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Comment faire n’importe quoi avec de la technologie de pointe? L’ignorance, vous pouvez lui adjoindre tout l’argent du monde, toute la technologie du monde, vous resterez dans l’ignorance…

J’ai la grippe, je suis pas très bien et en ces temps de « coronavirus » où quelques symptômes de rhumes vous font partir en quarantaine à l’hôpital… Je reste chez moi quelques jours.

Mon mur FB me montre un truc…

Je suis encore une fois dépité.

C’est une société qui vend un logiciel très performant d’analyse d’image par IA (intelligence artificielle) et qui du coup présente comme « très professionnel » de la part d’un MF de collaborer avec une clinique qui a sans doute acheté le fameux logiciel. (c’est super, là n’est pas le problème)

Toutes les mesures ne servent strictement à rien. Pourquoi?

Ce sont des mesures de la paroi externe, de l’extérieur de la boite cornée. En d’autre terme, de la corne qui dépasse du pied, donc qui sera coupé au parage… Ce sont des mesures faites avant parage donc qui ne sont que le reflet de déformations dû à l’avalure (la croissance de la paroi qui dépasse de la sole) donc que le reflet des déformations ou de la pousse « normal ». Qui disparaîtront après parage…

Quel est l’intérêt de mesurer des déformations? Faire un suivit? Voir que dans 6 mois le sabot sera plus déformé ou moins déformé? Par rapport à quoi? quel est la référence? Si c’est pour faire des statistiques des différences de mesures à 6 mois, pourquoi pas, mais concrètement ça sert à quoi pour le cheval?

C’est aussi utile que de se mesurer la longueur  d’un cheveux sur sa tête pour évaluer sa bonne santé mentale, dans l’idée.

Mesurer le sabot n’a pas beaucoup de sens… pas plus que de mesurer des chaussures usées pour étudier l’anatomie des pieds d’un joueur de tennis…

Tout l’intérêt des mesures, c’est de mesurer le PIED et ses tissus mous, donc ceux qui sont important pour la santé … du pied… donc du CHEVAL, et c’est aussi parce que c’est bien les tissus MOUS, vascularisés, qui produisent la corne! (et qui sont victime des pathologies…)

On peut aussi noter la mutilation du pied.

La fourchette a été « scalpé » dans toute sa surface sur son épaisseur. Aujourd’hui, on sait que c’est une pratique qui non seulement ne sert à rien mais en plus provoque la rétractation des vaisseaux qui vascularisent le chorion de la fourchette (source Dr Robert Bowker). La fourchette est un tissus de protection et de support donc lui enlever de l’épaisseur revient à lui réduire sa fonction… sans compter les conséquences à long terme de la perte de vascularisation, donc de la possibilité de gérer l’énergie cinétique. (Le pied du cheval utilise son système vasculaire très complexe pour gérer l’énergie cinétique de la locomotion).

La sole périphérique en pince a été enlevé. (Logique, c’est la procédure…)

La sole périphérique permet de protéger le bord distale de P3 (l’extrémité de l’os, sa pointe) et de créer un point d’appui en pince qui forme la concavité et sert de support à l’arche interne. Une fois enlevé, le pied du cheval ne peut plus fonctionner…

Sur un pied SAIN et FONCTIONNEL, la sole périphérique est visible et forme une sur épaisseur sur tout le tour de « la sole ». (C’est plus précisément ce qu’on appel la « sole périphérique » en podologie).

La gestion du PB!

Je me suis basé sur les travaux de G. Ovnicek pour définir le point de bascule (PB) anatomique (lien) et on peut voir que sur ce pied:

Le point de bascule est … dans les choux, comme sur de très nombreux pieds ferrés.

Ho ça va, je déconne! (mais ça reste vrai quand même…)

Ovnicek a bien mis en avant l’importance de la gestion du PB dans la cinématique articulaire et notamment dans la gestion de la phase de « bascule » le fameux « break over ». Les MF ont compris qu’il fallait faire attention à cette phase de la locomotion, il ont donc fait un chanfrein sur leurs fers en pince, le non moins fameux « rolling »… Mais pour autant, le rolling ne saurait corriger une distance de plusieurs centimètres de décalage.

Le décalage du PB de son point anatomique réel, càd là où la cinématique articulaire est « physiologique » (càd dans sa fonction, non lésionnelle) va engendrer une augmentation du bras de levier en pince autour du point de rotation de l’articulation interphalengienne distale. (point de rotation entre P3 et P2). L’augmentation du bras de levier va donc demander plus de force ou plus de temps pour générer le même mouvement, à savoir la bascule du pied.

Si tout le monde connait le terme « forger » , « se touche », càd que le cheval se tape les glomes ou la sole de l’antérieur avec son postérieur. Le fait de trébucher aussi… Il existe moins de monde conscient des problèmes généré sur le processus extenseur de P3, les ligaments sésamoidiens ou les ligaments collatéraux de l’art. Inter. Dist quand le PB est mal géré…

Le problème dans le vivant, (ou ailleurs finalement) c’est que TOUT EST LIÉ … donc le fait de laisser de la pince va engendrer une cascade de conséquences terribles. (les fameuses « pathologies locomotrices » … génétiques… ? lol)

Mesurer le sabot et en plus sur des points irrationnels (càd ne répondant pas à l’anatomie du pied) et en plus sur un sabot mutilé ET déformé ET donc dysfonctionnel n’a aucun sens… 

J’ai repris la photo, je l’ai réaligné comme il faut (faire des photos de travers ne sert à rien) et j’ai tracé des repères utiles ET anatomiques. Mesuré la fourchette et défini le PB anatomique.

J’ai merdé sur le tracé de la ligne du PB anatomique, elle n’est pas perpendiculaire à l’axe longitudinal (mes stagiaires me pardonneront). [Attention, on parle bien là du point de bascule, pas de la ligne de pince…. tout ce qui est dorsale à la ligne est donc DE TROP! oui, oui… je sais c’est dur à avaler mais c’est la réalité anatomique mes amis!]

Je vous ai mis la VRAI référence du PIED, à savoir la LIGNE DE PI (ligne perpendiculaire à l’axe longitudinal qui passe par les 2 points d’impacts anatomiques).

A partir de là, on peut trouver d’autres références anatomiques qui permettent de trouver le VRAI pied (càd P3) et ce sans radio et d’être précis au millimètre  près avec seulement 2 outils, un réglet et des connaissances.

C’est bien la LIGNE DE PI qui permet de mesurer la largeur des talons puisque c’est anatomiquement les deux extrémités du coussinet digital et l’endroit où vient se rattacher le bourrelet coronal. On peut donc mesurer à cet endroit la prise de volume du coussinet (le pied) et par conséquence l’écartement des talons (le sabot) quand on gère l’entretien du pied du cheval de manière adapté, càd en fonction de ses besoins (forme-structure-fonction).

Par exemple sur le cheval de 30 ANS suivit par Joëlle:

On peut aussi arrêter d’utiliser cette put1 de phrase de merde qui me fait à chaque fois monter la pression systolique: « mais tous les chevaux sont différent, il faut savoir s’adapter »… (on peut le faire avec la petite voix naïve à la kon aussi). Sous entendu, il existerait un parage par cheval et un ferrage par cheval… car chaque cheval serait suffisamment différent pour justifier des talons de 10cm sur l’un, une pince de 3km sur l’autre, des écarts de 2cm entre la hauteur les talons d’un même pied, de la paroi porteuse ou pas, du rolling ou un chanfrein ou tout simplement justifier le ferrage sur son cheval spécial… etc etc etc etc… ? Et bien non… L’anatomie structurelle est la même et la cinématique articulaire est la même et les FONCTIONS des différentes STRUCTURES sont les mêmes! Votre Shetland à le même fonctionnement articulaire ou cardiaque que votre Shire! L’amplitude sera différente… la VO2max aussi certainement… ils ne sont pas identique, ils ont chacun leurs spécificités mais ont exactement les mêmes BESOINS fondamentaux (Fibres, mouvement, contacts sociaux) et les mêmes FONCTIONS biologiques. Leurs anatomie fonctionnelle est similaire et donc leurs parages devront fatalement suivre ces besoins. On devra forcément revenir à l’anatomie fonctionnelle pour retrouver une fonction correcte et pas se baser sur des critères extérieurs au doigt mouillé… Il est donc important de connaitre l’anatomie, les structures et de garder une FORME correct. Il faudra respecter les PROPORTIONS et pas chercher des « cotes » forcément fausses. Etudier, évaluer et reconnaître les dysfonctions est possible mais souvent réservé à ce qu’on appel un « professionnel »… encore faut il qu’il ai les connaissances adaptées. Bien souvent, on a pas besoin d’évaluer les dysfonctions puisque qu’il suffit de connaitre ce qui fonctionne bien… et de s’y tenir.

 

J’ai tenté une correction numérique à l’arrache:

Je ne dis pas que c’est ce que vous devriez faire chez vous demain matin!

Je dis que « anatomiquement » le pied de droite est plus fonctionnel, en ce qui concerne la gestion de son PB et de l’avalure au niveau des quartiers… (les PI, c’est une autre histoire)

Je le sais parce que c’est ce qui se passe sur le terrain depuis que j’ai commencé à y réfléchir sérieusement:

Et je sais aussi que QUAND on retrouve une FORME correct, on retrouve une FONCTION correct et donc une STRUCTURE correct… c’est la base de la pensée ostéopathique de William Garner Sutherland.

Merci William. (KC s’est aussi inspiré de cette règle mais il en a pondu une autre qui est « forme+structure=performance » ce qui écarte la fonction et introduit une nouvelle donnée, la « performance » qui est une notion assez subjective d’un point de vue physiologique) [note: les DAEP vont crier au scandale car KC passe 15 plombes à détailler les fonctions de chaque structures mais de façon totalement personnelle et surtout très « confusante »… laissons cela aux ingénieurs de la biomécanique ou aux ostéos…]

Pour conclure:

Payer des outils numériques une fortune pour continuer à faire n’importe quoi sur les pieds des chevaux ne sert à rien…

J’espère avoir aujourd’hui suffisamment d’expériences et de résultats pour pouvoir le dire sans prétentions aucune, juste parce que c’est factuel.

Je ne comprend pas pourquoi les MF et les vétos continuent dans la théorie de la paroi porteuse, des lamelles qui suspendraient P3, de la sole qui ne sert à rien, de la fourchette qu’on peut mutiler, de l’aplomb imaginaire, du TFP qui tire P3 dans la fourbure, des AINS pour tous les problèmes et des ferrures bizarres censés réparer les pathologies causés par d’autres ferrures…

Radios numériques, scanner, IRM, écho, logiciels d’analyses d’images (fers, colles, plaques, silicones) et appareillages très complexes ne remplaceront jamais les fonctions biologiques physiologiques de l’appareil locomoteur du cheval.

Je peux comprendre qu’on ai avancé dans le noir pendant des années à des époques où le cheval était un esclave, une machine, sur lequel reposait l’économie des nations. La mort ou les pathologies était l’occasion d’avoir de la viande. Nous ne sommes plus à ces époques et aujourd’hui, l’expérience de terrain prouve que la pensée et les pratiques dites « alternatives » fonctionnent, voir fonctionnent 10x fois mieux que ce qui peut être enseigné dans les filières dites « traditionnelles » et donc « reconnu par l’état ».

N’est il pas grand temps de réfléchir à réformer les contenus de formations de nos professionnels?

Où est le problème à vouloir faire évoluer son savoir?

La logique économique avancé par certains est un faux problème puisque il y a encore aujourd’hui trop de chevaux… et donc beaucoup de travail! C’est juste une nouvelle façon de travailler… PAS la perte du travail… si on peut faire du CA en faisant de la merde, on peut aussi faire du CA en faisant des trucs adaptés! Oui on peut faire de la merde pendant 20 ans et du jour au lendemain changer sa façon de faire tout simplement parce que c’est mieux, plus facile, plus valorisant et intellectuellement stimulant.

C’est pas un « avant » et un « après » c’est juste une évolution… et il ne faut que quelques mois pour oublier tout ce qu’on pouvait faire avant… et trouver tout à fait logique et normale une nouvelle approche.

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5 Comments on “La Technologie…

  1. Un petit « coup de calcaire » Guillaume… on peut comprendre…

    Faire face à tout ce est inventé sous prétexte de justifier le sacro-saint « on a toujours fait comme ça », C’EST USANT.

    Voir quelle énergie et quel argent sont investis en continuant de se baser sur des choses fausses, quitte à se bander les yeux pour ne pas voir les « vraies vérités » mises en évidence de manière rationnelle…CA MINE !

    Mais regarde le positif : en si peu d’années tu as réussi à bouger des montagnes et à convaincre beaucoup de monde de jeter au feu ce vieil adage conservateur.

    C’est énorme, même s’il en reste malheureusement tant qui s’arc-boutent à leurs croyances, tu ne te bats pas QUE contre des moulins à vents.

    La roue tourne…

    Tiens bon, ça va repartir, merci pour tous les chevaux que ton courage et ta ténacité ont sauvés.

  2. Merci c’est toujours aussi bien expliqué, merci pour les chevaux, bon courage, c’est tellement difficile à faire évoluer les mentalités…

  3. Quand j’ai eu mes chevaux il y a 10 ans,j’ai voulu faire autrement malgré les sourires narquois et les « c’est n’importe quoi ». Lire ton blog me rassure, je suis sur la bonne voie. J’ai bien fait, contre vent et marée de « mettre » ma jument plus très jeune, « à pathologie » pieds nus et mon jeune (que j’ai eu alors qu’il avait 6 mois), il ne sait pas ce qu’est un ferrage et nous faisons de bonnes et longues balades par tous les terrains. Mais au début, dur dur de trouver une podologue dans ma France profonde où les mentalités bougent guère. Mes chevaux sont bien heureux avec leurs pieds nus et de faite moi aussI
    Merci Continue.

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