fbpx

LES ORGANES EN MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE

Comme suggéré dans mon précédent article sur la convergence des médecines, la médecine occidentale, voit l’évolution de sa pratique se développer sur une base anatomique ou plus précisément, anatomo-clinique. Hippocrate, est le plus connu des médecins de l’antiquité.

Malgré son rôle de pionnier en termes de découvertes anatomiques, ses contemporains lui ont préféré les travaux de d’Aristote qui extrapolait les conclusions de dissection animale, à l’être humain. C’est une des raisons pour laquelle, la médecine occidentale dans son aspect physiologique fonctionnel, est un tel échec. Les repères anatomiques sont extrêmement précis et les progrès en matière de traumatologie et de chirurgie sont indéniables. Mais l’exploration fonctionnelle est basée sur une conception pour le moins incomplète de son fonctionnement. Comme le dit si bien le prix Nobel de chimie Linus Pauling

« Les progrès de la science sont une mise à jour des erreurs »

 

Hippocrate lui-même, et Galien plus tard, s’appuient très largement sur la théorie des quatre éléments. Une vision dite « philosophique » du monde qui admet l’air, la terre, le feu et l’eau, comme les composants primaires, et en analysent les interactions et leurs influences en terme médical sur les individus.

 

Hippocrate a également développé une « théorie des humeurs » (-400) : que l’on appelle aujourd’hui HOMEOSTASIE. C’est-à-dire, le rétablissement de l’équilibre interne, en interaction avec les quatre éléments.

En Grèce, et jusqu’à la période de la Renaissance, le contrôle de l’alimentation et l’hygiène de vie, conditionnaient de manière direct l’état de santé.

Il est donc étonnant, que les théories du médecin qui prête son nom au serment de la pratique médicale, soient précisément les théories qui aujourd’hui apparaissent farfelues et charlatanesques !!!

 

La médecine chinoise, remonte à quelques milliers d’années avant JC.

A la différence de la Grèce antique, les médecins Chinois ont établi un système composé de 5 éléments. Le bois, le feu, la terre, le métal et l’eau.

Lorsque l’on parle d’un organe, lors d’un diagnostic clinique (que seul un professionnel de santé munis d’un diplôme de médecine peut établir), on parle de l’élément entier.

 

L’organe, l’entraille, le tissus, l’émotion associée, l’organe des sens, les sécrétions, le climat, la saison, la fréquence sonore, le point cardinal, la couleur, etc etc etc…

Voici un tableau, bien connu des ouvrages de vulgarisation, qui classe l’ensemble des caractéristiques de ces éléments. (Noter que le cheval ne possède pas de vésicule biliaire propre, la fonction biliaire étant prise en charge par une partie des fonctions du foie).

 

 

 

ELEMENT    BOIS      FEU               TERRE METAL EAU
ORGANE FOIE CŒUR-MC RATE POUMON REIN
ENTRAILLE VB IG/TR ESTOMAC GI VESSIE
TISSUS TENDONS,MUSCLES,

CORNE

VAISSEAUX CHAIRES PEAU/POILS DENT,OS,

MOELLE,crin

LIQUIDE LARMES SANG SALIVE FLUIDE SUEUR URINE
ORGANE DES SENS YEUX LANGUE BOUCHE NEZ OUIE/OREILLES
POINT CARDINAL EST SUD CENTRE OUEST NORD
SAVEUR ACIDE,AIGRE AMER DOUX PIQUANT,ACRE SALE
COULEUR VERT ROUGE JAUNE BLANC NOIR
SENTIMENT COLERE JOIE/FRAYEUR MEDITATION TRISTESSE PEUR
SAISON PRINTEMPS ETE IS AUTOMNE HIVERS
POULS TENDU AMPLE PAISIBLE SUPERFICIEL PROFOND
CLIMAT VENT CHALEUR HUMIDITE SECHERESSE FROID
CYCLE CIRCADIEN AUBE MIDI APRES MIDI SOIR MINUIT
SYSTEME MOTEUR CIRCULATOIRE

NERVEUX CENTRAL

NEUROVEGETATIF

COMPORTEMENTAL

DIGESTION RESPIRATOIRE

CUTANE

GENITO-URINAIRE

OSSEUX

 

D’un point de vue pratique, l’analyse clinique des symptômes perçue par le praticien (vétérinaire), doivent donc avoir une lecture élargie. Une myosite par exemple, ne peut être prise en charge, (hors symptomatique) sans une recherche minutieuse, de déséquilibres fonctionnels organiques au niveau du foie/VB avec des indices potentiels au niveau du système tendineux ligamentaire, de la sphère oculaire, des muqueuses….

Cet exemple, n’est qu’un exemple parmi d’autres qui nous montre l’utilité pratique du tableau qui est l’un des outils de ma MTC dont l’interaction des éléments en est le socle.

Il est possible de recourir par exemple à la saveur de l’élément , par le biais de l’alimentation, pour rétablir l’aspect fonctionnel d’une sphère organique. Il est également possible de prévoir certains désordres saisonniers grâce à la lecture du tableau.

La nature donne toujours le remède saisonnier nécessaire. La sève de bouleau est récoltée en février. Or, il s’agit d’un puissant drainage rénal et le rein est à son maximum énergétique en hivers.

La saison du foie est le printemps, d’ou un multitude d’abcès, le début des dermites… Toutes les plantes nécessaires au nettoyage du foie fleurissent au printemps (pissenlit, pâquerette, chardon, artichaut…) C’est pourquoi il est aberrant de faire un drainage hépatique en hivers! Ce faisant, on draine en réalité l’énergie de soutien qui se constitue à la saison qui précède celle de la pleine activité du foie.

Contrairement à la perspective anatomique de la médecine occidentale, la médecine Chinoise lui préfère une approche physiologique.

La logique des interactions entre les éléments anatomiques est représentée selon des cycles. Le cycle SHENG, le cycle KO, le cycle WU. Nous ne rentrerons pas ici dans le détail du fonctionnement de ces cycles qui feront l’objet d’un article consacré.

Certains cycles sont « vertueux », ce qui d’un point de vue physiologique signifie concrètement que le travail de transformation d’un organe, (alimentation en énergie par exemple), de transport, de stockage, permet aux autres organes de fonctionner eux aussi correctement. Au contraire, lorsqu’une dysfonction apparait, on rentre dans un cycle de perturbation, (absence de régulation, contrôle excessif d’un organe par un autre etc…)

Pour reprendre notre exemple de myosite, le praticien (vétérinaire)  doit saisir tous les indices cliniques possibles, afin de savoir si le déséquilibre du foie, est occasionné par la faiblesse fonctionnelle d’un autre organe… Les hypothèses ne sont pas infinies mais multiples. Il est donc primordial de maitriser TOUS les outils de la MTC pour en anticiper, l’évolution etiopathogénique.

Là, ou la médecine occidentale, va s’attarder sur les symptômes, en ayant uniquement recours aux molécules qui permettront d’en juguler l’expansion ou la gêne occasionnée, la MTC va étudier minutieusement l’environnement au sens large de l’individu (alimentation, milieu de vie, qualité des relations sociales…)

Il est tout à fait courant de voir des anti-inflammatoires prescrits sur des myosites. Malheureusement, le répit douloureux ne sera que de très courte durée dans la mesure ou non seulement la guerison des lésion est empêchée (comme expliqué dans l’article consacré à l’inflammation) et que la cause profonde des crises ne sera pas traitée. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille laisser le cheval douloureux !!!

Reprenons d’autres exemples de lecture du tableau. La vie d’un individu se scinde en quatre parties. La croissance, l’adolescence, l’âge adulte et la vieillesse. En terme physiologique, on pourrait décliner ces quatre parties comme suit :

  • La fabrication et la croissance des structures
  • La maturation
  • L’usure
  • La dégénérescence

 

En terme pratique, il est intéressant d’avoir recours au tableau. Les jeunes chevaux, dont la croissance ne se termine que vers les 5 ans, sont « bois ». Cela signifie qu’ils sont plus enclins à développer des troubles liés à cet élément- là dans cette partie de leur vie. Il est donc primordial de s’attacher à la santé musculaire, tendino-ligamentaire, au foie et à sa fonction biliaire.

Il n’est pas rare, même courant de voir des chevaux de 3 ou 4 ans, sortis du champs et rentrés en box pour commencer le travail. Le manque de mouvement impactant en premier ordre le foie, c’est une double peine pour le jeune cheval!

Par ailleurs, la croissance osseuse n’est pas terminée. Et, à moins que le cavalier soit vraiment très très léger par rapport au gabarit de son cheval, que la selle soit parfaitement adaptée par un professionnel, et que les pieds soient gérés en PEL, les problèmes ne font que commencer. (Dermites dermatites en tout genre, tendinites à répétition, myosites (ou coup de sang), fourbure et autre troubles métaboliques d’ordre hépatique….)

Exemple : Cheval de 5 ans, uvéites à répétition avec chaleur oculaire et écoulements. Traitement : injections de cortisone qui n’ont pas fonctionné. Antibiothérapie, traitement anti-inflammatoire qui n’ont pas fonctionné. Le cheval a été envoyé en clinique. Il a été opéré pour insérer directement un dispositif intracrânien… 6000 euros de frais, le cheval présente désormais des épisodes spasmodiques incontrôlés du côté du boitier, depuis la base proximale du scalène moyen jusqu’au buccinateur.  Le tout sans mettre fin aux épisodes d’uvéites.

 

L’hypothèse étant, (selon un autre vétérinaire des plus qualifié en MTC), qu’il aurait peut-être été judicieux de se pencher plus avant sur l’état général, sur la sphère hépatique afin d’éviter un traitement invasif coûteux et délétère. (puisque la sphère oculaire est lié au foie dans l’élément bois).

A l’inverse, chez les vieux chevaux, dont les structures commencent à s’user, c’est la sphère rénale qui est sensibilisée. L’épuisement des ressources énergétiques du corps (le JING en MTC), va favoriser la perte de densité osseuse, d’émail, d’ouïe… On observera également la chute des crins, et une tendance à avoir des difficultés à thermo-réguler le corps.

L’énergie déclinante occasionne également un défaut de maintien de ces structures et donc de la posture générale. On pourrait continuer longtemps avec une liste de symptôme exhaustive. L’important, étant de comprendre que le tableau nous aide à synthétiser les éléments qui nécessite un surcroit d’attention afin de prévenir justement l’arrivée de ces problèmes. A noter que si ce genre d’indice apparait chez un cheval qui n’est pas âgé, l’état est sérieux.

Les caractéristiques psychologiques du cheval, peuvent aussi se lire par le prisme des éléments. On dit souvent que les chevaux sont métal. La raison en est simple. L’équidé est un animal qui adopte des routines saisonnières sur son territoire dans la nature. Chaque plage horaire est dédiée à une activité et il n’aime pas le changement en règle générale.

Mais chaque cheval est différent c’est pourquoi dans n’importe quelle médecine, il est absurde de faire des généralités : « telle plante fonctionne bien pour l’asthme, telle activité est bénéfique physiquement pour les chevaux… etc ». Il faut connaitre son terrain, savoir si son état permet de métaboliser correctement les plantes en question ou les compléments alimentaires…

L’origine d’une grande partie des affections est émotionnelle. Un cheval sauvage en troupeau ne fera ni fourbure, ni asthme, ni colique, ni myosite… à moins d’une faiblesse constitutionnelle, et sauf rare exception, nous avons pu l’observer dans plusieurs troupeaux en semi-liberté.

L’asthme chronique, les atteintes circulatoires, les ulcères… la liste est longue.

Ces problèmes courants chez les chevaux doivent être pris en charge en étudiant rigoureusement l’environnement. La présence de polluants environnementaux, l’histoire du cheval… La prise en compte de la qualité de l’environnement à l’instant T est primordiale pour restaurer l’état de santé. Un cheval qui manque de contact avec ses congénères, qui ne sort pas suffisamment, qui manque de stimulation ou qui est surmené, dont l’alimentation n’est pas adaptée, ou encore qui ne peut se servir correctement de ses pieds, aura peu de chance d’être ou de rester en bonne santé.

Article par : Myllie DELEPINE

2 Comments on “LES ORGANES EN MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE

Répondre à Zailer Annuler la réponse.

%d blogueurs aiment cette page :