difficile, très qualifié et une fois la décision prise dans cette voie, ils se battent contre la nature et essayent d’arrêter la déformation constante de la boite cornée et les cassures liés aux trous de clous. »

« Le pied nu est la meilleure solution quand le cheval nait, si on le laisse se développer pleinement dans un bon environnement avec un accès à un mode de vie et une alimentation plus naturelle, c’est alors très simple. Le pied nu est juste normal. Les anomalies proviennent d’une mauvaise utilisation / abus de l’équidé. »

Nick pense que tous les chevaux peuvent aller pieds nus. Tous ne pourront pas être montés, mais la plupart auront une transition sans difficulté et pourront bien récupérer de ces « conditions humaines qu’on leurs a infligées».

«Les attentes des gens pour ce que les chevaux peuvent et doivent faire doivent être examinés. Cela me désole que le cheval ai moins de droits que toute autre espèce. C’est difficile pour moi de comprendre comment la plupart des qui gens qui trouvent les chevaux étonnant et merveilleux, ne comprennent pas vraiment les besoins de son espèce. S’ils les comprenaient vraiment, alors il y aurait un bouleversement massif des habitudes pour l’alimentation, le mode de vie et les attentes, qui seraient légiféré à l’échelle internationale. »

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Il a raison, vous savez. Aucun zoo n’est autorisé à traiter le zèbre de la façon dont la plupart des gens traitent le cheval domestique. La législation garantit que le besoin d’une vie en troupeau du zèbre soit respecté. Le besoin de socialisation du cheval n’a pas été écrasé par des milliers (je dirais centaines, ndlr) d’années de domestication, mais il est souvent nié grâce à l’utilisation généralisée du boxe individuel. Parfois, H24.

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J’ai questionné Nick sur le régime alimentaire idéal d’un cheval pieds nus.

Son conseil est de le garder aussi simple que possible (le régime, ndlr) et loin des prés avec des monocultures d’herbe (à vaches, ndlr).

« Je dis souvent que si un sac d’aliments est vendu comme sain pour les chevaux, ne l’utilisez pas. (Il y a des entreprises qui font de meilleurs produits maintenant). Vous devez faire des recherches sur tout ce que vous utilisez pour nourrir votre cheval. Ne croyez pas tout ce qui est écrit sur le sac. »

Et le mode de vie?

«Il suffit de jeter un oeil à des groupes de chevaux sauvages dans le monde entier, vous verrez alors comment les chevaux ont besoin de vivre, l’interaction sociale, le mouvement (oui il y a des groupes de chevaux sauvages qui ne font que survivre et ne sont pas dans les meilleures conditions). Vous verrez comment les chevaux domestiques ont été maintenu très loin des conditions de vie que la nature avait prévu pour eux. »

«Si vous regardez les chevaux sauvages dans des conditions environnementales idéales, vous verrez des athlètes qui sont sains et solides, en bonne santé, alerte et pleins de vie, vivant comme la nature le veut, avec une forte santé physique et mentale, sains, avec des pinces et des talons courts, courant sur tous les terrains sans avoir à s’en soucier. »

«Essayez de copier les conseils ci-dessus et vous obtiendrez un équin plus sain. Si votre cheval ne peut pas se déplacer, se socialiser, manger peu et souvent, alors devinez quoi ? Vous allez avoir des problèmes.»

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Avant de vous donner la liste de courses pour le changement de Nick, laissez-moi vous parler un peu de son histoire. Il a une formation agricole et a travaillé dans des écuries traditionnelles comme un moniteur d’équitation. Il s’est formé comme maréchal-ferrant, parce que ses propres chevaux avaient du mal à rester en bonne santé.

«J’ai été formé par les maréchaux traditionnelles qui utilisaient la méthode de ferrage Cyteck. Ils semblaient obtenir de bons résultats.

Ce fut dans les Highlands d’Ecosse (avant que le Farriers’ Registration Council ai pris le contrôle de l’ensemble du Royaume-Uni) et j’ai aussi voyagé aux Etats-Unis.

J’ai appris plusieurs leçons importantes, à la fois des chevaux et des autres professionnels. Tous pointaient vers la même conclusion – il doit y avoir une meilleure façon d’avancer, pour toutes les personnes impliquées dans l’industrie du cheval. »

Je demande souvent aux personnes que j’interview, leurs visons de l’avenir du cheval. La plupart me donnent une ligne ou deux. J’aime que Nick ai été plus ambitieux.

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Comme promis … voici la liste …

  • La fin de la ferrure corrective pour masquer les boiteries chez les chevaux de compétition.
  • les écuries/pensions doivent avoir plus d’attention aux besoins des équidés plutôt qu’aux besoins agricoles ou ce qui semble agréable aux cavaliers.
  • Les entreprises d’alimentation doivent être réglementées contre la vente de « sacs d’ordures » habillé comme des aliments sains.
  • Les propriétaires de chevaux doivent connaitre les besoin fondamentaux des équidés et sont capable de voir la différence entre un bon et un mauvais pied (car ils sont le reflet de la santé du cheval).
  • Il faut plus de vétérinaires ouvert d’esprit.
  • Le ferrage est remplacé par les pieds nus et la technologie des hipposandales (les maréchaux-ferrants ont les compétences nécessaires pour opérer le changement, mais il doit venir avant tout des propriétaires de chevaux et des vétérinaires).
  • Les haras et les éleveurs doivent prendre la responsabilité de permettre aux chevaux de se développer correctement pendant leurs 1eres années de vie.
  • Les instances dirigeantes de toutes les compétitions équines doivent déclarer que aucun cheval ne peut concourir avant pleine maturité.
  • Les professionnels devraient viser à corriger l’alimentation, l’environnement et le besoin de mouvement du cheval, cela permettrait des changements mécaniques au sabot. Cela vaut pour certaines écoles de parages ainsi que la pensée traditionnelle de la maréchalerie et du travail vétérinaire.
  • Les professionnels et les propriétaires de chevaux devraient avoir une meilleure compréhension des techniques de manipulation (tout ce qui est comportementalisme, ndlr), tout en reconnaissant qu’il y a une raison pour chaque réaction du cheval. La patience, la compréhension et la gentillesse apportent de meilleurs résultats dans mon expérience.

« La liste est probablement plus longue, mais nous allons bien voir », dit-il.

Donc, cher lecteur, si vous pouviez choisir une seule chose des demandes pour le cheval de Nick, quel serait-elle?

Linda Chamberlain.

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Une réflexion sur “« Plus jamais je ne ferrerais un autre cheval » – Nick Hill

  1. Merci pour cet article et surtout pour cette expérience si riche et si intelligente. Ma jument de 5 ans a été ferrée une fois et depuis je pratique le pied nu et si nécessaire en randos longues l’utilisation d’hipposandales. Je suis aussi partisant du sans mors et je vais prochainement la monter avec un side pull aussi bien pour le travail de dressage en carrière que pour la rando. Elle travaille déjà avec un licol et ça se passe très bien. Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous dîtes. Il faut respecter ses chevaux leur donner le maximum de bien être et pour cela il est nécessaire qu’ils soient en troupeau au pré ou en paddock libre avec de l’espace et juste un abris, les pieds nus parrés et montés sans mors. C’est ma philosophie et c’est de cette façon que vit ma jument. J’habite en montagne et elle vit dehors toute l’année sans problèmes même quand il neige ou qu’il gèle. Laisser les chevaux au contact de la nature ils s’en portent beaucoup mieux. Moins l’homme intervient et mieux c’est pour leur bien être et leur santé physique et mentale.
    Encore bravo!
    Cordialement
    philippe

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