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La prise de repères pour faire son parage.

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Récemment, j’ai été voir un client et je me suis aperçu qu’il avait mis les pieds de son cheval de travers en faisant son “entretien”. J’ai alors essayé de lui RÉ expliquer la prise de repères pour équilibrer le pied mais à  priori, c’était pas évident pour lui…

Du coup, ça m’a donné l’idée de faire un petit article.

Quand on a déferré son cheval, qu’on a passé la période chiante des soins, des bobos, des pourritures, des marches en main sur la route très régulières, et des grosses sensibilités… on voit les pieds s’améliorer et puis on commence à vouloir tâter de la râpe! (et de toute façon, ça devient obligatoire!)

Vient alors le grand moment de solitude…

Il est important de maintenir une paroi courte.


Voir l’article sur la charge périphérique!

Qu’est-ce que je fais?

+ + =

On aligne les structures ensemble! La chaussure (le sabot) doit être symétrique avec le pied (les structures internes)! (on comprend d’ailleurs avec mon petit montage toute la connerie des élucubrations de la méthode S. !!!)

En noir les structures internes, autour, le sabot. Les axes dont dépendent l’équilibre dynamique des structures, représenté par les flèches.

Un peu de théorie!

On peut voir que le but du parage d’entretien (que je différencie du parage de correction) est bien d’éliminer la corne en excès, en respectant au plus juste la forme physiologique du pied.

Petite vue en coupe: principe du chanfrein. On réduit la pousse de la paroi (l’avalure) avec une coupe à 45°.

On peut jouer sur le chanfrein en allant jusqu’à la ligne blanche OU en laissant de la paroi interne. La 1ère solution exposera plus la sole et donc la stimulera, MAIS aura tendance à sensibiliser le cheval si sa sole est encore fine. Suivant l’épaisseur de sole, son terrain, son programme, des évasements ou décollements de paroi, ou ses compétences, on laissera plus ou moins d’appui à la paroi. On pourra protéger le pied avec une boots le cas échéant pour sortir le cheval. Le but est avant tout une locomotion correcte!

Avant / après… probablement un antérieur gauche. (pourquoi?)

Le parage:

On essaye de faire correspondre les structures internes et les structures externes entre elles, donc en équilibre dynamique.

Petite définition trouvée dans mes cours de PEA (Podologie Équine Appliquée):

Concept d’équilibre appliqué aux pieds d’un cheval en mouvement ; se produit quand les deux talons atterrissent simultanément d’un point de vue dorsal ou palmaire/plantaire et du point de vue de la relation entre la pince et le talon au moment de l’impact d’un point de vue latéral.

Est donc différent de l’équilibre statique:

Concept de l’équilibre appliqué au pied du cheval immobile. Prend en compte la symétrie du membre d’un point de vue dorsal et l’axe pied-patûron d’un point de vue latéral.

L’équilibre dynamique ne peut être obtenu qu’en comprenant que le moyen d’obtenir l’équilibre des fonctions (des structures. ndlr) est de procurer au pied les stimuli corrects. Dans le cadre du Modèle HPT, l’équilibre dynamique est l’équilibre/harmonie des fonctions. Quand l’équilibre/harmonie des fonctions est obtenu, le contact parallèle au sol se produit. Le contact parallèle au sol associé à la délivrance de stimuli délibérés et corrects a pour résultat le bon entretien ou le retour à la santé de structures et de fonctions vitales.

C’est une notion très importante car c’est une des causes des erreurs et échecs de la maréchalerie, qui ne prend pas en compte l’harmonie des fonctions comme BASE, comme point de départ ni comme objectif principal.

Pour eux, seul l’équilibre statique est reconnu et recherché, quitte à employer des artifices pour y arriver! (cales, parages excessifs, formes non physiologiques) Sans équilibre dynamique, on ne peut pas avoir d’harmonie des fonctions et donc pas d’équilibre statique.

On peut par contre avoir l’impression d’avoir trouvé un équilibre statique SANS AVOIR d’harmonie des fonctions! Ce qui conduit à une lente détérioration des structures.

On doit donc pouvoir savoir si nos structures sont en équilibre dynamique, en vérifiant des points de repères précis.

Points de repères:

Commencez par prendre l’habitude de tracer des lignes de repères sur le pied.

A = l’axe longitudinal. Il passe par l’apex de la fourchette et par le centre de la lacune centrale.

B = l’axe transversal. Il coupe à 90° l’axe A, et passe par la tangente de la paroi. (l’endroit le plus large du pied)

C = la zone de la pince. Elle coupe à 90° l’axe A. Il suffit de trouver le milieu entre l’apex et le point de jonction entre la sole et la ligne blanche.

Cela permet de séparer le pied en 4. De mieux visualiser les problèmes de symétries et de se familiariser avec les axes du pieds.

Les point de repères:

1 = le point le plus haut, de la partie la plus large de la fourchette. (peu importe s’il est a gauche ou à droite de A)

2 = le point le plus bas de la lacune. (un de chaque côté)

3 = Correspond à la hauteur au dessus de 2. (doivent être égales de chaque côté)

4 = Correspond à la hauteur au dessus de 1.

5 = Surface d’appui des talons. (doit se situer, 1mm ou à raz de 8, et/ou à quelque mm ou à raz de 1)

6 =points situés sur B, à la jonction du fond des lacunes.

7 = points sur B, à la jonction entre la sole et la ligne blanche.

8 = zones de sole situées juste devant les talons. (“seat of corn” in english!)

Si on n’a pas de fourchette pour se repérer pour les talons, on a le “seat of corn” mais s’il est abimé? Alors un coup de pelle! (non, je déconne)

On peut “imaginer” la VRAIE fourchette et positionner les talons juste au dessus. [note de 2020: cet logique n’est plus du tout d’actualité! La PEL est désormais différente de la PEA!] La podologie ne permet pas de sabrer les talons… les talons ont une FONCTION et par conséquent il est contre productif de les râper à sang… ou en dessous de la sole ou de la fourchette correctement développées.

C’est par l’harmonie des fonctions, (notamment un cheval qui pose talons en premier) qu’on va pouvoir avoir une croissance correcte et donc espérer retrouver de la fourchette. Car d’expérience maintenant, je sais que c’est avant tout par l’intérieur du pied, et un bon fonctionnement, que la santé des structures peut se retrouver. (pas par l’extérieur et des artifices ou des parages compliqués ou agressifs) [note de 2020: Le posé talons en premiers “heels first landind” en anglais est primordial. C’est en reculant les points d’impacts anatomiques qu’on peut trouver l’équilibre des fonctions… Faire ce geste demande de bien comprendre l’anatomie et la gestuelle et donc de se former… 😉 )

DONC, On prend TOUJOURS ses repères  en regardant le pied par sa face solaire. (vue de dessous, bien perpendiculaire)

POURQUOI?

-pourquoi?

-Pourquoi?

-Pourquoi? ( http://www.paroles-chanson.org/Nom.Chanteur/Herve.Villard.Nous.htm ) MDR !

Parce que la perspective trompe le cerveau!

Donc PAS COMME CA!

Comme dans les exemples de peintures de  Felice Varini. On ne peut voir le dessin que d’un seul point de vue. Pour voir les repères externes du pied, qui sont le miroir des structures internes, on doit le regarder pile poil au dessus de la sole. (quand on tient le pied, sinon, c’est pas facile…)

Pour le pied du cheval, c’est au dessus du centre de gravité du pied ET dans l’axe des forces auquel il est soumis. On va dire Ph (même si le point d’application serait pas tout à fait le même) sur le croquis:

Dessin de Varini. (je crois)

Les perspectives faussent les angles et les longueurs!

,

Vous pouvez mesurer à la règle ou au pied à coulisse!

Attention !

Bref, on comprend pourquoi certains MF ont du mal à mettre les chevaux d’aplomb! Alors revenons à nos repères…

Le fond des lacunes :

Antérieur Gauche, lacune latérale.  ———————————- Antérieur Droit, lacune latérale.

Antérieur Gauche, lacune médiale.  ———————————- —Antérieur Droit, lacune médiale.

On peut donc voir facilement, si nos structures sont parallèles. Si on a bien fait le plan des talons par exemple!  Ou par rapport à la ligne la plus large du pied. (B)

Un petit bâtonnet gradué, une tige de tournevis ou même la lame du cure pied peuvent jouer le rôle de jauge! [note de 2020: Le VRAI outil est le réglet!]

La 3e phalange est parallèle au fond des lacunes! (endroit où la fourchette et les barres se rejoignent.) C’est donc un repère FIABLE, et très proche des structures internes! ( Voir articles sur le parage par rapport aux structures internes, ou les articles de Savoldi )

La râpe est notre outils pour visualiser les plans! [note de 2020: Oui, mais non! Il y a beaucoup plus fiables et précis!]

Les points sur la ligne B sont aussi très utiles (point 7). MAIS, comme pour la zone 8 [note de 2020: LES SOCS!], ils peuvent être soumis à une légère fluctuation due à une croissance et un compactage plus ou moins important de la sole ou une exfoliation plus ou moins importante (sole poudreuse).

Les points 6 arrivent donc en renfort!

Donc plutôt que de se focaliser sur UN repère, il est utile de pouvoir faire le tour de TOUS afin de les vérifier les uns par rapport aux autres si ça colle.

La râpe sert de niveau virtuel pour reporter le plan.

Vous pouvez d’ailleurs vous entraîner à mettre votre râpe parallèle à un plan chez vous!

Assis sur une chaise. Il suffit de tenir une règle ou votre râpe entre l’index et le pouce (à 2 mains, mais moi il me manquait une main!) au dessus de vos genoux. (désolé pour les photos pourries.)

Vous visualisez le sol et vous placez votre râpe parallèle au sol, à travers vos genoux.

HOP, visualisation!

Vous vérifiez si vous avez bon. (possibilité de le faire à 2, pour affiner et avoir un regard extérieur.) Ouvrez et fermez vos genoux et maintenez la râpe parallèle.

On peut le faire avec un verre d’eau! (ou encore mieux un niveau à bulle!)

Vous le marquez au feutre.

et vous pouvez refaire l’exercice en visualisant l’eau par rapport aux marques de feutre. Rapidement, on s’aperçoit qu’il est instinctif de garder la parallèle, ou plus exactement l’horizontalité! C’est en effet un sens inné, lié au fonctionnement de notre oreille interne. (qui garde notre tête horizontale, sans qu’on y pense.)

Avec un peu d’entrainement, on peut se placer notre râpe parallèle à une surface qu’on regarde bien en face.  (vision binoculaire, avec perspective inexistante, grâce à la vision stéréoscopique! Nos 2 yeux voient 2 images en 2D, que notre cerveau recolle en une image en 3D! magique!).

[note de 2020: Mesurer les lacunes au réglet est 10x plus fiable…]

Les autres repères:

– Les lignes et proportions que j’ai détaillées dans l’article sur le nombre d’or.

– La hauteur à l’apex, quand tu poses ta râpe sur la ligne A. ça donne une idée de la concavité et de l’angle d’équilibre… c’est à dire de la hauteur de la pince… Je vais pas rentrer dans les détails içi, mais on doit avoir à peu près un angle de 5/6° par rapport à la fourchette.

En restant dans “l’entretien”, logiquement, y a juste à suivre la sole et ça roule!

Donc pas comme ça!

On appelle ça le “parage à plat” ou “flat foot” in english. Le gars râpe à plat, en suivant la fourchette!

Cela explique pourquoi les MF pensent que les chevaux ne peuvent pas travailler pieds nus… la sole périphérique ne peut jamais s’épaissir, l’angle de P3 n’est pas bon et/ou la hauteur de l’arche interne toujours insuffisante. [note de 2020: En mutilant les fourchettes, la sole périphérique et ne respectant pas le plan créé par le fond des lacunes, ça ne peut PAS fonctionner!]

– On a la forme du bourrelet coronal. Le pied posé sur le trépied, toujours bien dans l’axe (du membre), on peut voir les problèmes de symétries du bord distale de la paroi par rapport à la forme du bourrelet (donc, de son point d’origine). Vue de dessous on a la ligne blanche, mais la ligne blanche peut migrer ou même suivre une déformation! La vue de dessus, permet parfois de corriger un petit souci. (mais on est donc dans le parage de correction…)

Faut toujours prendre en compte que le sabot a une forme relativement conique! (le diamètre du bourrelet est normalement inférieur à celui du bord distal de la paroi)

Comme ça, on voit mieux!

et le cheval finit par poser sa tête sur la tienne pour pioncer…

– Après, y a le fait que le cheval soit “au carré”, tout seul, en reposant ses pieds, pendant le parage ou juste après!

– Y a le fait que le bourrelet soit pas de travers… que les parois en quartiers soient de longueurs identiques (ou à peu près, car le latéral peut être un poil plus long), [note de 2020: ne jamais se fier à se qu’on peut voir de l’extérieur… car toute la boite corné ainsi que le bourrelet coronal sont déformable autour de P3 et donc pas du tout des bons repères…]

Bon, c’est compris?

Si vous avez vu la petite vidéo de Pete Ramey, il mesure les lacunes et regarde l’avalure au niveau du “seat of corn”.

Perso. je sais que la méthode de KC par rapport à la visualisation mentale du plan par au dessus fonctionne nickel.[note de 2020: plus aujourd’hui.] MAIS pour plus de sûreté, si on se sent pas, avoir des repères concrets permet d’avancer. [et surtout d’être parfaitement certain de ce qu’on fait!]

Le parage avec des repères internes OBJECTIFS, permet d’équilibrer le pied comme il faut, ou tout du moins, de NE PAS le déséquilibrer après le passage de quelqu’un de confirmé.

On se rend compte avec la pratique qu’une fois en équilibre, on a quasiment plus de travail. Le parage coule tout seul et y a de moins en moins de travail… Pif, je descends un poil les talons, je chanfreine sur tout le tour, au pire un petit plan de pince mais léger… et ça roule. Plus d’évasements, plus d’infection de fourchette (si l’alimentation est correcte), plus de seime, et le pied donne l’impression d’être à l’aise et de ne plus se défendre… (style une structure qui repousse à chaque fois et qu’on voudrait enlever à chaque fois!) Le cheval se détend… il donne le prochain pied dès qu’on a fini le précédent! Bref. La grâce, la plénitude, l’instant magique où tu ressens que tout est nickel, en équilibre, à sa place.

Superbe.

[note de 2020: Beaucoup de gens ont lus cet article depuis sa rédaction en 2013 et j’ai depuis fait évoluer ma pratique de la PEA (méthode Lapierre pur) vers Pete Ramey puis la PEL (qui est MA méthode, quoi qu’on en dise).

J’ai, grâce à ma plainte de l’UFM en 2017, pus développer la formation et le e-commerce ce qui m’a permit d’agrandir mon champs de compétences et de me rendre compte des possibilités énormes de la PEL avec l’apport et les échanges continue de mes stagiaires!

Cet article n’est pas faux mais il est essentiellement basé sur des repères issu de la méthode Lapierre et n’est plus vraiment ce que je propose en stage ou ce que j’ai pus utiliser pendant que je travaillais encore sur les chevaux tous les jours.

La fourchette n’est pas un bon repère et je peux le prouver… Essayer d’imaginer une bonne fourchette n’a aucun sens et cela peut occasionner beaucoup de boiteries quand on essaye de descendre les talons à la fourchette… ! Il existe une “hauteur physiologique de talons” et ce n’est pas non plus les marques laissés par la migration des points d’impacts qui seront d’une grande aide comme essaye de le prouver la méthode “balance F”. Une “lésion” (puisque la cassure observé par le balance F est bien une marque de lésion de la paroi externe des talons) ne peut pas être un repère pour l’harmonie d’une structure et donc d’une fonction…

La fourchette peut être atrophiée. On ne peut donc pas prendre comme repère une structure déficiente… La ligne blanche peut être migrée ou étirée et donc n’est pas non plus un repère fiable pour la pince!

Il faut trouver d’autres repères… des repères fiables et reproductibles. C’est l’anatomie fonctionnelle qui nous donnera les réponses.

J’ai aussi vue ici et là que beaucoup de gens descendaient les talons aux SOCS… or c’est une erreur fondamentale!

Tout cela est trop complexe a détailler sur un article de blog. Je vous invites donc à faire un stage pour assimiler et comprendre ce qu’il faut faire et pourquoi il faut le faire.

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