Stress … aire !

Tout le monde voit de quoi je veux parler? Non? Vous avez tous entendu parler du « parage naturel » ? Vous avez tous entendu parler d’une « méthode » où les pieds des chevaux saignent… Une méthode « Allemande »… Une méthode où on cherche à « provoquer l’inflammation » … Une méthode créée par une vétérinaire! 

 

Avant tout, je veux vous prévenir que cet article risque de faire du bruit. Il n’a pas pour but de me mettre en avant en critiquant gratuitement des praticiens qui ne voudraient pas suivre mes conseils. Mon but est bien de mettre fin à des pratiques scandaleuses et sources de souffrances inutiles. J’ai déjà essayé de leur tendre la main de manière sincère et honnête. Ma demande est restée lettre morte. Devant le nombre de plaintes et surtout le nombre de chevaux présentant des signes de souffrance avérée, j’ai décidé d’expliquer aussi honnêtement que possible mon analyse de cette pratique après avoir longuement réfléchi sur le sujet.

L’UFM, censée être l’organisme de contrôle et de gestion de ce qui touche aux pieds des chevaux en France, (puisque la FNAR ne fait plus son travail depuis longtemps à ce sujet) ne veut pas bouger le petit doigt. L’UFM préfère attaquer en justice des gens qui font très bien leur travail… ceux qui font des stages…. et laissent tranquilles des praticiens qui mutilent les pieds nus… car ça joue complètement en leur faveur! Le bien être des chevaux qu’ils prônent à longueur de temps, où est-il?

Je me suis tu trop longtemps pour ne pas rajouter d’huile sur le feu et ne pas faire de mauvaise pub aux pieds nus… mais aujourd’hui, j’en peux plus.

La vie est assez marrante et bien faite malgré tout. Au alentour de 2005, quand j’ai commencé à réfléchir à l’idée d’enlever les fers, il n’y avait pas beaucoup d’infos sur le sujet du pied nu. La seule formation « certifiante » qui existait à l’époque en France était proposée à l`Institut Européen de Physiologie Equine*. En 2007/08, quand notre boite allait très mal et que je devais me trouver une autre activité, j’étais en train de m’inscrire pour leur cursus, le dossier était rédigé, j’avais contacté les gens par téléphone plusieurs fois… Xavier Méal est passé aux écuries pour voir nos chevaux et me donner son avis éclairé sur leur état… Il m’a parlé des stages avec Lapierre. La suite, c’est une inscription au 1er stage Lapierre à Rennes en mars.

A l’époque, je lisais tout ce que je pouvais sur le pied nu, le parage naturel revenait tout le temps. Le blog d’Yvonne Welz* était un incontournable puisque « presque » le seul à être correctement référencé vis à vis de pleins de mots-clefs spécifiques.

Yvonne a bien sûr beaucoup parlé de la méthode Stress aire et de Jaime Jackson, puis de Bowker et Pete Ramey. A l’époque j’avais lu le bouquin de Stress aire « Un sabot sain pour une vie saine* » il n’était pas vieux puisque sortie en 2003 ! (Le bouquin de Xavier* n’est sorti qu’en 2009!) J’avais bien aimé ce bouquin. Il parle de la gestion physiologique du cheval. Le problème, à l’époque, c’est qu’il n’abordait pas le parage à proprement parlé. Aucun bouquin, mise à part la traduction du bouquin de Ramey*, n’en parlait.

A l’époque, la seule source d’info sur le sujet était les articles du magazine Planète cheval au naturel. A l’époque, le contenu éditorial était génial.

Bref, le Dr Hilrud Strasser* est née en 1943 à Leipzig et a été la 1ère à parler de pieds nus à la fin des années 90, puisque son 1er livre (?) est paru en 1999. Sur son site on peut lire qu’elle a commencé à se pencher sur le pied nu il y a 30 ans, parce que son maréchal ferrant lui disait que son cheval ne pouvait plus être monté (donc en 1986, par là…).

Elle a commencé à s’intéresser aux pieds nus à une époque où seul Jaime Jackson publiait des trucs. Lui est né en 47, ils ont donc presque le même âge. C’est important car cela amène une même façon de penser, liée à la « génération ». Jaime a publié son 1er bouquin vers 1988… pile poil en même temps que Hilrud se penchait sur la question.

Yvonne Welz explique d’ailleurs leurs similarités basées sur l’étude du cheval féral: le mustang.

Le très bon côté de la vision de Hilrud, cavalière « classique » Allemande, qui avait donc des chevaux ferrés, nourris aux céréales et logés en boxe… c’est qu’elle a commencé à faire le lien entre des conditions de vie INADAPTÉES, non physiologiques et donc ne répondant pas aux besoins fondamentaux du cheval, avec ses problèmes de santé ET DONC de pieds.

L’étude des chevaux féraux a permis à Jaime de comprendre comment fonctionnait un cheval, et donc comment fonctionnaient ses pieds ou tout du moins dans quelles conditions environnementales les pieds du cheval pouvaient avoir le moins de problèmes! C’est pour cette raison précise qu’il a publié son excellent bouquin sur le paddock paradise.

Voilà la naissance du « PARAGE NATUREL »! Mauvaise traduction de l’expression « NATURAL HOOF CARE » qui veut en fait dire « gestion physiologique du cheval domestique »… Le natural hoof care est une gestion du cheval qui passe avant tout par et pour un bon fonctionnement du système locomoteur, donc qui doit répondre aux besoins fondamentaux du cheval.

Cette évidence nous paraît banale aujourd’hui…. oui, pour toi lecteur de PEL… mais pas pour tout le monde et encore moins y a 30 ans! Que dire des gens qui se battaient déjà en 1880 pour faire reconnaître les souffrances des chevaux domestiques? Qui dénonçaient déjà il y a 200 ans les conséquences désastreuses de la ferrure? Des embouchures à leviers? Des enrênements? De la nourriture inadaptée? De la tonte et des mutilations courantes à cette époque comme couper la queue avec les vertèbres… couper les oreilles ou encore la deuxième paupière! Nous avons à priori « domestiqué » le cheval il y a 6000 ans… mais on ne connaît toujours pas vraiment comment fonctionnent ses pieds… ou tout du moins pas tout le monde. Pourquoi? Parce que pendant très longtemps l’animal n’avait aucun statut ou alors le statut de « machine » sans âme et sans perception sensible… corvéable à merci et créé par dieu pour servir l’humanité toute puissante. Je m’égare un peu mais ne peut m’empêcher de penser, que malgré toutes les évolutions on puisse encore aujourd’hui revenir sur cette opposition entre « humanistes » et « animalistes », c’est à dire entre « spécistes » et « antispécistes »…

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Le parage naturel est donc né de l’observation des mustangs féraux dans le sud-ouest des USA. Jaime a eu un client qui a acheté un mustang, puisque le BLM (le ministère de l’environnement Américain) capture des mustangs pour faire de la place à l’élevage bovin… Ils sont sauvagement capturés puis débourrés trop vite pour ensuite être revendus aux enchères, ce qui finance une partie de leur propre gestion. C’est d’ailleurs à cette occasion que les « chuchoteurs » peuvent montrer leurs « talents » (si on peut appeler ça comme ça…) pour débourrer (très vite) des chevaux dit sauvages…

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Il est fascinant de constater que Jaime, Pete Ramey ou Lapierre aient tous connu le pied nu presque de la même façon, c’est à dire par la gestion des pieds nus du cheval d’un client. Ce n’est donc pas une démarche personnelle à la base mais bien par une demande extérieure qu’ils y sont venus! Hilrud a dû y venir par obligation… à cause de chevaux boiteux.

Les livres de Jaime et Hilrud, au départ, racontent la même chose: l’application des principes du natural hoof care.

C’est en gros les principes des besoins fondamentaux de Ancelet! MOUVEMENTS-FIBRES-CONTACTS SOCIAUX… le tout pieds nus, pas tondu, et avec le moins de produits chimiques possible… C’est juste la vie d’un cheval et pas celle d’une « machine cheval ».

Donc, dans le CADRE du « natural hoof care » (NHC) il a bien fallut rentrer concrètement dans le vif du sujet, la gestion des pieds!

Jaime et Hilrud ont eu l’intuition qu’il suffisait de « copier la nature » qui fait si bien les choses (ce qui n’est pas faux…).

Vous avez donc surement pu voir ces pieds des milliers de fois:

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Ce sont des pieds d’un mustang du sud-ouest des USA. Sauf erreur, c’est un pied de cadavre déshydraté. C’est ce pied qui a servit de MODÈLE pour bâtir un enseignement.

Nos 2 compères se sont basés sur la forme de ce pied pour bâtir un cahier des charges de ce qu’ils pensaient être un BON pied de cheval…. domestique!

Voilà l’erreur fatale du début. Observer des pieds de chevaux dans UN environnement (celui que tu as choisi pour aller observer des chevaux dans leur milieu) et penser que cela pourrait en faire une règle générale. Le NHC s’inscrit dans une démarche holistique puisqu’il place avant tout les conditions de vie du cheval au centre du système de gestion du cheval domestique. On essaye donc de « copier » les conditions de vie du cheval féral pour se rapprocher des conditions de vie les moins traumatisantes pour le cheval domestique. C’est-à-dire essayer d’éviter tous les problèmes connus du cheval domestique: les coliques, les boiteries, les problèmes respiratoires et les troubles du comportement (en gros). Tout cela était bien connu puisque déjà étudié par le Dr Bracy Clark, mais également J.G. Wood ou Miles, Fernley, Ransom, Treacy, Kendall, Youatt, Fleming… au 19è.

Les pieds étant centraux, ils ont pensé qu’on pouvait faire pareil que pour les conditions de vie et se contenter de « copier » la forme des pieds des chevaux féraux pour qu’un cheval domestique puisse fonctionner sans problème.

Le problème, c’est que c’est l’environnement (donc la stimulation) qui FORGE le sabot du cheval et permet le développement du pied. L’environnement est donc primordial.

Il sera donc très facile pour un cheval vivant dans un « paddock paradise » depuis longtemps, d’avoir des pieds de mustang… Il en est de même pour un cheval vivant dans des conditions similaires, comme le nord de l’Afrique, l’Espagne, le sud de la France… Terrains durs et secs.

Les choses se corsent quand on passe la Loire…. Le taux d’humidité et le type de sol changent drastiquement et cela va donc venir orienter différemment le fonctionnement du pied et donc la forme et la structure du sabot. On sait, en Europe, depuis longtemps que les chevaux ont des pieds de formes différentes suivant s’ils sont Belges ou Égyptiens…  Et oui,  nous on a internet… Mais J.G Wood l’explique aussi très bien dans son ouvrage de 1880! Le mec a voyagé et a vu les différences de pieds. Il a même vu que si tu descends un Belge au soleil, ses pieds vont changer et vice-versa… Ce qui nous prouve que l’environnement est primordial!

Hilrud a donc observé les mustangs et étudié la littérature scientifique disponible à l’époque…. et donc les écrits de Bracy Clark! Il était véto lui aussi et il a publié sur les dégâts de la ferrure à la fin du 19è. L’étude bibliographique disponible peut contenir la bibliographie de Rey* (chose que j’ai fait en partie également) mais vous ne trouverez pas grand chose sur le parage ou la podologie équine là-dedans…

Hilrud a dû innover… en se basant sur des écrits anciens et en se passant des recherches de Bowker, qui n’a commencé à publier que bien plus tard! Elle est partie des chevaux féraux et des conditions de vie naturelles et à commencé à réfléchir et à théoriser sur la forme des pieds féraux pour les appliquer aux chevaux domestiques.

Comment on fait pour mettre en place une méthode?

C’est comme pour construire une maison… faut une base solide… des fondations!

La fondation du pied du cheval? P3… la 3è phalange. Pensez bien que la dame part d’une feuille blanche et n’a comme bagages que sa formation de véto … autant dire RIEN! (en ce qui concerne les pieds je veux dire… pas taper!)

Elle va donc partir sur une étude « scientifique » de P3 (conditionnement oblige!).

Scientifique veut dire « reproductible »… qu’est-ce qui dans le « vivant » est reproductible?

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Les mesures? … des angles! Bingo! Elle va mesurer les angles de P3 et en déduire les angles de la boite cornée qui la recouvre. Logique! Dans les faits, la FAMEUSE étude qui nous expliquerait que TOUS les chevaux ont un angle de P3 de 45° n’est pas bien claire… ce qui est logique vue que c’est avant tout l’environnement qui va conditionner la forme du sabot…donc du pied… donc de P3…  Ce qui fait que suivant l’environnement, et bien P3 pourra changer de forme et donc d’angle… mais passons.

P3 étant la fondation des structures du pied du cheval, on peut construire un pied à partir de sa fondation. Cela donne ça:

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Avec des angles trouvés sur les P3 d’un (petit) échantillon de chevaux, on peut créer un outil (un plexiglass) indiquant ces angles, qui pourra servir de modèle pour reproduire les angles sur TOUS les chevaux. Cela permet de faire coller la théorie à la pratique et de l’enseigner, de manière scientifique… c’est-à-dire reproductible! C’est très facile après pour un praticien de « couper du sabot » pour le faire rentrer dans le PLEXIGLASS.

Les grandes lignes sont posées…. Une vie « au naturel », pas de fers… et des angles standardisés pour coller avec ce qui se fait chez les mustangs. De part son origine Allemande, elle est (je pense) assez familière des techniques de naturopathie et des médecines « alternatives » puisque très répandues là bas. Sur son site elle indique d’ailleurs bien comme un principe de base: « Beseitige die Ursache » … Éliminer la cause ! Qui est bien le principe de base de la naturopathie, qui se différencie de l’allopathie qui est le traitement des symptômes. Elle est donc familiarisée avec les concepts d’homéostasie et d’hormèse, à savoir que c’est l’organisme qui se répare tout seul en fonction des conditions qu’il subit (c’est marrant que Lapierre puisse en parler aussi tout en arrivant à rejustifier la ferrure…).

Le problème, c’est que sa vision de l’homéostasie est trop radicale et qu’elle prône véritablement la mise en souffrance pour amener l’organisme à se réparer (c’est le principe bien connu en médecine vétérinaire des « feux », qu’ils soient chirurgicaux ou chimiques).

L’autre problème lui vient également de sa base d’enseignement vétérinaire, à savoir partir du postulat que le cheval marche sur sa paroi! C’est d’ailleurs pareil avec Jaime, puisque lui c’est sur sa formation de MF qu’il se base… et donc même en regardant longtemps les mustangs, ils reste sur l’idée de base qu’ils marchent sur leur paroi!

C’est là un dramatique point de départ puisque, si on considère que c’est faux, cela amène tout le reste de la réflexion dans une mauvaise direction!

Sa démonstration du fonctionnement du pied sabot en est la preuve: http://hufgesundheit-strasser.com/das-eimermodell/

Le demi-seau représente bien le sabot… dans les angles qu’elle a déduit d’une P3… mais toute la démonstration qui s’en suit tombe à l’eau… POURQUOI?

Parce qu’on ne peut PAS dissocier les structures! LE PIED du cheval (et pas le sabot) fonctionne comme un TOUT! La somme des parties n’est pas égale au tout*. L’erreur commise depuis 200 ans (et plus) de penser par la partie visible de l’iceberg amène les scientifiques et les MF à réfléchir à partir des structures EXTERNES, le sabot!

Le PIED du cheval est un ensemble INDIVISIBLE de structures INTERNES ET EXTERNES qui ne peuvent se concevoir QUE : ensemble ET en mouvement! Donc sur un animal VIVANT !

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C’est une chose que Lapierre, qui a lui aussi étudié Clark, Jackson et Stress aire… (puisque plus jeune), a découvert. La mécanique statique de nos ancêtres ne pouvait pas expliquer le fonctionnement du pied du cheval! La biomécanique n’est possible que dans l’étude de la cinématique (basée sur le mouvement) mais cela n’est rendu possible que par la vidéo… c’est donc une science moderne. Tout ce qui est basé sur la mécanique statique ne peut pas se rattacher au vivant… Les leviers, les poulies, les vecteurs… doivent être corrélés aux mouvements…. mais pas que, puisque un être vivant « ressent » et donc pourra être influencé par son environnent extérieur mais AUSSI par son environnement intérieur! Ses pensées… ses émotions… sa digestion… ou les conséquences de sa dernière cascade… voir les conséquences des traumatismes qu’ont subies ses grands parents…

Lapierre a donc étudié la cinématique de la foulée et la bioénergétique, donc la façon dont les structures vont gérer l’énergie cinétique de la locomotion et notamment par le système sanguin. Tout cela a été rendu possible grâce aux recherches de Bowker… mais tout cela n’a pas été pris en compte par Hilrud, tout simplement parce qu’elle est arrivée avant!

DONC, la méthode se base sur des angles imaginaires reproduit à l’identique quel que soit le cheval grâce au plexiglass?

OUI… c’est dramatique de penser que TOUS les chevaux aient besoin d’avoir les mêmes angles au niveau de la boite cornée.

Dans la pratique, cela donne des pieds standards:

Version pince longue:

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Les pinces laissées volontairement trop longues sont dues au fait qu’ils ne doivent pas toucher « au croissant de lune » qui n’est autre que le « toe callus » ou la zone de pince en Français. Cela donne une pince trop longue, avec une désastreuse gestion du break-over, qui amène des seimes et des décollements de paroi.

Version pince tronquée:

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On notera les angles de pince et de bourrelet coronal identiques (logique plexiglass).

On notera également les talons ultra bas… Ce qui est logique vue l’angle imposé de la pince et du bourrelet. Il est quand même indiqué dans la méthode que la hauteur des talons peut elle aussi être fixée pour TOUS! (Yvonne l’explique bien*)

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Pourquoi? Sûrement parce que c’était la hauteur des talons de notre FAMEUX pied étalon:

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Mais pas que… puisqu’une autre grande règle de la méthode veut que P3 soit à « PLAT » donc avec un angle de 0 degrés par rapport au sol. La raison semble tenir sur cette radio:

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A gauche notre fameux pied, avec un truc métallique dessus comme repère.

A droite un pied de cheval domestique suivi en Lapierre. Vous noterez la différence d’angle de P3. Pour mettre P3 à plat, il faut baisser les talons… donc les praticiens « baissent les talons » jusqu’à obtenir leurs mesures… ce qui va poser problème, compte tenu du fait que les pieds ne sont pas tous comme celui pris comme base de travail !

L’étude qui dit que tous les chevaux ont des P3 à plat est la même que celle qui dit qu’ils ont des P3 identiques… A l’heure actuelle, il n’y a plus AUCUN vétérinaire pour soutenir cette thèse.

Il est dit en séminaire, que TOUS les chevaux peuvent bénéficier des mêmes angles et hauteurs de talon, parce que leurs P3 sont identiques… en hauteur… seule change la largeur! BIGRE!

Quand tu sais que le bord distal (le plus bas) de P3 (B) est à mi-chemin entre l’apex de la fourchette et le bord de la pince et que le processus extenseur (A) est juste sous le bourrelet coronal… Les processus palmaires (C) presque au niveau du SOC…

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tu comprends très vite qu’entre un shetland et un comtois on aura bien des P3 différentes ! Donc, que finalement tous les chevaux ont des P3 différentes… VU que les mesures de leurs sabots sont différentes! Donc ces histoires d’angles exactement similaires pour tous les chevaux ne peuvent tout simplement pas s’appliquer!

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C’est à se demander comment la supercherie a pu tenir si longtemps…. L’ignorance des gens… et le fait qu’ils ne vérifient pas les infos qu’on leur donne!

DONC, si les P3 sont différentes ET que c’est avant tout l’environnement qui dicte la forme du pied, comment peut-on appliquer UNE même règle pour tous les pieds? Ben on peut pas.

Descendre les talons pour mettre P3 à plat amène plusieurs conséquences désastreuses.

Déjà, il faut savoir que l’angle palmaire d’un cheval domestique SAIN est considéré par le monde « scientifique » mondial, comme étant grosso merdo de 6°… cela peut varier de 5 à 8°… mais j’ai déjà vu des chevaux « opérationnels » à plus de 10°… Vers 15° on commence à se poser des questions… au delà de 20° la bascule est avérée… on a laissé les talons partir en couille. La communauté scientifique mondiale explique aujourd’hui très bien qu’un angle palmaire de zéro est pathologique… de même qu’un angle négatif.

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En rouge, à gauche, angle palmaire négatif. A droite, angle palmaire trop prononcé.

Hilrud, elle, enseigne zéro comme la norme pour avoir un pied sain et fonctionnel. Je veux bien que les idées novatrices ne soient souvent « au début » pas reprises par la majorité… mais là, depuis 30 ans, on a quand même assez de preuves que l’angle palmaire à zéro est un signe de pathologie. Pourquoi?

Cela tient au fonctionnement du pied du cheval! Je l’ai longuement détaillé dans divers articles…. lien lien lien.  Lapierre sur les bases de Bowker (et d’autres) a théorisé le fonctionnement de l’arche interne (lien) et on finit par très bien comprendre que pour fonctionner correctement, c’est-à-dire gérer correctement l’énergie, on ne peut pas QUE compter que sur la paroi (le seau coupé de stress aire) mais sur un ensemble de structures et que ces structures, en interaction permanente, ont besoin d’amplitude de mouvement:

Cette amplitude, certains l’appellent concavité… mais c’est pas ça… puisque Hilrud aussi ira chercher de la concavité en la creusant à la rénette dans la sole…. non, c’est plutôt l’angle palmaire! Ainsi, va rentrer en ligne de compte le développement (donc le volume) des structures palmaires (arrières) du pied. La possibilité donnée à P3 de venir mettre en contrainte les structures qui composent le pied et le sabot… Beaucoup d’auteurs ont décrit les variations de largeur du sabot en charge ou hors charge… L’erreur d’Hilrud à été de ne considérer qu’un mouvement vertical d’écrasement… la FAMEUSE pompe… avec son support la fourchette… basé sur les déformations de la paroi, puisque selon eux (elle) le cheval y trouve son principal support !

Dans sa tête, ça tient debout son truc, le cheval en appui sur sa paroi, déforme son sabot sur un axe vertical, en offrant un maximum d’appui par une P3 bien à plat, qui tire donc les lamelles (lamina, chaire feuilletée) vers l’intérieur, avec un mouvement permis par l’écrasement de la sole qu’on a bien pris soin d’évider, pour laisser du mouvement…

On enlève les barres… qui peuvent venir rentrer dans le pied… et provoquer la maladie naviculaire… parce que « frottant sur le sésamoïde distal »… ! Ben oui, logique, vu que toutes les P3 sont pareilles… tous les pieds sont pareils… donc toutes les barres vont venir rentrer dans le naviculaire à cause du mouvement vertical de la pompe…

D’où vient l’idée?

De démonstrations faites en séminaire, avec des sabots vides.

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Boite cornée sèche, d’un pied aux structures palmaires atrophiées, qu’ils appellent un pied « contracté ». Déjà, ça induit en erreur les gens… parce que « contracté » peut laisser penser que ça peut se « décontracter »… logique! Or, même si dans les faits, à la suite d’un suivi podologique régulier et de différentes approches correctives (ostéo, environnement, alimentation, etc.) on peut amener les structures internes à retrouver un volume et une forme corrects qui feront s’élargir les talons, on parle avant tout de CROISSANCE des structures et donc d’un développement… et pas d’une simple « décontraction » qui est un processus physique totalement différent. C’est peut être un détail, mais ça en dit long sur la compréhension du fonctionnement du pied et donc leur absence de prise en compte du fonctionnement des structures de l’arrière du pied…

Les lignes rouges, montrent les arrêtes laissées par le fond des lacunes collatérales.

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Vu comme ça, on voit très bien l’épine de la fourchette, les lamelles hépidermales et un peu celles des barres et donc les lacunes collatérales. On voit très bien que sur une boite cornée « fraîche » cela ne fait pas des arrêtes vives et on comprend aussi que des cellules « fraîches » c’est pas « coupant »… donc montrer aux étudiants ou aux proprios en séminaires des boites cornées sèches, contractées, devenues très dures peut aussi induire en erreur ! Style: « touchez avec vos doigts là! C’est coupant et très dur hein? Voyez comme ça peut venir abimer le naviculaire! » La démo est parfaite. Sauf que…..

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Voici la position de P3 dans sa boite cornée, en bleu la position du sésamoïde distal, en jaune la position des barres (indiquée par la position des lamelles qui les produisent) et en vert, le « cul de sac » des lacunes ou « l’angle de la barre ».

On voit très bien que les barres orientées vers l’arrière du pied ne peuvent, que si elles reposaient au sol bien droites (ce qui n’arrive jamais), « rentrer » dans le coussinet plantaire qui est la structure qui les recouvre.

Les barres ont un (des) rôle(s), notamment celui de protéger les processus palmaires et surtout la partie palmaire cartilagineuse qu’on appelle cartilages collatéraux (représentés en blanc). Hilrud, elle, explique que les barres vont gratter le sésamoïde et l’abîmer… C’est anatomiquement impossible… Mais les praticiens vont enlever les barres jusqu’au dessin vert… laissant les processus et les cartilages sans protection… ce qui sensibilise beaucoup le cheval, notamment à la phase d’impact et pour la gestion de la distorsion (indépendance des 2 talons). Cette histoire m’a beaucoup fait réfléchir parce que j’ai toujours trouvé très paradoxal qu’une personne qui prône le naturel et les pieds « physiologiques » (à sa manière) puisse concevoir que la nature ait placée une structure de protection (la barre) de manière à provoquer une blessure au cheval… et qu’il fallait donc l’enlever tout le temps! Si on copie la nature, c’est parce qu’elle fait bien les choses, donc pourquoi vouloir venir la contrarier toutes les 4 semaines?

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L’étude de photos de pieds féraux montre des barres…. ce qui est encore plus inquiétant.

La suite…

Mettre P3 à plat baisse les talons et prive le pied du fonctionnement de son arche interne, puisque P3 n’a plus d’amplitude de mouvement vis à vis des structures arrières. Les structures arrières, on l’a vu dans le dernier article, gèrent l’énergie de l’impact, lors du posé talon en 1er.

Pour ce faire, on est obligé d’enlever beaucoup trop de matière… les praticiens râpent et creusent à l’aide de 2 rénettes les structures cornées (2 parce qu’avec une seule, on ne fait travailler qu’un bras et l’opération est trop fatigante…)  pour littéralement sculpter leur pied idéal. Le GROS problème, c’est que vue que chaque pied est différent…. notamment parce que le développement des structures palmaires n’est pas identique et que les déformations des structures sont aussi propres à chaque pied, et sans tenir compte de cela, ni de l’anatomie MAIS que du plexiglass…. le praticien va toucher les structures vascularisées!

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Que croyez-vous voir? Le sang provient d’où? Certains praticiens (tous…) expliquent à leurs clients qu’il s’agit d’œdèmes, que le pied évacue ses toxines, que cela fait comme une saignée tout à fait bénéfique… Que les structures « gorgées de sang » doivent se vider… et je ne sais encore quelles excuses toutes aussi bidons les unes que les autres… Pour ce cas précis, c’est bien les feuillets des talons qui ont été touchés par la râpe.

Je vous montre cet endroit sur une dissection d’un pied de cadavre.

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Regardez l’épaisseur de tissus cornés, donc de PROTECTION qu’il faut enlever pour atteindre les tissus vascularisés (et ce pied était déjà paré!):

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Je n’invente rien !

Maintenant, accrochez-vous à vos slips!

AVANT / APRÈS lors du 1er parage…

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et oui, les praticiens font ce genre de corrections mutilations sur des chevaux vivants!

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Comparatif entre un pied « normal » à droite et un pied « strasserisé » à gauche.

Vous remarquerez la forme de flamby écrasé caractéristique qui est vendu comme la « décontraction du pied »… ce qui est en fait un phénomène d’écrasement et d’affaissement complets des structures internes qui, sans l’appui mécanique des structures externes, s’écroulent littéralement.

Côté fourchette, ça ne fait pas rire non plus:

Voilà ce qui arrive quand on « nettoie la fourchette » pour assurer son hygiène:

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Le sang coule… parce que le praticien a enlevé les tissus cornés et a touché des tissus vascularisés en coupant des vaisseaux, donc porté atteinte à l’intégrité physique du cheval en pratiquant un acte de chirurgie des animaux. Ceci n’a qu’une seule définition à mes yeux: acte de cruauté et de barbarie. C’est de la MUTILATION et va au delà du simple « mauvais traitement » car les conséquences seront sévères et durables. Mutiler les fourchettes « à sang » ou « à la rosée » est une erreur très grave et prive le cheval de la principale protection de la partie centrale de son pied, ainsi que d’un support très important, comportant bon nombre de capteurs sensoriels.

Si on étudie des photos prises lors d’un séminaire Stress aire de 3 jours, sur des pieds morts, on peut mesurer l’épaisseur de tissu corné qu’il reste au cheval:

Comment peut-on penser qu’un cheval puisse MARCHER, et donc supporter ses 450 kilos sur moins de 4 ou même 2 millimètres de corne?

L’épaisseur de tissus d’un cheval féral est sans comparaison:

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1 pouce  = 2,5 cm… Ce qui nous fait encore une énorme contradiction entre l’esprit de départ qui était de « copier la nature » et l’application sur le terrain par des praticiens qui sont capables d’avouer qu’en 2 ans de formation ils n’ont jamais entendu parler du développement du coussinet plantaire et des cartilages… et donc de leur importance!

Une ou 2 praticiennes m’ont fait part de leurs interrogations au sujet de l’endoctrinement qu’on leur faisait subir en formation. Elles m’ont aussi fait part de questionnements vis-à-vis du fossé constaté entre leurs théories et ce qui se passe sur le terrain.

Je trouve ça très grave. Les praticiens sont virés de l’institut dès qu’ils commencent  à poser des questions qui dérangent… ou à qu’ils commencent à faire des parages « non invasifs »!

J’ai récupéré une dizaine de chevaux suivis par des praticiens Stress aire et à chaque fois c’était une catastrophe… Certains avaient nécessité des soins vétérinaires avec l’intervention d’un MF pour la pose de plaques médicalisées! Le chorion de la sole sortait du sabot… Ce qui est choquant, outre le sang qui coule faute de connaissances anatomiques suffisantes, c’est l’absence de résultats et la souffrance provoquée. Certains chevaux ne se lèvent plus pour aller boire… d’autres ont des retards de croissance et des atrophies musculaires. La faute est tout le temps repoussée sur le propriétaire qui n’a pas fait marcher son cheval sur des cailloux! Le mécanisme de culpabilité fonctionne très bien puisque le proprio voyant son cheval souffrir, espère que cela va s’arrêter « plus tard » mais ne peut se résoudre à faire encore plus souffrir en allant sur des cailloux… chose qui est reprise par les praticiens pour justifier l’absence de résultats! C’est tout bonnement scandaleux.

Le GROS problème, c’est que « cette merde » est aujourd’hui confondue, par les professionnels du cheval, avec la podologie équine… Le « parage naturel » a mauvaise presse pour les véto précisément à cause de ces problèmes que EUX doivent gérer…

Il est dit en école véto et en centre de formation maréchalerie que le « parage naturel » est une grosse connerie…. oui, et ils ont RAISON! Mais il est aujourd’hui temps de comprendre que le « parage naturel » n’est PAS que le parage Stress aire et qu’aux USA il existe d’autres écoles comme ESA*, AHA*, PHCP* ! Il faut aussi comprendre que la PEL se veut être l’anti-méthode stress aire par excellence. Nous ne nous basons QUE sur l’anatomie et nous respectons avant tout les structures internes.

Pour vous donner une idée de la différence d’épaisseur entre un parage qui conseillerait de « descendre les talons à la fourchette » et un parage « PEL » j’ai fait une dissection sur un pied paré d’un côté en respectant la sole au Soc et l’autre côté »talon bas ».

Photo du haut = vue palmaire. Talon de gauche au soc. Talon de droite à la fourchette.

Photos du bas = à gauche, épaisseur de sole au dessus des cartilages.

Vue de droite, l’épaisseur de sole ne dépasse pas la trace du marqueur…

Vue solaire:

DCIM100MEDIA

Le rond rouge représente le soc. Le rond noir (à droite) entoure les lamelles du talon qui sont touchées quand on veut « baisser les talons » sans tenir compte de l’anatomie.

Et oui, parce que la fourchette peut être un mauvais repère! Coussinet angle palmaire

C’est le même pied… mais avec quelques mois d’intervalle. Qu’est-ce qui a changé? Le volume du coussinet et des cartilages ! Précisément les structures qui vont gérer le pic d’énergie à l’impact! Alors comment penser que c’est en enlevant toute la protection cornée sous le pied et surtout derrière, qu’on va améliorer son fonctionnement?

A c’est sûr, ils pensent faire du « bon boulot » et ils mettent du cœur à l’ouvrage!

Mais c’est juste de la torture!

Creuser la concavité à la rénette, leur demande d’enlever de la sole jusqu’au fond des lacunes collatérales (et parfois au-delà), ce qui ne manque pas de provoquer des saignements car l’épaisseur de tissus au fond des lacunes est souvent inférieure à quelques millimètres. L’organe « SOLE » est donc totalement mutilé, dysfonctionnel, ce qui amène encore une fois énormément de sensibilité sans aucune raison valable.

Le cheval a mis 55 millions d’années pour devenir ce qu’il est aujourd’hui: un être pleinement abouti et fonctionnel, un chef d’œuvre d’ingénierie naturelle.

Sa 3è phalange, l’extrémité porteuse de son doigt unique, est recouverte de tissus qui produiront une protection pour assurer une locomotion efficace quelles que soient les conditions… gestion de l’énergie cinétique, support du poids, gestion des impacts… et il existe des gens pour penser que c’est en SUPPRIMANT la protection cornée que le cheval produit chaque minute qu’on va l’aider à mieux marcher?

Certains disent que le parage Stress aire, est à faire UNE fois, et QUE en clinique… car les chevaux doivent évoluer sur des tapis en caoutchouc…

hufklinik

Même si je sais que c’est débile et qu’on peut faire autrement pour TOUTES les pathologies parce que les connaissances de bases de la méthode repose sur de la théorie ancienne….. pourquoi pas… mais dans ce cas, qu’on m’explique pourquoi les praticiens et notamment une très connu de Rennes, peut continuer de faire saigner les pieds « hors clinique » et ce pendant des années????

cs_patrick6

Vous n’aiderez JAMAIS aucun cheval en lui faisant subir ça:

  •  Talons descendus à raz les cartilages.
  •  Fourchette mutilée dans sa largeur et dans son épaisseur à raz le chorion.
  •  Opening cut dramatique, mutilant le PI.
  •  Barres complètement éliminées, supprimées, creusées à la rosée.
  •  SOC descendu à raz les processus palmaires (sang)
  •  Sole primaire creusée au niveau du fond des lacunes.
  •  Sole périphérique râpée au max.
  •  Scoop creusé en quartiers, venant forcer une déformation non maîtrisée.
  •  Pince laissée intacte, donc souvent trop longue, pas chanfreinée.
  •  P3 à plat
  •  Angles imposés de force, sans tenir compte de l’anatomie.

Il n’y a rien qui tient debout. Même leurs théories sur les aplombs soit disant « bien droits » après leur parage ne tient pas… Et on sait aujourd’hui que ce ne sont que des compensations qui sont préjudiciables! (un cheval « sous lui » se rectifiera en 2 séances de shiatsu! Sans rien toucher au niveau du parage…)

L’opening cut et le scoop forcé, sont des débileries également…. on ne crée pas un fonctionnement « forcé », on le construit petit à petit en créant un environnement propice à une vie physiologique et avec des proportions correctes des sabots, donc une forme qui colle parfaitement aux structures internes, en fonction de la forme des pieds du moment et pas celle imaginée comme « correcte ». On doit laisser au cheval un maximum de protection sous ses pieds! Sans corne… ben on ferre…. ou on met des boots… mais on ne laisse pas un cheval posé sur ses tissus vascularisés en pensant lui rendre service…

Les angles imposés sont faux et amènent à un pied pathologique. Pourquoi ça fonctionne chez certains? Parce que quand vous avez ce type de pieds, tennessy

un parage stress aire ne peut pas être pire…. j’exagère à peine mais vous comprenez bien que c’est la même chose que pour une ferrure ortho… ça peut donner l’impression de fonctionner … un moment… puis très vite l’adaptation fait que le niveau de pathologie redevient visible… tout simplement parce qu’on a changé des paramètres et que le cheval ne fait que s’adapter. Si je vous plante un clou dans chaque main, vous aurez très mal… mais si je commence à scier votre jambe, vous oublierez très vite vos clous… en soignant la jambe, vous pourrez vous reconcentrer sur vos mains… C’est un peu la même chose.

Descendre les talons des fourbus améliore la situation… contrairement à ce que pensent traditionnellement les vétos ou les MF… donc un parage stress aire peut donner du mieux, temporairement chez eux aussi…

Mais TOUT le reste est faux, et basé sur des concepts qui ne tiennent plus la route.

Le seul bénéfice de ce parage est de reculer le point d’impact à son emplacement physiologique mais manque de pot… ils ne le savent même pas !

Il est temps que les praticiens stress aires arrêtent leurs conneries et acceptent de s’être faits tromper par des formateurs qui eux aussi se sont faits tromper par une dame de bonne foi (son but était d’aider les chevaux!), qui n’a pas su faire évoluer ses concepts et qui s’est elle aussi trompée sur les bases théoriques de départ (paroi porteuse, angles imaginaires, mutilation inutiles… ).

Accepter de s’être trompé est une réelle preuve d’intelligence. Ce n’est pas un échec mais bel et bien une victoire sur soi-même.

On peut tous collaborer pour avoir une méthode universelle, ouverte et collaborative.

La PEL n’est pas un modèle figé, fermé et vertical… c’est un modèle ouvert, évolutif et horizontal… contrairement à ce que pensent certains. Je suis ouvert au débat à condition qu’il y ait de VRAIS arguments en face, c’est à dire des FAITS et pas juste des concepts farfelus ou des trucs que j’ai déjà invalidés.

Bref. Je demande à TOUS les propriétaires de se poser les bonnes questions.

Je demande aux instances de prendre des décisions radicales pour qu’on arrête cette boucherie.

Il faut pour cela donner un cadre légal aux praticiens qui ne veulent pas poser des fers et donc pas passer 800h à apprendre à forger… et poser les bases d’un cadre théorique et pratique d’un parage respectueux des besoins physiologiques et anatomiques du cheval domestique.

Cette histoire d’une évolution après le test de plusieurs « méthodes » n’est pas la seule mais est, je pense, assez parlante: page FB*

La PEL fonctionne très bien… ça énerve… pourquoi? au final, on s’en fout, l’important n’est-il pas le résultat avant tout?

PS: J’ai le manuel d’orthopédie qui est la bible de la méthode (donc, je peux parler en toute connaissance de cause). J’ai eu les cours de différentes personnes ayant suivi les séminaires. J’ai discuté avec des élèves et des diplômés. J’ai VU et repris des chevaux suivis avec cette méthode en France mais surtout en Suisse où ils prolifèrent, avec en plus des variantes issues d’élèves devenus dissidents et qui ont monté leurs propres écoles, mais qui au final font la même merde et la font payer une fortune! J’ai reçu et écouté les témoignages de propriétaires blessés d’avoir fait souffrir inutilement leurs chevaux en pure perte et ce par mails, sur les forums et lors de mes formations. Ces gens ont HONTE d’avoir été bernés par des praticiens aux talents de manipulateurs avérés… Je comprends leur détresse face à leur volonté d’aider leurs chevaux mais devant subir le cynisme et les critiques des « pros-fers » qui pouvaient s’en donner à cœur joie!

J’ai eu aussi la très mauvaise surprise de voir l’état de souffrance avérée d’une cavalerie dans leur nouveau QG près de Rennes (qui dure depuis 2 ans…) et plus récemment sur la reprise d’une écurie complète que je suivais depuis 6 ans et qui s’est transformée en véritable catastrophe avec à la clef, une inspection DSV, des idées de pétition et des professionnels qui préfèrent quitter leurs postes plutôt que d’assister au spectacle insupportable des flaques de sang de 50 cm sous les pieds à chaque parage!

L’endoctrinement des élèves et des praticiens est tel qu’ils nieront tout en bloc et ce, avec beaucoup d’agressivité…. c’est pour cette raison que j’invite les gens à m’envoyer des photos et des témoignages pour définitivement clore le sujet et que plus aucun autre cheval n’ait à subir ces opérations chirurgicales sans anesthésie…

N’ayez plus honte! Il est temps de dire à tout le monde que cette mascarade doit cesser de façon à ne plus provoquer d’amalgames entre une « boucherie » et une podologie équine avant tout respectueuse de l’intégrité physique des animaux!

18 réflexions sur “Stress … aire !

  1. Salut,

    Merci pour ton article, c’est génial, bien qu’encore un peu balbutiant dans mon esprit et extrêmement dur à accepter, mais je sens que j’approche d’une compréhension claire et de la certitude que ma jument aurait évolué différemment (et survécu ?) à sa fourbure si elle n’était pas passée entre les mains maladroites/expertes/barbares/ignorantes (rayer la/les mention(s) inutile(s)) d’une pareuse Strasser quelques mois avant l’accident.
    Je vais relire…

    A+

  2. J’avais vu une fois sur un site internet clamant cette méthode une photo de pied. Franchement superbe, bien proportionné, bien équilibré, charnu et agréable à regarder, on pouvait voir un beau pied fonctionnel, concave, avec à peine 1mm de paroi au delà de la sole, une belle fourchette. Vraiment un pied magnifique. Je me suis dit tiens, la méthode évolue vers le mieux on dirait!

    Sauf que j’ai eu la larme à l’oeil quand j’ai réalisé que c’était une photo avant parage, le cheval n’avait pas été paré depuis 2 mois, et les photos suivantes montraient une vraie boucherie: entre 1 et 1.5 cm ont été enlevés au niveau de la paroi sur tout le tour (alors qu’elle ne dépassait pas plus d’1 ou 2mm de la sole), la sole périphérique a été nivelée, la sole primaire creusée, les barres enlevées, la fourchette rasée. Pas de sang, mais des tissus rosés et une vision de moignon sur lequel on imagine pas un cheval marcher. Voir la photo as qualifiée de « WTF » dans l’article.

    La seule conclusion constructive qu’on peut en tirer, c’est qu’il faut au moins 2 mois pour que le pied se reconstitue correctement après un tel traitement 😦

      • C’est clair! Faut bien que ça cicatrise…

        En fait, en Suisse on a pas mal de pareurs Biernat, issus et influencés par Strasser. Pendant longtemps, ça a été l’unique formation accessible ici. Maintenant on a la formation DAEP également. Donc que choisir 😀 (rire jaune).

  3. Bonjour,

    J’aime beaucoup vos articles sur la podologie équine et, même si, aujourd’hui, je n’ai plus de chevaux de randonnée à moi (trop vieux… écuries trop chères!), je continue de pratiquer le parage des sabots « au naturel » chez mes amis randonneurs et continue de m’intéresser beaucoup au sujet.

    Je ne vous écris toutefois pas QUE pour vous féliciter de vos recherches méthodiques fouillées et souvent critiques (d’où, pour moi, leur intérêt), mais aussi pour vous reprocher un peu votre apparente indifférence à la pratique d’une langue française non pas seulement simple (la vôtre l’est, et elle est même parfois un peu « verte », ce qui en fait la vivacité…), mais minimalement «correcte» (de ce côté-là, vous avez, je crois, du pain sur la planche…) !

    Si vous me répondez en me donnant une adresse de courriel électronique (« e-mail ») appropriée, je vous joindrai par retour un fichier MS Word dans lequel j’ai copié-collé votre article sur « Stress… aire! » et me suis amusé à le « réviser », comme je le fais depuis plus de 40 ans pour mes traductions… (Comme vous voyez, je suis, moi aussi, friand des points de suspension…).

    Ce n’est rien de très méchant, mais cela vous permettra de juger sur pièce ce que cela signifie d’écrire en se préoccupant autant de la forme que du fond. Et je n’ai pas la prétention de vous apprendre notre langue (le français), mais seulement de vous montrer comment un bon auteur (que vous êtes, de toute évidence, puisque, même dans vos moments « conciliants », vous parvenez à nous captiver…) peut prévenir les éventuels « agacements » qu’un lecteur qui vous est acquis pourrait malgré tout ressentir à vous lire, seulement à cause des « coquilles » et autres « défauts d’accords simples » que vous ne vous appliquez pas d’emblée vous-même à supprimer!

    Équinement et amicalement vôtre,

    Fernand Legros
    Canada

    • Bonjour Fernand,

      Merci pour votre attention.

      Certains s’intéressent au contenue du texte, d’autres à la manière de le rédiger…
      Je ne fais pas partie des seconds… Les mots ne sont que des outils, que j’utilises difficilement n’étant ni littéraire, ni matheu… (les chiffres ou les lettres ne me sont pas familiers)

      Je suis un sensoriel intuitif… je tapes au km, essaye tant bien que mal de sortir une petite partie de mes idées et hop, je balance. Passer 3 heures à chercher des fautes que je ne vois pas, ne m’intéresse pas du tout car cela m’est TRÈS pénible.

      Vous êtes plusieurs à m’avoir envoyer des copier coller corrigés…. sauf que ne voyant pas les fautes, je ne puis voir les corrections… donc cela m’est inutile.

      Une personne bienveillante va relire et corriger les fautes en ligne sur l’interface wordpress et tout le monde sera content.

      Bonne continuation.

  4. Bonjour, je connais bien cette méthode pour l’avoir apprise et je suis d’accord avec les critiques concernant la mise en pratique de cette méthode de parage. Je ne suis pas un praticien endoctriné, j’ai un cerveau et je l’utilise, alors oui, j’ai modifié ma façon de parer, (je ne taille pas la sole, je ne creuse pas les barres, je ne fait pas saigner, je ne suis pas figée sur les angles, je n’utilise pas le plexi qui nous fait dire ce qu’on veut, etc ..) pour les chevaux et grâce aux chevaux qui continuent de faire évoluer ma pratique en plus de mes recherches théoriques. Je ne suis pas agressive, plutôt très ouverte d’esprit et je ne cherche qu’à progresser pour leur bien-être; Je suis d’accord que les différents courants de podologie devraient se donner la main car chacun a des approches différentes et complémentaires et de nombreux points communs même s’ils ne le formulent pas de la même façon. Je pense qu’il n’y a pas UNE méthode valable pour tous mais qu’il faut s’adapter à chaque cas en fonction de nombreux paramètres et modifier son approche aussi souvent que nécessaire pour que le cheval soit au mieux. Plus on a de corde à son arc, mieux c’est !! Mais je ne renie pas les connaissances que j’ai apprises, c’est une approche qui a ses fondements argumentés. Votre approche , tout comme celle de J.Jackson est différente, elle amène une autre dimension très intéressante et certainement indispensable qui, pour moi, complète et non discédite, les travaux de Hiltrud. Je voulais donc apporter des corrections votre article: Elle n’a pas pris comme unique modèle le pied du mustang mais a étudié les pieds de nombreux chevaux de par le monde et elle en a tiré des caractéristiques communes à tous (et des différences en fonction des milieux de vie, etc.) notamment les angles, qu’il faut considérés comme des aides et pas en précision au mm. Votre photo le démontre d’ailleurs: 135° +45°= 180°, donc on a bien un angle de 45° du bord frontal de P3 avec le sol. pour la hauteur des talons, c’est 3.5 cm en moyenne, plus pour un trait, moins pour un shet. Concernant le naviculaire, elle dit que les barres si elles sont trop hautes, pendant trop longtemps, provoquent une douleur à l’intérieur du pied, dans la région de l’os naviculaire et non pas que les barres frottent le naviculaire. Elle considère aussi de manière très importante les structures internes à l’arrière du pied, et insiste sur leur capacité de déformation, de torsion et d’absorption de chocs; Voilà, je n’excuse pas la pratique que j’ai remise en cause et modifiée, afin que les chevaux soient bien dans leurs pieds et que ceux ci s’améliorent ! ! Je tenais quand meme à apporter ces précisions mais je ne veux pas polémiquer, juste échanger 🙂 !! merci

  5. Merci Guillaume pour cet article bien documenté et illustré. Cela m’a rappelé mon périple exotique depuis 2006 dans le parcours du pieds nus. J’ai eu le mêmes références et lectures que tu cites, « souvenirs, souvenirs » … Et je me serais bien passée de quelques mois d’expérience Strasser, comment ai-je pu être aussi c…
    Je suis ostéo animalier et j’ai fait moi aussi partie de la fournée du premier stage de KC en France chez Magali Régnier près de de Rennes 😉 Quel apaisement !…

    J’ai croisé il y a quelque mois une cliente qui a tenté l’expérience Strasser. Jusque là, son cheval été suivi par un maréchal et tout se passait bien… Appelée en urgence pour ce cheval « bloqué du dos », j’ai vu directement que le parage et l’aplomb avait été modifié sévèrement. J’ai soulevé le pied et là, j’ai balancé le verdict Strasser avec tout le discours qui va avec et que je connais bien (les barres qui comprime le pied, le temps de réadaptation avec les toxines qui risquent de faire des abcès, etc…). La cliente a trouvé très surprenant que je sois capable de lui « recracher » tout le discours de sa pareuse. Evidemment, je lui ai dit d’arrêter tout de suite. Voyant son cheval souffrir dans un pré boueux en plein hiver, elle a re-ferré pendant 4 mois le temps que ça repousse et aujourd’hui, le cheval est revenu à ses pieds nus d’avant et c’est juste un très mauvais souvenir…

    Néanmoins, une chose est vraiment surprenante dans tout cela. Cette pareuse disait s’être formée en Allemagne mais qu’elle ne pratiquait pas la méthode Strasser. Comme je ne voyais pas de nuance, je me suis rendue sur le site institut équin dont tu parles et là surprise !!! Rien n’a changé, le nom, mot Strasser a simplement été supprimé, sait-on jamais peut être que c’est suffisant pour éliminer toute cette mauvaise presse, bref hallucinant 😉 !!!

  6. Bonjour Guillaume, pourrais-tu reexpliquer le rôle des barres et l’importance de les laisser? Stp en tous cas, un grand bravo!

    • Bonjour,

      Je ne les « laisses pas » … Les barres peuvent créer des points de pression si elles migrent sous P3… mais pas la maladie naviculaire.

      Je ne pourrais pas détailler içi, en 3 mots le rôles des barres et la façon de les gérer de manière physiologique…

  7. Bonjour Guillaume merci pour cet article, je comprends mieux pourquoi les parages naturels sont mal vus par beaucoup de gens , j ai deja transmis l article a plus de 150 personnes dont un maréchal ferrants et 4 vétérinaires que je connais. Quelques un m a suggère de le proposer a publier dans le magazine cheval pratique, est tu d accord? Veut tu le publier en masse? A l UFM , aux vétos. De l avef ?

  8. Bonjour,

    J’ai moi-même fait subir cet horrible parage à mon cheval en 2008. Il aura fallu seulement 4 mois à mon trotteur pour que ses pieds disent stop! J’ai des photos qui témoignent du parage plus qu’invasif ainsi que des photos montrant la déformation des pieds et l’altération de la qualité de la corne.
    Mon cheval si adorable pour l’entretien des pieds ne voulait même plus me les donner. Il a fini par sortir un abcès sur un antérieur. L’abcès a percé en glôme sur 5cm de large. Cela ne s’est jamais reproduit depuis. A ce moment je me suis rendue compte de la détérioration des pieds de mon cheval. Il n’avait jamais eu des pieds aussi catastrophiques.
    J’ai adhéré pendant quelques mois à cette théorie Strasser qui dit qu’il faut mettre le pied à nu pour repartir de zéro et rebâtir un pied parfait….et oui! Il y avait peu de praticiens à l’époque et peu d’informations sur le pied nu donc comme beaucoup je me suis intéressée à toutes les méthodes. Ayant une pareuse Strasser pas loin de chez moi j’ai cru que ça allait être la solution, le parage tant attendu qui allait me transformer les pieds de mon trotteur en pieds de mustang! Par ailleurs j’ai aussi effectué un stage Strasser et je me suis momentanément beaucoup investie apprenant notamment les techniques de parage citées dans l’article.

    Depuis je me suis largement excusée auprès de mon cheval pour cette erreur qui heureusement a été vite corrigée par mon cheval lui-même! Mais pour cela j’ai arrêtée de toucher ses pieds pendant au moins 4 mois.
    Il y aurait encore beaucoup à dire mais bravo Guillaume pour cet article très juste qui relate tout à fait ce que mon cheval et moi avons vécu!

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