Nom féminin :

  1. Manière de passer de l’expression d’une idée à une autre en les reliant dans le discours.
  2. Passage d’un état à un autre, en général lent et graduel ; état intermédiaire.

Qu’est-ce que la transition ?

Terme assez vague qui fait peur à certains et donne de l’espoir à d’autres.

Généralement on parle de transition quand on passe un cheval ferré aux pieds nus, donc quand on déferre. C’est donc la période d’adaptation du cheval et de ses pieds à une nouvelle vie, à de nouvelles sensations et pourquoi pas à une évolution. On peut aussi parler de transition quand on passe un cheval non ferré et mal entretenu ou entretenu avec une méthode inadaptée à une méthode d’entretien de ses sabots plus structurée, plus régulière et plus adaptée. On peut aussi parler de transition quand on essaye de gérer un problème de sabot et qu’on va faire un soin spécifique. Le parage du fourbue par exemple, pourra demander une phase d’adaptation.

C’est une période généralement redoutée par ceux qui ne sont pas encore très familiarisés avec la podologie équine. Pourquoi redoutée ? Parce que depuis l’arrivée du « pied nu » en France et de son « parage naturel » les chevaux ont pu passer pas mal de temps à boiter, à être sensibles, à « marcher sur des œufs » comme les cavaliers aiment à le dire… Voir à « souffrir le martyre » parce que certains praticiens ont employé des méthodes germaniques d’un autre âge… Ou souffraient de déformations et de détériorations de leurs structures internes et externes qui auraient nécessité des « outils de réhabilitations » afin de gérer au mieux un confort locomoteur permettant une amélioration rapide.

marcher sur des oeufs2

La ferrure (métallique) détériore les pieds des chevaux. Ce fait n’est plus à prouver. Mon blog essaye de l’expliquer et se base sur les travaux des Dr Bowker, Dr Clayton, Dr Taylor, Dr Rooney, Dr Savoldi (entre autres) et des MF experts comme Ovnicek, Lapierre, Ramey, Jackson (entre autres). On peut donc essayer de déferrer au plus vite et essayer de gérer au mieux les sabots avec une méthode d’entretien adaptée et des soins propices à la réhabilitation (rééducation fonctionnelle, gestion des phénomènes émonctoriels, adaptation alimentaire, activité physique, émotionnelle).

Les sabots traumatisés ou mal entretenus peuvent faire souffrir le cheval de différentes manières.

La première cause est la sole fine. C’est donc basiquement un manque de matière sous la 3e phalange. Les choses sont en fait un peu plus complexes puisque il y a deux types de soles (une sole primaire et une sole périphérique) ayant chacune leurs caractéristiques propres. On peut considérer 2 problèmes : le manque d’épaisseur et une forme inadaptée.

Sole-Violations

 

La forme pourra comprendre le manque de concavité mais aussi un déséquilibre de la pince et des talons sur 2 dimensions, la profondeur et la hauteur. (La largeur intervient pour les talons quand ils sont « serrés » donc quand toutes les structures internes sont atrophiées)

L’épaisseur de la sole pourra être évaluée par la profondeur des lacunes et la forme par ce qu’on appelle la concavité ou hauteur d’arche, matérialisé par la « hauteur de P3 au-dessus du sol ». L’épaisseur de matière sous P3 sera bien entendu reliée à sa hauteur mais dans les faits, on pourra « tricher » et avoir peu de sole et avoir de la paroi comme support à P3 (avalure) ou même un fer. On pourra avoir pas mal de sole mais avoir peu de concavité. Le pire scénario étant un sabot sans épaisseur de sole et sans concavité. Il faut arriver à comprendre que cet état de fait n’est que la conséquence d’une mauvaise gestion des sabots et de l’environnement de vie du cheval. La ferrure et le type de parage employé généralement étant une des principales causes du manque de sole et de concavité, on ne peut pas compter sur ces techniques pour espérer retrouver de la sole et de la concavité. C’est juste une question de logique.

Albert Einstein disait : « La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent. »

On ne peut donc pas continuer à utiliser des techniques qui conduisent à la détérioration des pieds en pensant les réhabiliter avec…

Orthopédiques, à planches, à l’envers, pantouflés, garnis, couverts, asymétriques… tous auront le même résultat mais en passant par des étapes intermédiaires différentes. Bref…

La transition sera simple ou complexe suivant plusieurs facteurs :

  • la patience du propriétaire,
  • le niveau de détérioration des structures internes,
  • l’environnement du cheval,
  • le type de parage effectué,
  • son alimentation,
  • les soins mis en place pour accompagner.

On pourra gérer la patience du propriétaire :

Suivant sa motivation à voir les pieds de son cheval évoluer. C’est plus facile avec un état catastrophique de départ puisque généralement on pourra difficilement avoir pire. Il est plus difficile de partir d’un cheval fonctionnel puisque le sommet de l’iceberg cache en fait (souvent) une forêt… (Lol) et le « cavalier » ne comprendra généralement pas pourquoi il est important de déferrer ou que ça puisse poser problème. La compréhension du fonctionnement des pieds est essentielle car sans cela, on parlera dans le vide… et il ne sert à rien de vouloir convaincre. Le cavalier qui ne s’intéresse pas aux pieds de son cheval et délègue toute leur gestion à des tierces personnes ne pourra pas comprendre les soins à mettre en place pour gérer de manière optimale la transition. C’est là le travail du MF de gérer seul (ou avec le véto) pour essayer de faire en sorte que ça fonctionne.

Si le cavalier est très patient, la transition ne posera pas de problème. S’il espère qu’on fera de la magie et que les concours seront possibles la semaine prochaine, là va se poser un problème.

Le niveau de détérioration des structures,

Sera également un facteur à prendre en compte. Un cheval aux cartilages atrophiés ou pire ossifiés sera un bon candidat au déferrage mais pourra poser problème. Le manque de coussinet, le manque de sole, les problèmes vasculaires, d’innervations périphériques, les kystes osseux, les ostéites, les tendinites etc. etc. ne sont pas dues au hasard… mais bien à des techniques de soins et d’entretiens inadaptés reliés à un travail important. Les structures peuvent s’adapter… mais dans des conditions inadaptées l’homéostasie ne permet plus l’adaptation et on rentre dans ce qu’on appelle la « surfonction ». Une structure sur-fonctionnelle va se détériorer puisque son renouvellement cellulaire sera inférieur aux dégradations. La douleur sera le signal d’alerte… pour demander (imposer) la baisse d’activité afin de permettre la réparation. C’est là où les techniques inadaptées des antis inflammatoires vont venir tout bousiller… Utiliser des antis inflammatoires revient à casser l’alarme incendie dans sa maison. Vous ne serez plus embêté quand vous aurez oublié des tartines dans le grille-pain, mais votre baraque partira en fumée quand la carte électronique de votre lave-vaisselle, mis en court-circuit par quelques composants chinois au rabais aura fait fondre la face avant et puis mis le feu au plan de travail en synthétique… C’est ce qu’on appelle une réaction en chaîne.

Les AINS sont littéralement des « ANTI HOMEOSTASIE » donc au final des antis guérisons et surtout des facilitateurs de la surfonction et donc de la lésion.

Donc, plus il y aura eu de « soins véto conventionnels » avant et plus se sera dur… mais pas impossible! En fait plus le cheval a BESOIN d’être déferré et plus il en chiera, pour simplifier… Après, il n’y a pas vraiment de règle car un jeune pourra rester sensible longtemps et un vieux enlever ses godasses sans rien exprimer… je pense que c’est dû aux dégâts nerveux. Dans tous les cas bien se dire que 99% des pathologies évoluent positivement sans fers… (mais pas paré n’importe comment!)

L’environnement de vie du cheval :

Il va conditionner aussi la facilité de la transition. Un cheval lâché dans 80 hectares de maquis vallonnés n’aura aucun mal à se réhabiliter tout seul. Son environnement « adapté » sera l’outil idéal d’entretien de ses pieds, de son physique et lui fournira une alimentation quasiment idéale.

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Il n’en sera pas de même pour un cheval cloîtré dans un box de 3×3, nourrit aux croquettes industrielles.

Entre les 2, on peut imaginer une infinité de possibilités en fonction de son imagination, de son temps et de ses moyens matériels et financiers.

La clé étant le respect des besoins fondamentaux des chevaux qui sont :

fibres, mouvements, contacts sociaux.

Du bon foin, de l’activité et d’autres chevaux et on a déjà une base de départ pour gérer au mieux.

Ballades en main, ballades montées, travail en carrière, marcheurs, tapis roulants, manèges, prés, paddocks, pistes… toutes les solutions ont leurs pour et leurs contres. On doit juste essayer de trouver les meilleurs compromis en fonction des individus.

L’activité physique reste quand même la base d’une évolution positive du pied nu. Plus le cheval va travailler pieds nus et plus ses pieds vont s’améliorer. L’expérience montre que les chevaux de sports sont paradoxalement plus avantagés par rapports à leurs cousins « chevaux de loisirs » ou pire « tondeuses à gazon » dans la réhabilitation. Le mouvement étant la composante obligée du bon fonctionnement du système locomoteur, du système vasculaire mais aussi digestif !

Le type de parage :

Parage Strasser, parage intuitif… parage naturel… « Orthopédistes »… toutes ces techniques ont laissé des traces indélébiles dans la mémoire des vétos et des MF qui à l’époque se sont intéressés aux pieds nus. Les chevaux rendus boiteux pendant des mois, parfois des années ont amenés cette mauvaise image du pied nu chez les professionnels qui ne sont certainement pas prêts à voir leurs « gagne-pain » se traîner pendant des mois sous prétexte d’une prétendue guérison magique…

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Le pied nu on connait ! Tel est le message de l’UFM qui nous assure gérer une « majorité de pieds nus en clientèle » mais avec quelle base ? Le parage d’aplomb et aux degrés voulu tel que décrit dans le précis de maréchalerie d’Autheville et Fromond ? (j’ai les 2 dernières éditions…) La bible de Jean Mopin ? (je l’ai aussi) Le guide pratique d’orthopédie et de chirurgie équine ? Je suis remonté bien plus loin avec la bibliographie de Rey (voir https://podologie-equine-libre.net/2013/03/11/bibliographie-sur-la-marechalerie/ ) et il n’y a RIEN, je dis bien RIEN sur une gestion correcte des pieds NUS des chevaux.

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Le parage « à plat » est la technique transmise en formation maréchalerie. Elle vise à mettre la surface solaire à plat pour répartir les charges sur la paroi laissée au niveau d’une sole « nettoyée » (donc amincie) pour l’occasion. Elle répond à l’hypothèse de départ que le cheval marche sur son « ongle » donc sa paroi et pas sur sa sole. On laisse donc la paroi à plat (sans chanfrein) au niveau de la sole, ce qui fait que quelques jours ou semaines plus tard, la majorité du poids sera porté par la paroi ou plus souvent, aura occasionné des déformations importantes de la paroi, appelé « évasements » , des « décollement de paroi » et des « seimes »… tout simplement parce que la paroi n’a pas pour fonction de supporter le poids du cheval.

Ces déformations indiquent clairement que c’est la sole qui porte le poids (par conséquences et adaptations structurelles). On peut aussi constater que en faisant l’inverse, c’est-à-dire un parage dit « physiologique » on laissera la sole épaisse (sans jamais la toucher) et on raccourcissant la paroi à l’aide d’un chanfrein, aucun des problèmes listés précédemment ne se fera voir.

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On pourra donc constater que les transitions longues et difficiles ne le sont qu’à cause de techniques inadaptées.

La majorité des professionnels ayant pu tester le parage à plat sur leurs jeunes chevaux, sur leurs poulinières et peut être par hasard ou curiosité les parages invasifs ou inadaptés de praticiens autodidactes ou gouroutisés et ont pu constater de visu que dans les 2 cas ça n’allait pas. La ferrure reste la seule solution à leurs yeux et c’est tout à fait logique.

Le parage post déferrage pourra être minime si vous pouvez intervenir quelques jours plus tard.

Pour ma part, j’ai mis en place le parage dit « PEL » qui ne repose que sur une approche systémique et d’anatomie fonctionnelle. J’ai recoupé les travaux de différents grands professionnels et vérifié ce qui fonctionnait ou pas. Le but étant de toujours favoriser la fonctionnalité au détriment des dogmes ou des croyances. S’il a toujours été assez facile de gérer les pieds d’un cheval sain, avec des sabots sains et non déformés. Gérer les sabots déformés d’un cheval tordu ou malade est une autre affaire. Le but étant de garder les acquis et de progresser quel que soit le stade de départ. La PEL est évolutive et ma collaboration avec de très nombreux utilisateurs de la méthode, professionnels ou amateurs, me permet de valider le bien-fondé de la technique aujourd’hui enseignée partout en France, en Suisse et en Belgique.

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L’alimentation,

Sera primordiale car le cheval pieds nus et pire, en transition, sera « pro inflammatoire » donc sujet à réagir à une alimentation dite « acidifiante » et donc inflammatoire. La meilleure vascularisation des structures internes des pieds nus leurs permettent une meilleure sensibilité… mais du coup, une plus grande vulnérabilité aux « pollutions » vasculaires transmises par le tube digestif (entre autres). Bactéries, protéines, acidité (appelée aussi déchets organiques) peuvent venir modifier la chimie intérieure des pieds et provoquer des réactions. Troubles vasculaires, obstructions, ischémies, œdèmes, phénomènes émonctoriels (abcès, pourritures)… tout cela pourra amener des symptômes et des « sensibilités » voir des boiteries. Il est donc primordial de veiller à un bon fonctionnement du système digestif et intestinal. Réparer les dysbioses. Apporter des fibres. Limiter au maximum les aliments acidifiants et inflammatoires, donc tout ce qui est cuit, raffiné, sucré, azoté et protéiné en trop grande quantité. On ne nourrit pas le cheval, on nourrit sa flore.

Les soins ?

Nous y voilà ! 2300 mots pour servir d’introduction…. LOL !

Essayer de faire court ? Je n’y arrive pas…

La transition peut donc être facilitée par un proprio impliqué et conciliant, un environnement pas trop merdique et une alimentation pas trop pourrie… La PEL… et des soins.

Le cheval aura son schéma corporel modifié en lui virant ses prothèses métalliques. Il avait des compensations musculaires et posturales. Il avait des raideurs, des schémas moteurs perturbés. Tout cela doit disparaître avec un peu de temps et d’ostéopathie. D’abord les pieds, ensuite l’ostéo.

Le proprio pourra faire des massages, manuels ou à l’aide de machines vibrantes (plus efficaces), du stretching, et des exercices musculaires montés ou à pieds en rapports avec les dissymétries corporelles du cheval. Le pied nu devient donc un formidable outil d’évaluation du fonctionnement biomécanique du cheval puisque les traces d’usures sur les sabots indiqueront les postures compensatoires et donc les dissymétries musculaires à travailler. Le cheval ambidextre, droit, n’aura donc aucune dissymétrie d’usure sur ses sabots.

Le Shiatsu pourra permettre de rééquilibrer les compensations organiques innés ou acquises qui viennent perturber la locomotion, la digestion… ou que sais-je… mais le shiatsu peut aider sur beaucoup de problèmes dit « locomoteurs » ayant pour origine un dysfonctionnement organique.

Les compléments sous forme de plantes pourront venir donner un coup de pouce à la production de la corne mais surtout à la fonction vasculaire, à l’élimination des « déchets métaboliques », à la reconstruction tissulaire…

Certains pourront aider le système nerveux à mieux gérer le nouvel afflux sensoriel forcément perturbant de la remise en fonction des capteurs plantaires désactivés par la ferrure.

L’eau de mer diluée, appelé « sérum de Quinton » par certains, sera (pour moi) la meilleure solution pour reminéraliser les individus carencés. Les EMA pourront aider à gérer le système digestif.

Question « matos », il existe aujourd’hui plusieurs solutions pour mieux gérer la transition et donc ne pas trop perturber les impératifs sportifs de certains. Ces outils peuvent servir également à faire progresser la cicatrisation ou le développement des structures internes un peu plus précisément ou plus rapidement que sans.

La première étape pourrait être de passer le cheval en ferrure souple (brochée) sans rien changer d’autre. J’ai fait un article recensant tous les systèmes (ou presque) du marché mondial. La principale difficulté en France, c’est que ces systèmes sont mal connus des MF et surtout ne leurs permettent pas de marger de la même façon que sur une paire de fers en aciers. Il faudra donc accepter de payer la différence pour espérer les voir poser ce genre de matos sur vos chevaux. On peut citer les Duplos, les Easyshoe performance et les Easyshoe FLEX. Les fabricants doivent également faire des efforts sur les prix s’ils espèrent que ça se développe.

On pourra ensuite passer en souple plus silicone qui agira comme un support pour la sole et une stimulation pour les structures internes. C’est ce qui parait être aujourd’hui, la moins pire des solutions bien que les points d’impacts et de bascules ne soient pas gérés de manière optimal. Il faut aussi demander à ce que la sole et la fourchette ne soient plus mutilées. RIEN ne peut justifier de mutiler la sole et la fourchette même ferré. (Surtout si vous penser passer pieds nus après).

On peut ensuite passer sur un parage physiologique spécifique et coller des semelles souples permanentes ou non permanentes. Le parage physiologique en replaçant correctement le point de bascule, ne permet pas de brocher un fer de manière confortable pour le MF et même le cheval qui risque l’enclouure ou le « pied serré » bien plus que si il avait une pince longue. Je détaille également dans mon article les diverses solutions.

On peut ensuite passer pieds nus H24 et mettre des bandes de résines (appelé PHW par KC Lapierre, ou Hoofcast ou Equicast par Pete Ramey) pour soit accompagner un cheval un peu trop sensible temporairement, soit accélérer un peu la pousse, soit mettre des pads de stimulation en mousse orthopédique dedans, ou même des silicones afin de venir stimuler les structures internes.

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On peut aussi appliquer le produit soleGuard de Vettec sous une bande de résine pour stimuler la sole et soutenir l’arche interne. Cela donne également plus de confort pour les chevaux très sensibles. Les bandes de résine ont l’inconvénient de glisser sur sols durs ou gras et de pouvoir serrer les glomes si on les laisse trop longtemps. Il faut donc bien surveiller et bien prévenir le cavalier des risques liés à la pose de ce système.

On peut ensuite passer aux « glu-on » qui sont des « hipposandales collés ». Les fabricants vendent la version sans système d’attaches de leurs boots et on peut les coller à l’aide de l’Adhere de chez vettec (ou équivalent) ou de la Sikaflex 227 (vidéo) qui colle doucement mais évite de se planter (ou peut servir en matériaux de comblement pour coller des glu-on). Les flips flop d’easycare semblent particulièrement prometteurs à ce sujet. Coller des protections souples temporaires permet d’assurer une course, une rando, un concours ou de protéger un pied abimé temporairement et ce de manière facile, non traumatisante et on peut même le faire soit même.

Les hipposandales traditionnelles peuvent aussi servir à passer une transition et maintenir un bon niveau d’activité pour des sabots qui n’ont pas encore atteint une croissance suffisante pour garder une épaisseur confortable. La vitesse de pousse varie du simple au quadruple pour certains en passant pieds nus fonctionnels. On comprend donc pourquoi il faut quand même parer les pieds des chevaux de randos pieds nus ou des chevaux d’endurances de bon niveau eux aussi pieds nus H24.

On pourra mettre des semelles de confort ou de stimulation dans les boots afin d’aider la croissance de tel ou telle structure. On pourra mettre des prothèses de fourchette pour aider à recréer un coussinet plantaire. On pourra mettre du silicone ou du sika ou des mousses également dans les boots ou même sous les semelles de type Megasus collées.

Dans le cadre d’un épisode d’inflammation passagé, le système du pads en planche de natation (lien) reste une valeur sure. Rapide, facile, pas cher… et très confortable pour le cheval. Il peut aider à passer un parage un peu court, un abcès, une fourbure, attendre le véto lors d’une plaie. Les chevaux aux pieds très mal-en-point seront encore plus à l’aise dans des boots de soins type CLOUDS ou Jogging plus semelles de confort.

Tous ces systèmes ne sont pas OBLIGATOIRES et j’ai dans ma carrière déferré (ou fait déferré) un nombre important de chevaux sans passer par tout ça.

Avec le recul, je me rend compte que le parage et la compréhension des choses par le propriétaire sont la clé. Un parage inadapté rendra les choses difficiles pour le cheval et donc sera mal vécu par le propriétaire.

J’ai découvert tous ces systèmes avec des cavaliers pros qui voulaient gagner du temps sur des chevaux de sports devant continuer à bosser pour gagner leurs vies. Il faut avouer que ça peut aider les pieds les plus abîmés mais que dans une très grande majorité de cas, seul un parage très bien fait et l’usage du cheval sur une carrière souple permet de gérer la transition assez facilement. L’activité progressive mais régulière demeure le meilleur outil. Cela pose problème aux particuliers qui n’ont pas de carrière pour travailler leurs chevaux… eux devront passer par des boots ou trouver des terrains en herbes non glissants ou des sous bois confortables.

Aujourd’hui, la transition n’est plus synonyme de sensibilité pendant des mois… et j’ai vue des chevaux de sports aller sauter 140 la semaine d’après leur déferrage, ce qui prouve par A+B que ce que le pied pouvait faire ferré, il peut le faire déferré… et qu’il pourra faire ENCORE PLUS déferré MAIS avec des structures fonctionnelles correctement équilibrées et développées.

L’expérience montre qu’on a environ 2 ans de « soins » pour arriver au potentiel maximum des pieds après déferrage. Ce qui ne veut pas dire « 2 ans de boiteries » mais bien 2 ans de progression des performances! Certains chevaux pourront passer par des périodes d’abcès, de lymphangites, de croûtes ou de fourchettes pourries le temps que les déchets s’évacuent. Les bains de bicarbonate ou de mer seront salvateurs. Les purges également, j’ai été très étonné de lire dans le précis de maréchalerie de 1982 des conseils de purges au sulfate de soude qu’on peut remplacer par du chlorure de magnésium. (sous avis vétérinaire)

La ferrure à servie plusieurs siècles à protéger de l’usure les sabots de chevaux gérés de manière artificielle, comme machines animales au service de l’humanité. L’utilisation du cheval moderne n’est pas comparable. De la même manière qu’on ne peut pas comparer la vie d’un cheval férale à celle d’un cheval domestique, on ne peut pas comparer la vie d’un cheval domestique du 18e siècle avec celle d’un cheval d’aujourd’hui, même et en particulier de sport. Le cheval férale pourra avoir de biens meilleurs pieds qu’un cheval domestique mais aussi en avoir de biens pires suivant ses conditions de vie. L’utilisation des chevaux des siècles passés n’a strictement rien à voir avec celle des chevaux modernes. Les connaissances n’ont également plus rien à voir.

La marine à voile n’est plus la même qu’au 18e siècle… et autre exemple, les vélos utilisés sur le tour de France n’ont rien à voir avec ceux utilisé il y a encore 20 ans…

On peut donc logiquement penser qu’il est temps de faire évoluer les techniques de gestion des pieds des chevaux, qu’on soit MF, véto, proprio, cavalier pro ou moniteur.

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One Comment on “La transition.

  1. Merci pour tout ce dont vous avez écrit depuis ces quelques année que je vous lit, même si vos écrits me sont compliqué, j’en comprends l’essentiel. Je suis aidé d’une amie qui est logique et depuis très experte, je me débrouille avec mon cheval depuis 4 ans, seul, et Quazar me remercie car après chaque balade, il est libéré. Plus de fer aux pieds et en bouche. Il reste qu’il marche sur ce qui est vert , mais quand il oublie, il galope sur des cailloux… merci encore d’aider nos pauvres amis, bonne année aux végétariens…

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