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La dérive est grande dans les  produits de soins destinés aux chevaux.

D’une part l’absence de règlementation européenne laisse libre cours à tout un chacun d’utiliser tout ingrédient commercialisé, qu’il soit inutile, irritant ou même toxique.

D’autre part bon nombre de marques s’accaparent l’anthropomorphisme pour vendre du « démêlant glitter » avec des paillettes ou des « booster de pousse » en utilisant un vocabulaire marketing laissant croire une grande maîtrise scientifique…

Pourquoi s’est-on tant éloigné du bon sens, des ressources naturelles et des connaissances accumulées par les générations précédentes? Et pourquoi n’utilise-t-on pas mieux les formidables progrès en termes de connaissances scientifiques?

La réponse est très simple, aujourd’hui c’est moins cher, plus facile et moins contraignant d’acheter des produits issus de la chimie conventionnelle. En effet, toute une série de molécules de synthèse sont disponibles à bas prix. Peu importe leur procédé de fabrication et des conséquences parfois dramatiques pour l’environnement. Actuellement un grand nombre de microplastiques (interdits dans la cosmétique humaine), est encore présent dans les savons, shampoings et autres produits lavants utilisés sur les chevaux ou dans les écuries. Pourtant tout ira directement dans les sols pour y rester et les polluer insidieusement.

Le risque d’une utilisation de produits de soins non naturels se situe certainement dans les risques environnementaux mais impacte également directement la santé de votre cheval.

Certes, on pourra obtenir l’efficacité souhaitée mais la plupart du temps au détriment d’un état général. Prenons l’exemple de la bétadine pour traiter une plaie, en badigeonnant la plaie on obtient des tissus aseptisés mais on détruit également tout le microbiome tant utile à la cicatrisation. En utilisant un shampoing à base de sulfates ou de dérivés de sulfates (ce qui est la cas de 90% des shampoings pour animaux), on obtient un belle mousse qui donne l’impression de bien laver la robe mais en réalité on fragilise le derme qui se protègera moins bien naturellement, deviendra plus sensible, ce qui nécessitera plus de traitements. Ainsi la roue tourne dans le mauvais sens.

Dans les soins pieds on a beaucoup d’exemples ou le pied est soigné mais devient plus fragile et récidive plus fréquemment après l’utilisation d’ingrédients issus de la chimie conventionnelle ou de la pétrochimie.

Mais quel est vraiment le sens d’une telle consommation? Quel est l’utilité pour son cheval?

Dans les soins, la sobriété doit être de mise. L’essentiel est apporté par la nature elle-même si on sait l’observer et l’écouter. Il nous paraît aujourd’hui utile mais certainement aussi nécessaire de revenir à l’essentiel tant au niveau de l’objectif que des moyens utilisés.

Des pieds sains avec des produits sains.

Les formidables connaissances scientifiques disponibles  et les expériences accumulées permettent un choix pertinent des ingrédients essentiels pour avoir des pieds en bonne santé.

Pour définir et composer une formulation, assurons-nous d’abord qu’il réponde à un besoin réel et ensuite que les actifs choisis pour composer la formule soient en capacité de le faire.

La concordance entre l’histologie et le choix des ingrédients.

L’histologie ou la structure des tissus du sabot sont des évolutions de l’épiderme qui en fonction des pressions environnementales subis, ont évolués vers un épaississement majeur et une modification de structure pour répondre à une fonction.

Les sabots, comme les ongles ou les griffes et les corne sont les résultats de cet épaississement.

Qu’il s’agisse de tissus mous, de tissus feuilletés, veloutés ou fibreux, ces structures répondent au rôle que les cellules se sont vus attribuer au fil de leur évolution. Dans l’article  « Anatomie du sabot: La structure et les problèmes du derme », nous retrouvons les différentes structures adoptées par les cellules pour répondre à leur fonction.

Toutes sont  constituées en grande partie de kératine, une famille de protéines utilisée comme élément de structure. C’est le constituant principale des phanères (poils, plumes, corne, ongle, bec). La kératine se développe justement à la surface et se renouvelle continuellement. Ce qui la caractérise sont ses taux élevés en acides aminés soufrés permettant de former des pont disulfure entre les molécules et leur donne leur rigidité.

Ces cellules sont soumises à un environnement dans lequel évolue le cheval. Cet environnement sera caractérisé par un grand nombre de variables allant du taux d’humidité, à la température,  aux type de revêtement de sol, minéral ou végétal. Mais elles rencontreront également un grand nombre d’autres organismes vivants, certains cohabitent, certains envahissent comme les bactéries, les champignons, les virus ou les parasites.

Le cheval, en situation de liberté, avant la domestication, se déplaçait sans cesse, faisant varier son environnement et son alimentation de manière à traiter naturellement les agressions subies.

Actuellement le cheval ne peut pas se soustraire à certaines conditions de vie auxquels il ne peut plus répondre tout seul. L’objectif est de l’accompagner dans sa réponse à l’agression ou l’agresseur mais de la manière la plus naturelle possible, par biomimétisme. En copiant ce que fait déjà la nature mais en lui donnant un coup de pouce.

Pourquoi? Simplement parce que c’est ce qu’il y a de plus efficace et de plus durable.

Prenons un exemple simple: une blessure au pied est traité par un bain de pied avec un super désinfectant d’origine chimique. Certes, on aura obtenu ce qu’on cherchait, une zone complètement aseptisée. Tellement bien que tout le micro-biome extrêmement utile à la cicatrisation et à la protection naturelle contre les agressions ou l’inflammation a également disparue. La fragilité s’installe et le cercle infernal des récidives démarre. C’est le cas de bon nombre de traitements contre la gale de boue par exemple.

Les ingrédients clés de la gamme PEL:

Les tanins de châtaignier

Le Castanea fait partie de la famille des Fagacées et est à la fois un arbre fruitier et forestier.

Son bois possède des caractéristiques très intéressantes et est naturellement écologique puisqu’il n’a aucun besoin d’être traité contre les insectes et les vers. En effet, en raison de la présence de tanins, les ellagitanins, le bois est imputrescible, résistant à la pourriture (champignons), et aux parasites. Pour l’arbre c’est un moyen de défense contre les microbes pathogènes. C’est un bois également connu pour sa solidité et sa souplesse.

Les ellagitanins du châtaigner sont des polyphénols formés d’un sucre lié à des acides galliques et dérivés d’acides galliques. Ils se fixent particulièrement bien sur les protéines des membranes biologiques. Les tanins fixés sur les membranes cellulaires les protègent de la fixation des micro organismes et inhibent leur réplication. Ceci leur confère des vertus antiseptiques, antibactériennes, antiparasitaire et antiviraux.

Puis, ils ont aussi pour spécificité  de resserrer les fibres donc de renforcer ces constructions cellulaires. Le tannage des peaux s’obtient d’ailleurs par construction de liaisons entre les fibres de collagène de la peau qui a pour conséquence de la solidifier et de la rendre imputrescible.

La structure chimique des ellagitanins est favorable pour exercer des propriétés antioxydantes. Les tanins luttent contre le stress oxydatif subit par les cellules. Ils aident donc à garder les cellules en bonne santé.

Pour autres propriétés, les tanins participent au processus anti inflammatoire, sont vasoconstricteurs, protecteurs vasculaire et hémostatiques, permettant d’arrêter une hémorragie.

Le tanin de châtaigner extrait sous forme de poudre du bois de châtaigner est donc un ingrédient 100% naturel et extrêmement intéressant pour traiter la sole et la fourchette: les tissus moues.

Nous avons vu que la kératine, principale pierre de construction du derme du sabot est essentiellement composée de protéines. Nous savons également que ces tissus sont particulièrement exposés aux micro organismes de par leur conditions de vie (piétinement dans les box, terrains boueux etc). Les ellagitanins apportent une réponse parfaite: ils se lient au protéines et leurs propriétés spécifiques apportent des réponses aux stress subi.

C’est donc un ingrédient de très grand intérêt pour les soins des pieds.

 

Références :Ellagitannins, Ellagic Acid and Their derived metabolites: a review about source, metabolism, functions and health, J.M. Landete, 2011

Antioxidant antimalarial and antimicrobial Activities of Tannin rich Fractions Ellaitanins and phenolic acids, Plant Med 2007.

 

L’argile verte

L’argile est un des matériaux les plus anciens utilisé par l’humanité. Cette substance a été formée par la nature il ya des millions d’années, à l’époque où la terre était très riche en force vitale. Il n’existe pas une mais des argiles.

L’argile n’est pas de la terre mais un roche fractionnée en milliards de particules très petites et de forme plane. Elle est de l’ordre d’un micron dans leur longueur et mesurant quelques nanomètres dans leur épaisseur. Chaque particule est composée d’un empilement de feuillets et chaque feuillets et formé de 3 couches, 2 couches de silice en surface et 1 couche médiane d’alumine. Le fer, le magnésium et le calcium remplacent par moment l’aluminium créant des charges négatives à l’intérieur des feuillets.

L’argile est donc riche en minéraux et oligo éléments. Les feuillets d’argile se fixent facilement sur un support, leur adhérence est très efficace. Cette propriété permet  de former un pansement protecteur mais permet aussi d’enrober un petit ensemble différencié telle une bactérie et de l’inhiber en l’isolant du milieu, ce qui limite son action: l’argile capture les bactéries, impuretés et parasites cutanés. C’est un excellent assainissant.

Cette activité bactéricide est expliquée par un mécanisme lié au fer ferreux et à la production de radicaux hydroxydes selon une réaction (appelé réaction de Fenton) qui aboutit à la formation d’un radical hydroxyle (OH) qui est le deuxième oxydant le plus puissant dans la nature après le Fluor.

Nous avons choisi une  argile verte, la  Montmorillonite du nom de sa ville d’origine Montmorillon dans la Vienne.

Cette argile détient un forte concentration en silice. Très pure, elle présente un intérêt supérieur aux autres argiles au niveau d’une utilisation topique, en particulier pour favoriser la cicatrisation car l’argile favorise la reconstitution des tissus lésés.

C’est l’argile la plus absorbante mais aussi la plus adsorbante (phénomène par lequel des atomes liquides ou de gaz se fixent sur une surface solide).

Utiliser les propriétés revitalisantes et énergisantes de l’argile nous semble particulièrement indiqué dans les soins des pieds du cheval.

Si vous voulez tout savoir sur les meilleurs usages de l’argile: Thèse Doctorat en Médecine Les Silicates d’alumine en thérapeutique , Jade Allègre 2012

Le Miel de châtaignier.

Le miel de châtaignier a plusieurs  vertus sur l’organisme.

Son arbre d’origine est un grand producteur de pollen. Le châtaignier  est connu pour secréter du nectar et éventuellement du miellat ce qui en  fait sa spécificité.

Le miel est en réalité très complexe composée de 180 à 200 substances différentes.

Le miel est utilisé depuis des millénaires pour prendre en charge un grand nombre de plaies. Aujourd’hui le miel est aussi utilisé en milieu hospitalier et a fait l’objet de nombreuses études scientifiques car il est actif sur toutes les phases de la cicatrisation.

La cicatrisation est également un phénomène très complexe faisant intervenir une multitude de cellules, composants inflammatoires et de médiateurs solubles (cytokines) qui communiquent et interagissent pour reconstituer le tissu lésé. C’est un processus dynamique en plusieurs étapes: la phase de détersion, la phase de prolifération et  la phase de maturation.

La phase de détersion a pour but de stopper le saignement, d’éliminer les divers débris et d’assurer une défense contre les infections. La phase de prolifération est celle du bourgeonnement où se forme le nouveau tissu. Puis la phase finale sera celle où le tissu de bourgeonnement se transforme en tissu cicatriciel pour recouvrir la plaie.

Les facteurs les plus pertinents du miel sont le Peroxyde d’Hydrogène, sa pression osmotique, et son PH acide. Par divers mécanismes, l’eau oxygénée du miel renforce la détersion et facilite la formation des tissus de granulation. L’osmolarité du miel quand à elle, entraîne l’afflux des fluides dans le lit de la plaie, les débris dévitalisés et nécrotiques sont alors éliminés. L’acidification de la plaie par le miel soutient la prolifération fibroplastique lors de la phase de granulation.

Le miel aura aussi une action antalgique et une action sur l’inflammation.

Si nous avons choisi le miel de châtaigner c’est parce qu’il est classé parmi les meilleurs miels dans sa capacité à soutenir la cicatrisation. Très riche en polyphénols (5 fois plus que le miel d’acacia par exemple), une excellente valeur ORAC qui établi le pouvoir antioxydant, (jusque’à 6 fois celui d’un miel multifleur) et un bonne osmolarité.

Dans les soins des pieds, le miel apporte tous les éléments nécessaires pour participer à la cicatrisation des plaies et lésions.

Le miel dans la cicatrisations des plaies, S Koechler, Thèse Université e Lorraine, 2015

Le tea tree

Le tea tree.

L’huile de ricin

Cette huile est composée à près de 90% d’acide ricinoléique (oméga-9), puis 5 % d’acide linéique (oméga-6), et d’acide palmitique et stéarique (1 à 2% chacun).. Cette uniformité de composition (grand majorité d’acide ricinoléqiue)  lui confère des caractéristiques uniques. L’acide ricinoléique possède un groupement hydroxyde sur la chaîne grasse qui le distingue des autres acides gras naturels qui en sont dépourvus.

Cette spécificité lui permet d’être directement compatible avec une grande variété de résines naturelles, de cires, de polymère et d’élastomère pour lesquels elle peut même servir de plastifiant. Elle a principalement été utilisé dans l’industrie chimique jusqu’à présent car la présence de ce groupe hydroxyde sur la chaîne grasse en fait l’huile végétale la plus dense connue. Il est possible d’obtenir un plastique naturel à partir d’huile de ricin. Il existe des brosses dont la fibre est issue de l’huile de ricin

Elle possède d’excellentes propriétés comme émollient et lubrifiant et fut d’ailleurs largement utilisée dans l’industrie automobile.

En cosmétique l’huile s’utilise pour les cheveux et la barbe dès le 19ième siècle. L’huile de ricin est très bien tolérée au niveau cutanée elle est nourrissante et adoucissante et possède des propriétés antibactérienne en antifongique qui permettent de régler le microbiome.

Cependant actuellement aucune étude scientifique n’explique précisément pourquoi et comment. C’est une huile qui fera certainement l’objet d’études plus approfondies sur ses bienfaits cutanés.

Mais aujourd’hui nous savons que cette huile est particulièrement bien compatible avec le tissu de la corne du sabot ce qui en fait un ingrédient de choix.

Franck Dumeignil January 2012OCL – Oilseeds and Fats, Crops and Lipids

Le vinaigre de pomme

Cet ingrédient, bien connu et utilisé par tous est aussi une star tant dans la prévention que dans le soin.

Issu de la fermentation de pommes, le vinaigre de cidre contient divers composés anti oxydants présents dans les pommes: l’acide acétique et des polyphénols anti-oxydants. Cette acide est issu d’un processus de fermentation des sucres se transformant en alcool qui grâce à des bactéries tient alors de l’acide acétique.

L’acide acétique  est utile pour conserver de la nourriture. Ses propriétés antiseptiques ont été utilisées pour traiter les mycoses et les infections à levure. C’est donc un excellent traitement anti fongique.

Il est également utilisé pour désinfecter et nettoyer. Selon certaines études  (2018 Scientific Reports DOI 10;1038), le vinaigre de cidre est capable d’empêcher le développement de bactéries et met en avant ce vinaigre comme alternatif aux résistances aux antibiotiques.

Utilisé dans le soin d’entretien de la sole et de la fourchette, c’est un ingrédient de choix pour le maintient d’une surface en bonne santé.

La formulation des produits PEL

Nous avons rassemblés les meilleurs ingrédients dans les soins des pieds afin de désinfecter, de réparer et de renforcer les différents tissus du pied. Mais nous pouvons faire encore plus.

L’ozonothérapie existe depuis des décennies dans le domaine médical. Pratiquée dès la fin du 19ième Siècle, de nombreux traités scientifiques ont été publiés sur ses propriétés curatives et bactéricides.

Son pouvoir guérisseur est colossal car l’ozone peut en quelques secondes tuer 99% des bactéries, champignons, levures, moisissures et virus. C’est l’agent oxydant le plus puissant de la terre.

L’effet de l’ozone permet de traiter les cellules malades. Comme l’ozone  (O3) a un atome d’oxygène supplémentaire et instable, cette cellule attire les autres cellules instables (les cellules endommagées).

Ces principes sont aujourd’hui applicables également en soins topiques car les liquides huileux et visqueux peuvent encapsuler l’ozone pour être libéré au moment de l’utilisation.

L’ozone va redynamiser les cellules et repotentialiser leur fonctionnement.

 

Dans le cadre du lancement de la gamme de soins PEL, nous seront présent Muriel (067soinsnaturelscheval) et moi au CSI de Bordeaux.

Vous pouvez retrouver mes produits sur la boutique PEL et la boutique 067:

www.boutique-pel.fr

www.0-6-7.com

A bientôt !

3 Comments on “Le choix des ingrédients et de leur association pour formuler des soins de sabots.

  1. Bonjour ! J utilise aussi beaucoup l huile de neem !!! Fantastique !!!

  2. Bonjour, il me semble avoir lu que l’argile a un tel pouvoir absorbant que la mélanger à d’autres substances serait inutile car elle les rendrait inopérantes, à l’exception du sel qui au contraire en décuple les propriétés (voir l’excellent livre de R. Dextreit « l’argile qui guérit ».

    • Bonjour,
      C’est surtout la zeolite qui a cette action de chelation.

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