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L’immersion du cheval dans un environnement imaginé par l’être humain, a favorisé l’apparition de ce qu’il conviendrait d’appeler, des pathologies de civilisation…

Depuis des décennies maintenant, de nouveaux syndromes apparaissent dont le fameux SME ou Syndrome métabolique équin.

La fourbure comme le SME, comme le cushing, indiquent un grave dysfonctionnement métabolique notamment dans la gestion des déchets par l’organisme.

La complexité des interactions entre les différents processus physiologiques (digestifs, hormonaux…) érige des dysfonctionnements, pourtant similaires dans leur nature, en différents états pathologiques affublés d’une étiquette ayant peu de sens.

Les symptômes diffèrent certes, mais les troubles restent identiques.

Le SME se caractérise par des épisodes répétés de fourbure et il est courant qu’il soit associé au fameux cushing. Il s’agit, au niveau biochimique, d’un dérèglement de la production d’insuline, avec une présence d’accumulations graisseuses à différents endroits du corps. L’insuline est une hormone pancréatique, qui participe au processus dit de glycogénèse.

En clair, grâce à différents enzymes produites notamment par le foie, la synthèse du glycogène, stimulée par l’insuline, permettent l’entrée du glucose, ou sa « mise en réserve » , dans les cellules.

Cette étape essentielle, permet d’éviter que le glucose ne s’accumule directement dans le sang, et ne cause une hyperglycémie, c’est-à-dire un taux anormalement élevé de glucose sanguin.

Lorsqu’il y a une défaillance dans la production d’insuline, ou, que les cellules réceptrices ne peuvent capter correctement l’insuline, alors, survient ce que l’on connait sous le nom de diabète ou SME. Le diabète de type 1 concerne l’absence de sécrétion d’insuline par le pancréas. Le diabète de type 2 concerne un trouble métabolique dont résulte une « mauvaise » prise en charge de l’insuline par la cellule » ou « insulinorésistance »

Dans le cas du SME, on a à faire au type II essentiellement. La conséquence est l’accumulation du glucose dans la circulation sanguine et lymphatique.

La solution thérapeutique vétérinaire, consiste à une privation de nourriture, et une médication hormonale.

Penchons-nous sur un de ces médicaments largement utilisé dans le monde équin :

La pergolide, est la molécule active du fameux « prascend ». Il est un agoniste des récepteurs dopaminergiques.

Mais qu’est- ce qu’un agoniste des récepteurs dopaminergiques ????

Il s’agit d’un composé chimique de synthèse qui active les récepteurs de la dopamine (la dopamine est un neurotransmetteur).

En fait, ce composé permet d’activer les « voies de signalisation ». Ce processus entraine des modifications dans la transcription des gènes. En d’autres termes, une modification de l’ADN dont un segment est copié en ARN.

Pour faire encore plus clair et ainsi éviter le jargon biochimique d’apparence complexe, cela signifie en réalité que l’on modifie la nature des échanges chimiques du cerveau, les axes de transports des informations, et la manière dont elles sont traitées par les récepteurs.

Dans la plupart des écrits de la littérature scientifique, on admet volontiers, que l’on ne sait pas trop finalement, comment tout cela fonctionne exactement.

Pour prendre un exemple, concernant le metformine (deuxième molécule nous y reviendrons), on peut lire :

« Son mécanisme d’action est complexe et n’est pas à ce jour totalement élucidé »

Et les phrases de ce type sont nombreuses. La communauté scientifique admet ne pas comprendre dans leur globalité, les tenants et les aboutissants du SM (syndrome métabolique). Ce terme est né à la fin des années 80 et l’on impute principalement au SME, l’étiologie du surpoids et du manque d’exercice.

Or, le surpoids et le manque de mouvement sont des conséquences plus que des étiologies.

Beaucoup de chevaux SME, fourbus, sont privés de nourriture sans AUCUNE amélioration physiologique notable !!!!

Revenons à notre pergolide:

Une revue scientifique neurologique, nous informe d’essais dans le traitement des déficits cognitifs de la schizophrénie, de cette molécule.

Dans cet article, voilà ce que l’on peut lire en conclusion :

« Cependant, l’expérience des 20 dernières années a montré que cette classe médicamenteuse est à prescrire avec précaution, en raison de ses potentiels effets secondaires psychiatriques graves. Si le trouble du contrôle des impulsions est bien connu des neurologues, le syndrome de sevrage des agonistes dopaminergiques, plus récemment décrit dans la littérature, est également une complication à redouter »

En effet, voici la liste d’effets secondaires potentiels de ce médicament, qui sont par ailleurs beaucoup plus complexes à déceler chez l’animal….

Euphorie, épanchement péricardique, réactions fibreuses (les muqueuses des organes s’épaississent anormalement), hallucinations, psychose, hypotension, vertiges, perte de poids, anorexie, nausée, insomnie faiblesse, narcolepsie, syncope, « secousses, torsions inhabituelles du corps », phénomène de raynaud.

On prescrit donc un médicament qui induit la faiblesse, la psychose, les vertiges et la perte de poids, tout en ordonnant aux propriétaires de faire attention au surpoids et accentuer l’exercice physique. Alors même, on notera l’ironie de la chose, que les modifications d’origines biochimiques induites, ne permettent pas à l’animal, un état physique et/ou psychologique fonctionnel. (LOL)

La levothyroxine :

Il s’agit là d’une hormone thyroidienne de synthèse qui est censée palier à l’hypofonction de la glande thyroide. Les effets secondaires sont : fatigue, prise de poids, perte de cheveux, problèmes digestifs, douleurs dans les jambes, problèmes de vue.

Quatre glandes majeures régissent les échanges hormonaux : l’hypophyse, la thyroide, les surrénales et la glande génitale interstitielle. Cette dernière étant fondatrice et régulatrice des autres.

Les travaux du Dr Du chazeaud nous conduisent à affirmer que le système hormonal, et l’équilibre des 4 grandes glandes (hypophyses, surrénales, génitale interstitielle et thyroide) dont la formation est antérieure en embryologie, dominent le système nerveux central dont l’influence mutuelle est vitale.

La relation entre le système hormonal et les fonctions organiques est importante pour comprendre la suite.

Une synthèse efficace en a été faite à partir de de l’ouvrage de jean du Chazeaud:

L’endocrino-psychologie de Jean Duchazaud d’après les travaux du Docteur Jean Gauthier.

L’hormone thyroïdienne conditionne la charge des globules rouges en oxygène. Si une cellule pulmonaire accroit ses besoins en oxygène, elle va fixer une quantité d’hormones supplémentaires. Les globules rouges vont donc se décharger de ces hormones pour se charger en gaz carbonique.

L’action thyroïdienne accélère les mouvements respiratoires.

  • Hypothyroïdie : mouvements respiratoires qui se raréfient et faible charge  des globules rouges.
  • Hyperthyroïdie : accélération de la respiration et charge en oxygène plus importante, ce qui entraîne des troubles respiratoires lorsque les possibilités cellulaires et fonctionnelles sont dépassées.
  • Action thyroïdienne sur la circulation : le muscle cardiaque et les nerfs : La thyroïde intervient sur le cœur et les vaisseaux par une vasodilatation générale qui fait baisser la tension. La surrénale provoque une vasoconstriction tout en augmentant le tonus de contraction et le débit cardiaque.
  • Tyroïde et digestion : Elle active la digestion : foie, estomac, intestin, pancréas. Hypo et hyper : faim, soif, digestion, transit…
  • Élimination : Hypophyse : élimination de l’eau car elle est excito-sécrétoire par augmentation de la filtration glomérulaire et résorption de l’eau au niveau des tubes urinifères.
  • Oxydoréduction : Les combustions cellulaires se font à basse température pour ne pas détruire la cellule. Une oxydation lente et faible participe à la nutrition et à la régénération des tissus, ce qui permet des réserves. Une oxydation rapide et intense permet aux éléments cellulaires d’utiliser les produits accumulés par la nutrition. La réduction est assurée par les surrénales.
  • thermorégulation : rôle de thermostat de la thyroïde via hypo ou hyperfonction influant l’importance de l’oxydation cellulaire.
  • Lutte antitoxique :  La thyroïde agit sur la moelle osseuse en provoquant la prolifération rapide des myélocytes et érythroblastes et augmente la phagocytose et les réactions immunologiques
  • Infection : Rubor-Calor-Dolor : activité Thyroïdienne
  • Métabolisme glucidique : réserves de glucose libérées par les surrénales, l’hypophyse et la thyroïde.
  • Métabolisme lipidique :  Pancréas et surrénales sont impliqués dans la formation des graisses. L’hypophyse les utilise pour en faire des protéines cellulaires quand elle est active. En hypo fonction : réserves dans les parties basses du corps. La thyroïde libère les graisses et les brûle, tandis que foie, surrénales et pancréas concourent à produire des réserves adipeuses
  • Glandes et minéraux : Les sels minéraux unis aux bicarbonates maintiennent le pH sanguin et le taux de substances circulantes ne peut être mesuré que par les hormones. On retrouve l’antagonisme complémentaire entre thyroïde qui commande le nerf sympathique et les surrénales qui commandent le nerf vague.

 

L’équilibre glandulaire assure une immense partie du métabolisme. Et, comme noté plus haut, le métabolisme glucidique est assuré par le concours des surrénales, de l’hypophyse et de la thyroïde.

Les signaux de dysfonction glandulaire sont importants à connaitre

  • dysfonction surrénalienne.

 

Les signaux d’une hypofonction surrénalienne sont les carences hormonales tels que le cortisol, l’aldostérone (rétention du sodium et de l’eau par l’organisme, tension artérielle et volume sanguin) entre autres. Comme symptôme l’on pourra voir notamment une fatigue chronique, une hypotension, des muqueuses pales, un cheval qui se jette sur les pierres à sel, une déshydratation ou une perte de poids par exemple.

  • Dysfonction hypophysaire :

 

Les symptômes dépendent en grande partie du type d’hormone qui est insuffisamment sécrété puisque l’hypophyse est partagée en plusieurs lobes qui résident à différents endroits du cerveau.

Dans le cas d’un dysfonctionnement du Lobe Intermédiaire de l’Hypophyse

perte d’appétit, anorexie et léthargie transitoires, signes légers affectant le système nerveux central (par exemple légères dépression et ataxie), diarrhée et coliques ont été observés chez les chevaux. Dans de très rares cas, de la sudation a été rapportée

Dans le syndrome de cushing, c’est l’hyperfonction hypophysaire qui, via l’ACTH (une hormone) provoque l’élévation du taux de cortisol dans le sang et qui provoque les symptômes associés.

  • Hypofonction thyroïdienne :

 

une fatigue chronique, sensibilité au froid, prise de poids, bradycardie. L’hyper thyroidie au contraire, se manifestera par de la tachycardie, de la diarrhée, un amaigrissement et une hyperactivité chronique.

En fait, l’interdépendance du système glandulaire, rend assez peu pertinent l’analyse d’un point de vue biochimique. L’adjonction d’hormone de synthèse ne faisant tout au plus office de pansement de fortune.

Un peu de MTC (Médecine traditionnelle Chinoise)

En médecine traditionnelle chinoise, existe ce que l’on appelle des « éléments », nous allons, pour cet article ci, vulgariser à l’extrême.

Un organe en médecine chinoise, inclue, en plus de l’organe au sens occidental du terme, l’entraille qui lui est associé, le tissu, l’organe des sens, l’émotion, etc etc etc…

Ainsi, le foie est couplé dans son élément à la vésicule biliaire (le cheval n’en possède pas mais la vb chez le cheval fait référence à l’activité  biliaire du foie).

Le tissu qui lui est associé est le système musculo-tendino-ligamentaire, ainsi que la corne.

-Le foie est l’organe le plus important pour le cheval en médecine chinoise. La raison en est simple. C’est une proie, et, en tant que telle, le cheval est génétiquement conçu pour appréhender un danger, et fuir le cas échéant.

C’est le foie qui permet le mouvement en avant et qui permet de réguler l’afflux sanguin en fonction de l’effort physiologique. En plus de faire office de glande digestive, le foie assimile en grande partie l’aspect émotionnel de l’individu.

La frustration d’un cheval qui ne sort pas suffisamment, ou qui est en boxe, ou qui est en conflit avec son cavalier ou même au sein du troupeau peuvent constituer des pathogènes puissants…

D’autant que le foie doit gérer une quantité astronomique d’informations et jouer un rôle majeur dans la partition de la santé de son hôte.

Comme lors de 80% des visites, on observe des problèmes de foie, à différent stade éthiopathogéniques.

Les stases du sang prédominent. Lorsque ces stases ne sont pas éliminées, le sang chauffe, la chaleur monte et se propage. Les problèmes circulatoires commencent dès lors que les fonctions de drainage et de libre circulation du foie sont impactées. Des compensations structurelles se mettent en place.

Ce processus inflammatoire s’il perdure, épuise les liquides organiques. Ce qui complique l’évacuation des toxines. Dans ce cas, on retrouve un enduit lingual sec, une sècheresse nasale et oculaire avec des muqueuses plutôt rouges. L’aspect des crottins est lui aussi sec et non moulé.

Les chevaux commencent alors à souffrir de maux de tête, on observe une dilatation vasculaire généralisée.

Cet état de fait est induit par une raréfaction des liquides organique et un processus inflammatoire chronique. Ce mécanisme fera l’objet d’un autre article.

Tous ces déséquilibres entrainent des symptômes pathologiques de type chaleur. La dermite (estivale ou non), le cushing, la toux asthmatiforme (certaines pas toutes), la fourbure, les abcès à répétition, et les fameux mal connus, cushing et sme qui ne sont autres que des manifestations différentes d’une combinaison entre un déséquilibre sévère des axes hormonaux (hypo fonction thyroïdienne/ hyperfonction surrénalienne) et de la perte de la libre circulation des liquides et de l’énergie le foie épuisé dans sa fonction et l’acidose s’installe rapidement entrainant les épisodes de fourbure aigus.

-La rate, elle, est responsable des gonades, autrement dit, la régulation du système hormonale, passe en partie par la fonction du couple rate/pancréas et de son entraille l’estomac.

Il est donc intéressant de recouper les informations. Le foie et les muscles, sont directement impliqué, dans le SME. Les crises de cushing et la fourbure en sont des conséquences récurrentes.

Que pouvons- nous en déduire ???

Le fait d’apporter des intrants chimiques comme solution à vie, à l’image d’une pièce manquante d’un puzzle, est une solution qui ne prend pas en compte l’aspect multifactoriel du trouble métabolique.

On sait que le système hormonal, et donc le SNC (système nerveux central) et le système digestif, sont impliqués en première ligne dans les troubles métaboliques.

En conséquence de quoi, il serait intéressant de réfléchir à une prise en charge thérapeutique globale.

Les AINS, d’avantage prescrits dans les épisodes de fourbure, aggravent sur le fond, l’évolution pathogénique, et leur action, n’est que symptomatique et de très courte durée ce qui accentue dans ce cas précis le bilan négatif en terme de bénéfice/risque.

Les AINS se distinguent des AIS par l’absence de corticoïde. Mais, basiquement, l’action est similaire: l’inhibition de prostaglandines et plus spécifiquement de thromboxanes.

Pour faire court, les thromboxanes sont des cytokines (il s’agit d’en ensemble de protéines) qui participent à la vasoconstriction et dont le rôle est d’augmenter la pression artérielle et d’activer l’agrégation des plaquettes. Leur nom, qui fait immanquablement penser au terme de « thrombose » est tiré du fait qu’elles jouent également un rôle dans la coagulation sanguine. Le plus important, concernant notre affaire, étant que ces protéines sont INDISPENSABLES A L’HOMEOSTASIE DU SYSTEME CIRCULATOIRE !!!!!!!! [note de Guillaume: « Chaque prise d’AINS fait reculer la guérison de la fourbure d’un mois »]

Les AINS ont également d’autres mécanismes d’actions combinés qu’il n’est pas utile de décrire en détail ici.

Ce qu’il faut retenir, c’est que, comme nous l’avons déjà expliqué, la circulation est la base du problème métabolique en même temps qu’elle en est la solution.

Inhiber la production de cette protéine, revient à déstabiliser l’homéostasie qui est la condition sine qua none pour n’importe quel processus de guérison. Et si, la chimie est tout à fait nécessaire dans certains cas, notamment la panoplie antalgique, les risques de ce genre de molécule pèsent nettement plus que leurs bénéfices à très court terme.

Revenons à la base de ce qui caractérise concrètement les vecteurs du trouble métabolique.

-La nourriture (système digestif impliquant rate pancréas estomac, foie, vésicule biliaire [vue à titre symbolique pour le cas du cheval], intestins)

-L’aspect émotionnel, psychologique (le foie essentiellement bien que chaque organe du corps soit ciblé par sa propre émotion pathogène)

-L’aspect hormonal (rate) (dont  l’endocrinopsychologie qui est la discipline qui explore les relations entre le système glandulaire et le système nerveux central et par extension, la qualité des échanges hormonaux régies par l’aspect psychologique et vice et versa.

-Le climat

-L’âge (déclin des fonctions organiques)

– Faiblesse constitutionnelle

L’hypofonction d’un organe, que l’on pourrait qualifier en médecine chinoise de vide de yin de vide de yang ou de vide de QI, conduit à toutes sortes de déséquilibres plus ou moins grave en fonction du stade d’évolution. Ainsi, la rate, qui est au cœur de la qualité du métabolisme, est également centrale dans la qualité des échanges énergétiques et hormonaux de l’individu.

Il est donc nécessaire d’en déceler en priorité les signes de déséquilibre lorsque des symptômes de troubles métaboliques se présentent !

Reprenons les fondamentaux.

-ALIMENTATION

Revenons à la base. Le cheval est un herbivore monogastrique. Son intestin est très long. La petite taille de son estomac ne lui permet pas de digérer de grosses quantités, et doit, par ailleurs toujours être plein. L’ingestion de fibre grossière en continue est la condition sine qua none à la santé digestive du cheval.

Contrairement aux ruminants qui possèdent deux sites de digestion des fibres, le cheval lui, n’en a qu’un seul.

Il est anatomiquement, physiologiquement, conçu pour mastiquer et digérer de la fibre grossière essentiellement. Or, la grande majorité des chevaux, est complémenté aux granulés, particulièrement dans les écuries ou le foin est trop onéreux et trop volumineux pour y être stocké.

Par ailleurs, certaines races de chevaux, comme les irish cobb, les shetlands, les newforest, les dartmoore/exmoore, ou les arabes, sont habtués (génétiquement parlant) à une alimentation extrêmement pauvre. Les chevaux en général, historiquement, évoluent dans les steppes ou la toundra ou l’herbe est pauvre, et souvent abrasive. Aujourd’hui, n’importe quelle zone géographique abrite n’importe quelle origine de chevaux. Cet état de fait concoure très très largement au développement de ces pathologies de civilisation que nous évoquions. L’absence totale de nourriture adéquat liée au manque absolu d’herbes médicinales et de plantes aux diverses propriétés, laisse le champs libre à l’inflammation chronique, puis au trouble métabolique puis aux intrants chimiques pour tenter de contenir les dégâts.

Dans les conditions modernes des chevaux de travail, et particulièrement des chevaux en box, les repas sont calqués sur le modèle humain, et distribués matin midi et soir.

Le granulé est un aliment concentré et enrobé. Sa composition varie, mais pour la plupart des aliments industriels avec lesquels les chevaux d’écurie sont nourris, on retrouve :

-des matières premières génétiquement modifiées

-des sucres transformés

-des vitamines et minéraux de synthèse

-des huiles végétales hydrogénées

-des céréales cuites ultra-transformés

 

Aucun de ces éléments n’est fait pour être ingéré par un équidé. La physiologie digestive n’est pas faite pour la digestion compliquée de cette nourriture artificielle.

 

Par ailleurs, les apports de synthèse sont éliminés par l’organisme qui ne les reconnait pas comme tels.

Et la synergie des oligo-éléments est une chaine complexe qui fonctionne, il faut le répéter :

en S-Y-N-E-R-G-I-E.

La nature acidifiante de ce type de nourriture, provoque des brûlures de la sphère digestive et à terme, favorisent un terrain ulcéreux. Ils peuvent également en raison de leur consistance être la source de bouchons œsophagiens.

La mastication entraîne une production de salive fluide, favorisant la digestion gastrique qui concerne en priorité les matières azotées. Cette salive est mélangée au suc gastrique qui se déverse dans l’estomac par le biais de la muqueuse glandulaire.

Si l’estomac est vide c’est le tissu conjonctif qui est dissout à la place, provoquant des ulcérations.

La salive fluide est une sécrétion basique de rate/estomac, qui est enrichie en bicarbonate de soude et qui donc rétabli, avec le mucus, l’équilibre acido-basique du système digestif et de tout l’organisme en réalité. Malheureusement, les rations rares et concentrées, poussent les chevaux à se jeter sur la nourriture et à bâcler le processus de mastication qui entraine directement une acidification dangereuse de l’organisme.

L’intestin grêle transforme les protéines du bol alimentaire en acides aminés qui partent dans le sang tandis que les aliments dégradés se dirigent vers le caecum grâce au tractus digestif dont la qualité dépend de la qualité du QI (l’énergie en médecine chinoise).

Les aliments industriels sont bourrés d’amidon, et plus généralement de glucides fermentescibles qui, au lieu de séjourner 2h dans le système digestif, ne sont éliminés qu’au bout de 8h environs ce qui complique sérieusement les choses. La dégradation des amidons ne peut se faire qu’à la condition de la présence bactérienne. Les bactéries amyolitiques dégradent les glucides par un processus de fermentation.

En cas d’une présence excessive d’amidons, la fermentation peut trainer en longueur et devenir dangereuse et occasionner des coliques de stases en ralentissant considérablement le tractus digestif. L’origine de l’amidon est importante, c’est la qualité de cet amidon qui en conditionne la digestibilité. Dès qu’une matière première est transformée, ou subi un traitement technologique, cela complique sérieusement la digestion.

La réaction chimique de la digestion est en réalité une résultante hormonale. La gastrine, l’histamine, l’acétylcholine, sont des hormones nécessaires à la dégradation du bol alimentaire.

Les lipides, les sucres ainsi que la majorité des protéines sont dégradés par l’action enzymatique via le grêle. Contrairement au gros intestin dont les parois sont lisses, la surface du grêle est jonchée de ce qu’on appelle les villosités. De petits plis qui augmentent considérablement la surface d’absorption.

Cette activité enzymatique est formée par les glandes (foie, GI et pancréas).

La bile favorise la digestion des lipides tandis que les sucs pancréatiques dégradent ce que l’on appelle les « macromolécules », avec les sucs intestinaux.

Ce processus de dégradation, permet au cheval d’assimiler les nutriments dans le sens ou ils peuvent devenir directement de l’énergie, utilisable par le cheval pour l’effort.

C’est également dans l’intestin grêle que la plupart des minéraux essentiels sont absorbés (Mg, Ca So… ainsi que les vitamines.

Or, en médecine chinoise, on sait que la rate est en partie responsable de l’activité hormonale et qu’il s’agit notamment d’un organe digestif.

En résumé, la sphère digestive du cheval est extrêmement fragile. Les processus enzymatiques, bactériens… garantissent non seulement la digestion du bol alimentaire mais l’assimilation des éléments vitaux tels que les minéraux et les vitamines.

 

QUE FAIRE ??

  • Le contexte de la prise alimentaire. Certains chevaux, parce que fragiles, parce que vieillissants ou avec une activité physique intense…, peuvent être complémentés en granulés.

Dans ce cas, il est essentiel de faire plusieurs PETITES rations. Les granulés doivent être composés de matières premières brut, le moins transformé possible. Sans OGM, sans minéraux ou vitamines de synthèses, sans sucres (melasse ou autre), sans amidon transformés, sans cuisson etc…

On peut rajouter des grosses fibres avec la ration de manière à amener les cheval à plus de mastication pour réduire l’acidification.

La ration doit être donnée dans le calme.

  • Prioriser, si possible, l’apport de nourriture vivante !!!!

 

L’alimentation, des chevaux comme des humains, est essentiellement composée d’aliments morts… Alors que les chevaux se nourrissent de plantes, de feuilles, d’herbes vivantes qui permettent d’assurer les besoins fondamentaux alimentaires.

Il peut être intéressant de donner au cheval des cageots remplis de légumes, d’épluchures, et de le laisser trier et manger ce qu’il veut.

La plupart des chevaux vivent dans des prés sans aucune diversité alimentaire ou médicinale du reste. Il est donc vital de palier à ca !

Les chevaux se nourrissent de pissenlit, de chardons de plantain, de molène, de consoude, de bouillons blanc d’achillée etc etc selon leurs besoins.

Rares sont les chevaux qui ont encore accès à la nature.

C’est pourquoi il est nécessaire de complémenter mais pas en CMV !!!!!!!!  Pas en compléments de synthèse !!

N’oublions pas non plus, que l’intestin et le cerveau, plus particulièrement le système nerveux central, sont en liens directs par les voies nerveuses sympathiques et parasympathiques. Il est donc capital de maintenir un symbiote de qualité avec des cures régulières d’EMA.

PSYCHOLOGIQUE

L’aspect psychologique, déjà négligé dans les pathologies humaines, est d’autant plus négligé sur les populations animales.

C’est une erreur monumentale dans la mesure ou les animaux domestiques souffrent en priorité de l’absence de respect des besoins fondamentaux de leur espèce respective. Néanmoins, soulignons que :

-Un conflit avec le cavalier dans le travail ou même à pied, d’autant plus s’il est récurrent

-Un conflit dans le troupeau

-l’ennui

-la solitude

-le manque de stimulation physique et psychologiques

 

Etc…

Peuvent être des étiologies réelles et sérieuses, et, souvent ignorées par les propriétaires. Une fourbure peut avoir une origine psychologique tout comme le développement de n’importe quel trouble métabolique. Le retour aux besoins fondamentaux est un inconditionnel du retour à la santé de n’importe quel individu et à son autonomie physiologique.

 

 

En conclusion,

Les troubles métaboliques doivent être abordés par le praticien en médecine traditionnelle chinoise équine, de manière multivectorielle.

Un questionnement très approfondi sur les conditions de vie, le passé du cheval, une analyse de ses sécrétions (son urine, ses crottins), son enduit lingual, ses muqueuse, sa température oculaire, son relief veineux, sa fréquence cardiaque (détection d’un souffle éventuel)…. etc etc etc sont obligatoires avant d’envisager n’importe quelle prise en charge thérapeutique.

Pour reprendre un exemple réel de prise en charge vétérinaire, je me suis rendue dans une écurie parisienne. Je croise alors un cheval avec un panier qui semblait extrêmement triste et mal en point physiquement. J’interroge donc quelques personnes de l’écurie pour en savoir plus. La propriétaire finit par venir me voir :

« Votre jument a-t-elle souvent le panier sur le nez ? »

« Ah oui elle l’a à vie, le vétérinaire n’autorise que 30 minutes par jour sans panier »

« Ah ? Sans indiscrétion, puis-je vous demander pourquoi ? »

« Elle a fait une crise de fourbure… »

La jument était ferrée et couverte d’une protection anti insecte donc en clair, privée de ses deux émonctoires principaux. Seule dans un paddock sans congénère avec vue sur un troupeau qu’elle ne pouvait pas suivre. Un parage PEL, quelques mots pour convaincre le propriétaire des écuries de mettre la jument avec les autres et l’arrêt des granulés et… Oh !! Surprise !!! plus de panier, plus de fourbure, plus de prises de sang hebdomadaires hors de prix et plus de syndrome métabolique équin.

Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres…

Le panier à vie infligé à un cheval qui fait une crise de fourbure, pratique courante, va provoquer, de la frustration, du stress, de l’ennuie, un manque de temps de mastication pourtant vital au cheval, une acidose chronique et une aggravation certaine de la pathologie pour laquelle la décision du panier a été prise en premier lieux.

Chaque cas étant différent, le traitement indifférencié et le diagnostic souvent erroné de l’éthiopathogénie du trouble métabolique, font de gros dégâts sur les populations équines aujourd’hui.

Dans un premier temps, il est primordial de soutenir la fonction du foie afin d’apaiser les symptomes de type chaleur, aigus et invalidants. Eviter à tout prix les intrants chimiques de type anti-inflammatoires.

Il est impératif de procéder à un parage PEL précis pour optimiser la fonction émonctoire du pied, même pour les pathologies autres que la fourbure.

L’éventail de solutions est large, mais il nécessite une prise en charge globale, à la fois symptomatique (ou le panier peut etre un outil temporaire utile) pour soulager le cheval, et de fond.

La guérison d’un trouble métabolique, même avancé est possible, en revanche, il est nécessaire d’être patient et de s’entourer de praticiens compétents pour voir les résultats se pérenniser dans le temps. Le diagnostic se doit d’être le plus précis possible pour un résultat optimal et l’aspect structurel doit être pris en compte de facon aussi importante que l’aspect physiologique (incluant l’aspect psychologique)

 

Les techniques de rééquilibrage glandulaire via les ondes électromagnétiques pulsées à haute fréquence, ont déjà donné des résultats spectaculaires sur les troubles métaboliques.

Cette technique déjà largement utilisée outre-manche doit faire partie de l’arsenal thérapeutique chez le cheval SME et les diagnostics ainsi que la décision d’avoir recours à la médication doivent être menés avec plus de précaution qu’ils ne le sont actuellement.

Myllie Delépine, praticienne en MTC équine, diplômé en shiatsu.

ATTENTION, LE CONTENU DE CET ARTICLE NE SAURAIT SE SUBSTITUER A L’AVIS ECLAIRÉ D’UN VETERINAIRE !

13 Comments on “TROUBLES METABOLIQUES: SME, CUSHING, FOURBURE…

  1. Bonjour, pourquoi les cmv ne sont pas bons a donner ?

    Merci d avance

    • Bonjour, En fait, il s’agit de compléments de synthèse qui n’ont rien à voir avec les vitamines et minéraux d’origine organique. La complémentation est plus encline à fatiguer les reins qu’autre chose. Il est nettement préférable d’apporter des compléments organiques et non de synthèse. Par ailleurs, la chaine des minéraux, oligo-éléments et vitamines obéissent à un équilibre délicat. Et en apportant un complexe qui sélectionne certaines vitamine et certains minéraux, on défait cet équilibre, c’est un peu jouer aux apprentis sorcier et prendre le risque d’occasionner d’autres déséquilibres. C’est la synergie organique qui régit la production des substances (phosphore, calcium….) c’est donc plutot par ce biais qu’il faut agir et pas en apportant des apports synthétiques.

  2. je rejoins la première question au sujet des CMV et j’aimerais savoir quoi donner à leur place pour renforcer la solde ? Votre article est très intéressant et je l’apprécie tout à fait.

  3. Pareil pour les CMV, que donner à la place ? Chez nous à l’écurie ils ont Reverdy. Des cures d’Em-a peuvent-ils être utilisés à la place des CMV ?

  4. Du coup Equi-Oligo serait plus approprié en faisant 2 cures par an ?

  5. bonjour, je souhaiterais savoir quels micro-organismes sont préconisés pour la bonne santé du cheval ?

  6. Bonjour et merci pour la lecture de l’article. En fait, il s’agit de compléments de synthèse qui n’ont rien à voir avec les vitamines et minéraux d’origine organique. La complémentation est plus encline à fatiguer les reins qu’autre chose. Il est nettement préférable d’apporter des compléments organiques et non de synthèse. Par ailleurs, la chaine des minéraux, oligo-éléments et vitamines obéissent à un équilibre délicat. Et en apportant un complexe qui sélectionne certaines vitamines et certains minéraux, on défait cet équilibre, c’est un peu jouer aux apprentis sorcier et prendre le risque d’occasionner d’autres déséquilibres. C’est la synergie organique qui régit la production des substances (phosphore, calcium….) c’est donc plutot par ce biais qu’il faut agir et pas en apportant des apports synthétiques. S’il y a une faiblesse organique ou un petit coup de mou, il vaut mieux faire une cure d’eau de mer en solution isotonique, accompagné de microferm. En fait l’eau de mer à la particularité d’avoir les mêmes composantes que le plasma sanguin et donc parfaitement assimilable et métabolisé sans effort par le cheval. C’est d’ailleurs tout à fait valable pour nous ou pour nos animaux. Pour l’apport vitaminique, toutes les epluchures de légume biolgique, tous les fruits sont des sources privilégiées de ce type d’apport. Les chataignes sont aussi particulièrement indiquées pour attaquer l’hivers avec tout ce qu’il faut.

  7. Bonjour et merci pour la lecture de l’article. En fait, il s’agit de compléments de synthèse qui n’ont rien à voir avec les vitamines et minéraux d’origine organique. La complémentation est plus encline à fatiguer les reins qu’autre chose. Il est nettement préférable d’apporter des compléments organiques. Par ailleurs, la chaine des minéraux, oligo-éléments et vitamines obéissent à un équilibre délicat. Et en apportant un complexe qui sélectionne certaines vitamines et certains minéraux, on défait cet équilibre, c’est un peu jouer aux apprentis sorcier et prendre le risque d’occasionner d’autres problèmes. C’est la synergie organique qui régit la production des substances (phosphore, calcium….) c’est donc plutot par ce biais qu’il faut agir et pas en apportant des apports synthétiques. S’il y a une faiblesse organique ou un petit coup de mou, il vaut mieux faire une cure d’eau de mer en solution isotonique, accompagné de microferm. En fait l’eau de mer à la particularité d’avoir les mêmes composantes que le plasma sanguin et donc parfaitement assimilable et métabolisé sans effort par le cheval. C’est d’ailleurs tout à fait valable pour nous ou pour nos animaux. Pour l’apport vitaminique, toutes les epluchures de légume biolgiques, tous les fruits sont des sources privilégiées de ce type d’apport. Les chataignes sont aussi particulièrement indiquées pour attaquer l’hivers avec tout ce qu’il faut. Les chevaux vont trier et choisir ce qui leur plait en fonction de leur besoin ou/et ré apprendre à identifier leurs besoins.

    • Je trouve votre article vraiment hyper intéressant mais vous préconisez de donner des fruits et ces derniers sont plein de sucres…. avec une jument SME qui développe des fourbures plus vite que son ombre j’aurais vraiment très peur de lui donner des fruits et même du microferm qui pourrait aussi contenir du sucre. Une fourbure de plus et je risque de la perdre. Il est vrai que je me raccroche à l’avis de ma véto tout en la soignant plutôt avec des plantes, entre autre les produits Vital herbs, plutôt qu’avec des AINS ou autres saloperies chimiques.

      • Bonjour,
        Le fructose des fruits ne réagit pas de la même façon que le saccharose ou le glucose.
        Un morceau de carotte ne donne pas le même résultat qu’un morceau sucre blanc …

        L’important est le contenu minéral et enzymatique !

        Plus que se priver d’une pomme, il faut plutôt penser à l’exercice.

        Ne pas se dire que le cheval va mourir de fourbure, puisque dans la majorité des cas il ne meurt que de l’ euthanasie… C’est totalement différent.

      • Le fructose est un élément simple au niveau digestif. Les sucres de synthèses ou bien le saccharose sont des matières complexes. Ce ne sont pas les même mécanismes physiologiques qui sont à l’oeuvre pour dégrader les molécules en question

  8. Quand pourrions-nous avoir une conférence pour enfin SAVOIR quoi et comment donner une alimentation saine, vivante et de qualité appropriée ? Je peux recevoir du monde chez moi pour une journée ! Je fais plusieurs atelier chez moi avec les EMA : c’est tellement intéressant mais trop peu d’expérience et pourtant si magique. Merci aux vivantsss et à nos amimaux

    • Bonjour, Nous organisons effectivement des stages qui traitent du sujet, si vous souhaitez en organiser un chez vous c’est tout à fait possible à condition de réunir un minimum de 10 personnes, ou alors en s’inscrivant à l’une des dates qui sont proposées.
      POur plus de renseignements: medecinechinoiseequine@protonmail.com

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