Un article de Gene Ovnicek sur la forme du sabot et l’importance du posé en talon.

Comment la forme du sabot influe sur les fonctions du pied.

Gene Ovnicek, GPF – Registered Master Farrier

L’original en Anglais: How Hoof Form Relates to Hoof Function

Traduction Guillaume PARISOT, podologue équin diplômé de l’IEAP.

Je pense que la plupart des professionnels seraient d’accord pour dire que la prévention des  boiteries  est beaucoup plus facile que de traiter les boiteries. La déformation du sabot se révèle être l’une des principales causes de boiteries  des membres inférieurs. À la lumière de cela, avec des informations et des lignes directrices pour évaluer le mouvement des chevaux et la forme du sabot, la prévention des boiteries  est rendue possible grâce à une détection précoce des déformations du sabot. Les dernières informations rendues disponibles par les plus grands maréchaux-ferrants et les chercheurs [il oublie les acteurs majeurs de la podologie équine et du pied nu mais c’est pas grave…-ndt] ont rendu plus claire la compréhension de la relation entre la déformation du sabot et les boiteries des membres inférieurs.

L’Alignement des phalanges distales est tout aussi important aujourd’hui qu’il l’était il y a 50 ans, en particulier au moment du contact avec le sol et de l’appui. Il est devenu évident que la plupart des travaux effectués par Russell, Duckett, Pollitt, Page, Bowker, et Savoldi  ont permis de nous rapprocher pour répondre à certaines des questions importantes qui concernent les maréchaux-ferrants aujourd’hui.  Les termes tels que « piliers »(pillars), « pont » (bridge), « point » (dot), « cals en sole » (sole callus) et « partie la plus large partie du pied » (widest part of the foot), sont ceux avec qui nous nous sommes familiarisés ces dernières décennies, et qui nous servent de points de repère pour la 3e phalange et les structures internes du pied. Au cours des dernières années, un examen attentif de ces termes et de ces structures a eu plus de sens pour comprendre pourquoi ils sont importants pour le pied.

pillars

« PILLARS » (piliers), fait référence au parage 4 points et aux 4 points d’appuies théorique du pieds.

Le contact au sol de la fourchette au moment de l’appui du pied est considéré comme ayant une influence positive sur la dissipation de l’énergie, l’alimentation du flux sanguin, et d’aider à l’alignement de l’articulation interphalangienne au moment où les forces d’impact sont les plus importantes. L’accumulation de fourchette au contrefort des talons (buttress) semble maintenir des fourchettes en bonne santé, même lorsqu’elles sont taillées d’un parage à l’autre. Dans le même temps, la boue et les débris sont piégés dans cette région du pied lorsque la hauteur des talons s’étend au-dessus du niveau de la sole ou  quand des fers sont appliqués.

À la lumière de la récente prise de conscience des propriocepteurs (récepteurs sensoriels) situés dans cette même région du pied, cela offre une bonne preuve que la boue (mais pas le fumier) peut être le maillon le plus important de la biomécanique optimale du fonctionnement du pied. L’alignement de l’articulation interphalangienne au moment du contact avec le sol est critique, et est facilitée par l’atterrissage des talons en premier. Ce n’est pas difficile pour les chevaux sains avec les pieds bien équilibrés de poser  talons en premier.

Photo3 article Ovn

En considérant cela, les chevaux qui ne sont pas sains, ou qui ont les pieds mal équilibrés avec des déformations de sabots, peuvent être faciles à détecter  simplement en les voyant poser la pince en premier.

Même pour les signes les plus subtils de boiterie ou de déformations du sabot on a des chevaux qui trébuchent ou forgent  continuellement. La boiterie n’est généralement pas apparente à ce moment-là , mais les déformations du sabot relatives à ces défauts de locomotion (qui signifie que ces pieds ont une plus grande quantité de surface au sol devant  la partie la plus large du pied que derrière) sont les mêmes que ceux qui sont assez souvent responsable de nombreux problèmes de pieds comme ; les talons contractés, les pinces longues et migrées , talons fuyants, douleurs en talons, etc.

Photo2 article Ovn

Les fonctions proprioceptive et / ou les sensations sont soupçonnés d’être utile pour favoriser un « léger  » contact avec le sol, talon en premier. Le moment de bascule ou lorsque le pied se dégage du sol semble être également très important pour l’obtention d’un atterrissage talon en premier. Si vous considérez le fait que le fonctionnement normal du pied provoque une usure de la pointe sur tous les fers avant, vous pourriez être en mesure d’utiliser un raisonnement déductif pour développer un protocole pour déterminer l’emplacement de la zone de bascule sur ​​le pied avant. Par exemple, l’usure normale du fer avant est créée lorsque le corps du cheval créer un bras de levier au-dessus de la pince au cours de la bascule dans les mouvements vers l’avant. Le tendon fléchisseur profond du doigt (DDFT) n’a peu ou pas de capacité d’allongement pour compenser la mise en charge excessive pendant cette phase de la foulée, ce qui vient sur solliciter le ligament accessoire. Par conséquent, l’usure de l’avant du fer se produit sur chaque cheval.

La question qui est continuellement discuté est : Où devrait se situer la zone de bascule (breakover) et est-elle la même pour chaque pied ?

Le travail de Duckett avec les « piliers » peut offrir plus de réponses que la question sur la zone de bascule, car les piliers sont en relation avec  la 3e phalange. Ce qui n’est pas bien compris par beaucoup de ceux qui ont des questions concernant breakover, c’est que l’emplacement du point de bascule est relatif à la 3e phalange et non à la paroi dorsale du sabot. Ce que beaucoup ne réalisent pas, c’est que la paroi dorsale du sabot (qui est le point de repère actuel du breakover pour de nombreux maréchaux-ferrants), en plus de la sole et de l’apex de la fourchette, peut migrer vers l’avant de façon similaire à la fourbure, mais sans que la jonction paroi /lamina  soit affecté comme avec la fourbure. [Malgré tout, les séparations de paroi sans fourbure sont quand même monnaie courante, la pince migrée n’étant que le stade d’avant. La position de P3 dans la boite cornée va aussi influencer la position de la pince et l’angle de la paroi car ils seront en relation avec la forme et la tension exercée sur le bourrelet coronal qui produit lui-même une partie de la paroi…– ndt]

Une autre partie déroutante de la déformation du sabot est de savoir comment elle est affectée par l’arrière du pied. Par exemple, si les talons ne sont pas râpés près du niveau de la sole fonctionnelle (site of corns- ndt), ou près de la partie la plus large de la fourchette, les talons deviendront par la suite contracté, fuyants et migreront vers la partie la plus large du pied. La migration vers l’avant des talons semble encourager la pince à poursuivre son étirement de la fourchette, de la sole et de la paroi dorsale. [Ce qui est logique quand on pense à la démarche « pince en 1er » au lieu de « talons en 1er »- ndt]

Un autre malentendu à propos du breakover et de la hauteur des talons est le moment de la bascule.

Si vous considérez le ligament accessoire et comment il influe sur la tension du tendon fléchisseur profond du doigt, par rapport à la hauteur du talon et où le point de bascule est placé par rapport à la pointe de P3, il a un effet important sur le moment ou se produit la bascule du pied. Ceci est expliqué dans une étude qui montre qu’il n’y a pas de fonction du muscle fléchisseur pour tirer le pied du sol pendant le mouvement vers l’avant de l’antérieur.

Il est montré que c’est la tension sur le DDFT sous le ligament accessoire qui est en partie ce qui cause l’élévation du pied. Si les talons sont bas et paré au plus près du niveau de la sole fonctionnelle, la tension sur le DDFT sera plus grande lorsque la jambe est plus proche de la position verticale en dessous du corps. Avec des talons plus hauts qui se sont développées bien au-delà du niveau de la sole ou quand une talonnette est placée en talons, la jambe doit rester au sol assez longtemps  pour que la tension sur le DDFT puisse augmenter suffisamment pour libérer le pied du sol.

Photo1 article Ovn

Même si l’on fait abstraction de la hauteur du talon par rapport à la sole, la longueur de la pince en avant de la pointe de P3 va influencer la cinématique de la même façon. Donc, si vous voulez un pied qui redescende rapidement au sol, les talons doivent être paré près du niveau de la sole fonctionnelle et le point de bascule doit être placé à moins de ¼ » à ½ », devant la pointe de la 3e phalange [entre 6 et 12 mm, MAIS ce chiffre ne veux finalement pas dire grand-chose, car entre un Poitevin et un PSA… la différence ira au-delà. On préféra prendre la moitié de la longueur de la fourchette – ndt]. Gardez à l’esprit que les pieds avant et arrière doivent travailler ensemble.

Ce ne sont que quelques bribes de la recherche des 10 à 15 dernières années qui offrent des réponses pour faire face à un mauvais fonctionnement du sabot. Les travaux supplémentaires tels que certains récent IRM et études radiographique continuent de montrer que la partie la plus large du pied (ou plus exactement, la partie la plus large de la sole) est la meilleure référence pour voir et comprendre l’équilibre du sabot et comment la biomécanique du pied sont touchées par ce point de référence. Les informations du travail du Dr Pollitt concernant les papilles terminales, qui sont les structures qui produise la sole autour du bord distale de P3 (sole périphérique), ont contribué à répondre à certaines des questions relatives aux cals de sole et piliers en pince. Par ailleurs, les études de la lamina sur le pied nu, menée par le Dr Bowker, ont également contribué à découvrir quelques-uns des mystères concernant les piliers et les cals de la sole et comment ils se rapportent à l’endroit où la bascule se produit par rapport à la pointe de P3. L’Équilibre latéral / médial est une autre zone grise qui devient rapidement clair ou plus facilement atteint à la lumière des travaux de Savoldi, ainsi que d’autres études concernant l’épaisseur de la sole.

Quand on regarde de près le travail de nombreuses personnes et qu’on les combine d’une manière sensée,

il devient facile de comprendre que l’entretien du sabot DOIT fonctionner autour de la reconnaissance des déformations du sabot en utilisant la partie statique le plus large du pied, cals de sole , piliers, et l’arrière de la fourchette dans leurs efforts pour assurer le service du pied.

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Cet article est intéressant sur plusieurs points car il vient remettre une couche sur l’importance de l’appuie talon en 1er pour la santé du pied.

Sur les repères externes basé sur les structures internes qui viennent conditionner la mise en équilibre dynamique du pied dans le sabot.

Sur  l’importance de l’appuie solaire car il justifie la mise en charge de la fourchette, le support que peut apporter la boue (pour la colonne osseuse et éviter les descentes distale) et des cals qui se forment sur la sole périphérique lorsqu’elle est correctement stimulé. Petit à petit, on découvre que la sole est porteuse….

Il entrevoie certaines choses qui ont été prise en compte et validé par la podologie équine depuis plusieurs années. C’est donc un pas en avant.

Cela vient confirmer que la communauté scientifique qui s’intéresse au développement du pied et pas seulement à sa protection, se dirige lentement mais surement vers la podologie et donc le pied nu.

Une fois le terrain débroussaillé, une fois qu’on a la vue d’ensemble, il est impossible de faire machine arrière. Seul ceux qui décident de rester en dehors des clôtures ne pourront jamais comprendre ce qui se passe.

Plus le temps passe et plus les conclusions seront similaires puisque on peut s’apercevoir que des personnes différentes à travers le monde arrivent plus ou moins aux même conclusions au fur et à mesures de leurs recherches.

Tous les grands vétérinaires qui procèdent à des études consciencieuses sur le fonctionnement du pied parlent maintenant de pieds nus.

Oui, ok… Les recherches de Brian Hampson peuvent être lu de 2 manières, soit on en tire la conclusion hâtive qu’aux vues de l’état des pieds des Brumby, le pied nu est la source de leurs problèmes OU on peut comprendre que les conditions de vie actuel des Brumby sont inadaptées et que la misérable place qui leur est octroyé par l’élevage et l’agriculture ne leurs permet pas d’être en bonne santé.

Pete Ramey, Jaime Jackson, KC Lapierre pour ne citer qu’eux, étaient de très compétants et expérimentés maréchaux avant de commencer la remise en question des pratiques qu’on leurs avait enseigné et de finalement arrêter complètement la ferrure pour se diriger vers le natural hoof care puis la podologie équine.

La France manque d’informations sur le sujet car ses têtes pensantes dans le domaine restent accrochés becs et ongles à leurs monopole (soigner et accompagner les chevaux de sports ferrés) basé sur les savoirs de leurs grands parents et arrières grands parents.

Internet nous a permis de sortir de ce dogmatisme corporatiste, qui limitait notre champ de vision et nous a permis d’ouvrir le champ des possibles.

Reste que cette ouverture fait peur et qu’une micro corporation sur le déclin lutte chaque jour pour essayer d’enrayer cette évolution…

Alors il suffit de se poser la question de savoir si on veux rester au moyen âge….

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ou passer au 21e siècle?

Tevis2009

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6 réflexions sur “Un article de Gene Ovnicek sur la forme du sabot et l’importance du posé en talon.

  1. J’ai une question à 2 francs six sous (dilemme personnel):

    Vaut-il mieux des talons avec une avalure de 1-2mm avec de courtes foulées hautes et un franc poser en talon, ou des talons au niveau de la sole vive avec de longues foulées souples mais un poser à plat?

    Pete Ramey préférerait sûrement le cas 1 pour stimuler le talon et les structures internes même si l’équilibre interne n’est pas au plus juste (il viendrait avec le temps), KC Lapierre préférerait plutôt le cas 2 pour un angle de P3 au plus juste pour que l’équilibre interne permette une stimulation et un développement juste des structures internes.

    En selle, je trouve le mouvement plus naturel et moins crispé dans le cas 2 et des pads de fourchette peuvent stimuler l’arrière du pied, mais c’est un dilemme quand même: le poser en talon est-il plus important que l’angle parfait de P3? Tous les chemins mènent-ils à Rome?

    • Salut,

      Tout dépend du spectrum du pied… On peut pas demander à un pied atrophié d’avoir les performances et donc les même comportements qu’un pied sain et correctement développé.

      Une partie caudal bien développé avec un bon coussinet et des gros cartilages pourra mettre une P3 à 6°… et donc assurer un posé talon en 1er quand la phalange sera à plat en extension juste avant l’impact…

      Sans les 6°, phalange à plat… l’angle palmaire à moins de 6° donnera un posé à plat.

      On peut essayer de tricher en sollicitant plus ou moins la paroi mais c’est du bricolage.

      Faut respecter le spectrum et ne pas outre passer les capacités du pied à l’instant T.
      .

      • Merci de la réponse 🙂 J’ai remarqué au fil des parages et de la guérison du pied que la sole vive au niveau du seat of corn par rapport à la sole vive en général se ‘plaçait’ / croissait de telle sorte / avec une telle inclinaison par rapport à P3 qu’on ne puisse jamais enlever plus de paroi en talon que ce que les structures internes pouvaient supporter. Le pied sait comment se soigner 🙂

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