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Récemment, l’utilisation symptomatique des aiguilles d’acupuncture par les médecins et vétérinaires occidentaux a été vivement dénoncée par d’autres médecins et vétérinaires réellement formés en médecine traditionnelle chinoise. A contrario, les praticiens en médecine chinoise n’ont pas le droit d’utiliser l’acupuncture car il s’agit d’un acte médical vétérinaire (oui, on dirait une logique shadock…) 😀

Les praticiens shiatsu, et dans une moindre mesure les ostéopathes, font l’objet d’une chasse aux sorcières qui va en s’intensifiant. Avec une certaine raison, il faut admettre que certains praticiens ne sont pas, ou mal formés. Si la perspective biochimique d’un point de vue médical est le domaine privilégié des vétérinaires, il est tout à fait inconcevable de n’avoir aucune notion du fonctionnement locomoteur, anatomique et physiologique de l’individu avec lequel on travaille. Ce qui implique pour les étudiants de fournir un travail intensif en plus des formations initiales ! Que ces formations soient la naturopathie, l’ostéopathie, la médecine chinoise etc etc.
Il est tout à fait juste de dire qu’il peut effectivement s’avérer dangereux, de manipuler un animal, sans pouvoir écarter une dysfonction organique ou un problème d’ordre structurel sévère (manipulation ostéo sur une fêlure osseuse prise pour un abcès par exemple…).

En l’absence d’une règlementation claire sur les formations, l’on voit se multiplier des praticiens trop peu formés, qui peuvent former d’autres gens à leur tour. [ndlr: C’est le cas en podologie équine et c’est complètement délirant!] Le résultat de la pratique est parfois décevant au point de provoquer un certain dédain, voire colère des propriétaires pour ces médecines dites « alternatives », et ils n’ont pas tort ! Dépenser de l’argent pour faire soigner son animal n’implique pas d’obligation de résultat pour le praticien. Néanmoins, la mauvaise presse se repend très vite, et la situation devient telle, qu’il est compliqué pour les praticiens soucieux du sérieux de leur travail, de convaincre de l’utilité de leur discipline.

VERS UNE RECONCILIATION DES MEDECINES ?

Comme nous le verrons dans le prochain article, le camouflage systématique des symptômes n’est pas une stratégie viable sur le moyen ou le long terme. Cela étant, le fait d’éliminer les symptômes avec un ou des intrants chimiques, peut tout simplement sauver des vies. La question fondamentale étant la suivante, Quand est pourquoi avoir recours à telle ou telle pratique thérapeutique ? Prenons deux exemples concrets :

LA DOULEUR :

La douleur est un avertissement. Il s’agit d’une alarme du corps, destinée à prévenir. Lors d’une douleur abdominale, en règle générale, le cheval se met instinctivement à jeun, la sensation de faim disparait.
Cette douleur permet à l’organisme d’adopter les réflexes nécessaires.
En cas de trauma (coup de pied par exemple), le processus inflammatoire va se mettre en place, ainsi que les compensations musculaires nécessaires au repos de la zone lésée (boiterie).

Lorsque la douleur dépasse un certain seuil cependant, elle devient non plus nécessaire mais pathogène, et peut mettre en danger la vie du cheval. Le travail de la médecine chinoise, ou même de la naturopathie, fait appel aux fonctions physiologiques du corps. Le cheval doit pouvoir être en état de métaboliser les produits que vous lui donnez et/ou de réagir aux stimuli des outils de la médecine chinoise.

De la même manière, et à l’exception d’une poignée de praticiens particulièrement aguerris et expérimentés, la médecine chinoise n’est pas indiquée dans le cas de douleurs aigües pathogènes. L’administration d’antalgiques de stade II ou III en IV ou IM selon la gravité de la situation, par le vétérinaire, est primordiale dans ce genre de situation. La douleur épuise très rapidement les fonctions organiques et entraine l’aggravation des symptômes. La dyspnée, la baisse de saturation d’oxygène, les spasmes, la transpiration profuse… quel que soit l’origine et/ou le foyer de la douleur, il est primordial avant toute chose de la stopper.

LE PROCESSUS INFLAMMATOIRE :

La réaction inflammatoire est un processus dynamique qui inclue plusieurs stades de développement et qui vise à protéger une zone lésée. Dans la première phase, on parle de réaction vasculo-exsudative. En fait, le sang sort des parois vasculaires qui sont atteintes. La zone devient rouge, chaude et douloureuse. Il s’agit d’une réaction tout à fait normale du corps, une réaction immunitaire, donc de défense, face à une agression.

La perméabilité des cellules endothéliales, qui composent le réseau vasculaire (artériel puis capillaire si la phase est aigue) augmente le volume de l’afflux sanguin ainsi que la vitesse de ce flux, permettant la migration des leucocytes (globules blancs).
Le but, étant que les cellules dites phagocytaires, puissent atteindre la zone abimée, par ce biais. Ces cellules ont le pouvoir particulier d’absorber les particules pathogènes présentent.

Dans le même temps, le système immunitaire produit des anticorps. Ces deux systèmes de défense, en synergie, luttent contre les micro-organismes pathogènes.

Il s’agit de la seconde étape du processus inflammatoire, qui se situe donc au niveau cellulaire.

La cellule macrophage, absorbe les particules pathogènes présentent, et identifient les antigènes. Les antigènes sont les pathogènes à éliminer. Ils provoquent la réaction immunitaire. Une fois « mémorisés », l’antigène est transmis à une cellule auxiliaire appelée cellule T. La cellule dite B, cellule plasmatique, fournit quand à elle, les anticorps nécessaires à la destruction de l’antigène responsable de la réaction inflammatoire.

Si cet antigène n’est pas déjà connu par le corps, alors une cellule « mémoire » est créer, afin de faciliter la réaction immunitaire future en cas de re-présentation de l’antigène. C’est ce que l’on appelle l’immunité dite « adaptative »

Il est donc NORMAL d’observer une chaleur, normal de constater un gonflement, et la présence d’une douleur. EN parallèle, un pic de fièvre léger à modérer, est le témoin sain, d’une immunité active !!!

Pourquoi un œdème se forme en même temps ??????

La perméabilité vasculaire permet à l’eau contenue dans le plasma sanguin, de rejoindre les tissus par effet d’osmose.
Le role de l’oedeme est TRES important ! C’est en fait lui qui fait office de remède à l’inflammation. Voilà pourquoi il ne faut surtout pas mettre d’argile sur un oedeme pour en drainer le liquide !!! En fait, le liquide permet l’apport massif d’anticorps, permet de diluer l’agent pathogène et de limiter dans l’espace, le foyer de l’inflammation.

Le dernier stade, est le stade de cicatrisation. Des agents coagulants, ainsi qu’une population microbienne, créer de la « fibrine ». Un genre de structure spécifique, comme une petite pyramide de la profondeur vers la surface, qui permet de nettoyer les cellules phagocytaires et favorisent la cicatrisation.

Les cellules phagocytaires sont des globules blancs. Lorsqu’ils sont morts, ils sont naturellement évacués par les émonctoires, c’est ce qui forme le pus. Donc, le pus est donc par définition « antiseptique ». Il a éliminé le pathogène et, est éliminé à son tour. C’est donc, contrairement à ce que l’on croit une très bonne chose !!!!!!!!!!!!!

Le système lymphatique est chargé d’éliminer l’œdème lorsque celui a terminé son travail.
Il peut arriver que les vaisseaux lymphatiques soient à leur tours inflammés (lymphangites) mais ce sera l’objet d’un autre article.

La phase finale de cicatrisation, étant la synthèse de collagène par le biais des fibroplastes (stimulés par les cellules macrophages), afin de générer de nouveaux vaisseaux.

Les intrants chimiques dits « anti-inflammatoire » altèrent ce processus. L’idée étant d’empêcher la perméabilité vasculaire. Pour faire court, la première phase dite vasculaire, de la réaction immunitaire est empêchée.
La douleur disparait, ainsi que le gonflement et la chaleur. Malheureusement, l’apport de leucocytes et donc la deuxième phase dite « cellulaire » du processus inflammatoire, est également entravée. Ce qui est d’une part contre -productif mais également très dangereux.

Ensuite, des soins locaux, généralement l’argile, visent généralement à supprimer l’œdème ce qui est une énormité. Enfin, à chaque fois qu’une trace de pu est détecté, les antiseptiques de tous bords viennent annihiler l’ensemble de ce processus délicat en détruisant les bactéries qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

L’inflammation peut être aigüe en réaction à un traumatisme d’origine externe ou une attaque bactérienne etc… Ou chronique.

Dans le cas des inflammations chronique, c’est une réponse violente de l’organisme à un environnement nocif. Environnement au sens large (alimentation, relations sociales du cheval, mouvement, lumière, qualité de l’air, de l’eau, de la relation avec l’humain etc etc…).
L’inflammation chronique (fourbure, myosite, dermite estivale, « gratte », lymphangite, capsulite, arthrite, pancréatite, gastrite…) est une réaction allergique à l’environnement combinée à une saturation des émonctoires avec une acidose.

Comme vu dans le précédent article, la rate en médecine chinoise « gouverne le sang ». Son rôle dans le métabolisme est primordial et elle est aussi responsable de l’axe neuroendocrinien (nous développerons dans un prochain article).

L’utilisation D’AINS dans les pathologies inflammatoires est donc un non- sens. Les moyens de contenir une inflammation, d’en atténuer les symptômes sont nombreux sans porter préjudice au processus inflammatoire nécessaire.

Encore une fois, dans le cas d’une myosite, ou d’une crise de fourbure, la douleur doit être contenue. IL NE FAUT PAS LAISSER LE CHEVAL SOUFFRIR TROP OU TROP LONGTEMPS.

L’aspirine de synthèse est un anti-inflammatoire comme un autre. L’aspirine naturel est connue depuis l’antiquité et provient de l’écorce de saule. Lorsque l’inflammation commence, voir même par anticipation en cas de crises répétées, le meilleur à faire est de mettre le cheval sous écorce de saule qui est à la fois antalgique, anticoagulant et qui limite l’inflammation sans en entraver le processus.

L’infection, la fièvre… répondent au même raisonnement. Qu’il s’agisse d’huiles essentielles, de plantes, de stimulation de points d’acupuncture… l’organisme doit être en état de métaboliser la substance induite.

Lorsqu’il n’est pas en état, la panoplie chimique prend le relai pour se substituer à l’absence ou aux manquements de l’organisme. En revanche, l’on sait qu’il faut environ 1 ans aux intestins pour retrouver un équilibre fonctionnel sain au niveau de son microbiote après une antibiothérapie. Or, un professionnel correctement formé, saura faire la différence et évaluer le stade de gravité d’une infection afin d’en adapter la prise en charge.
Bien souvent, la nature nous offre la possibilité de guérir sans détruire ou produire d’autres déséquilibres peut-être autant voir plus néfastes sur le long terme que la situation initiale.

De la même façon, le corps ne se donne plus la peine, de produire naturellement les substances qui lui sont administrées sous forme de synthèse. C’est pourquoi l’emploi de certaines molécules en réponse à une situation pathologique chronique ne pourra qu’empêcher un retour possible à l’autonomie de l’organisme et donc la guérison. Favorisant, sur le long terme, l’apparition d’autres désordres qu’il faudra là encore traiter par d’autres médications invasives.

On pourrait prendre beaucoup d’autres exemples probants, mais la conclusion est la même. Le bon sens et la logique prévalent toujours sur ce qu’il convient de faire. Personne ne connait son cheval mieux que son propriétaire. Comment est-il d’habitude, quel est son rapport à la douleur, comment réagit- il aux soins proposés…

En tant que propriétaire, on est soumis à ce que nous raconte le praticien, peu importe sa formation. L’exemple du garagiste est une bonne métaphore. Lorsqu’on est pas mécanicien et qu’on emmène sa voiture au garage, on doit croire sur parole le garagiste et avoir foi en son diagnostic.
Petite anecdote : Jument douloureuse qui ne pose plus le postérieur droit. Samedi soir 22h. Vétérinaire de garde se déplace, et diagnostique un abcès, pose un animalintex et s’en va. Facture : 200 euros. La propriétaire insiste, sa jument fait régulièrement des abcès, elle n’a jamais été aussi douloureuse. Transpiration profuse, prostration, FC a plus de 60. Le cas s’aggrave. Le lendemain matin, sa vétérinaire habituelle est intervenue en urgence sur une colique gazeuse.

Des erreurs peuvent se produire. Mais quelque soit la personne qui est en face de vous, elle doit vous écouter, elle doit répondre à TOUTES vos questions et doit pouvoir vous expliquer la logique de sa prise en charge thérapeutique et/ou les risques éventuels qu’elle comporte.

Un bon praticien qu’il soit vétérinaire, praticien MTC ,ostéopathe ou autre…est un praticien qui doit savoir vous écouter, écouter votre cheval, vous expliquer ce qu’il fait et reconnaitre les limites de son champ de compétence. J’ajouterai qu’un excellent praticien est intéressé par toute prise en charge thérapeutique efficace quelque soit sa nature, et sortir de son domaine de connaissance personnel lorsque l’intérêt du cheval le sollicite. Sa volonté de s’enrichir de l’expérience des autres est la plus belle marque de compétence pour un praticien dans le domaine de la santé !

(j’engage bien sûr tout détenteur d’équidés à faire appel à un vétérinaire diplômé et à son avis éclairer avant toute prise de décision. Lui seul est habilité à établir un diagnostic médical )

 

2 Comments on “VERS UNE CONVERGEANCE DES PRATIQUES ?

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