C’est pas de la PEL… mais…

J’ai trouvé sur le blog Easycare (une mine!) un article sur une méthode « originale » de parage mis au point par une véto de Nottingham (USA).

L’article est là > lien

Dr. Judith Shoemaker:

lachlan_and_anna_w1024

Ce qui est marrant, c’est que Shoemaker, c’est presque « fabricant de fers » en Anglais… bref.

Donc, voilà ce qu’elle propose:

slippering_heels

Le « heel Slippering » ou en français le « Pantouflage des talons ».

Le Pantouflage est une notion de maréchalerie qui consiste à incliner les branches du fers vers l’extérieur pour essayer d’écarter les talons.

pantouflage coloré

En effet, dans leurs visions purement mécaniste du sabot, les orthopédistes équins n’ont eu de cesse d’essayer de trouver des solutions pour empêcher l’inexorable détérioration du pied du cheval ferré.  (Bracy Clark en avait décrit les mécanismes au 19e siècle)

La plus notable évolution du pied ferré est l’atrophie des structures palmaires, ce qui amène à « l’encastelement » ou « pied encastelé », « pied serré » ou encore « talons serrés ».

On peut voir que au delà du pantouflage, certains ont des idées… car le fait de mettre une partie souple derrière permettrait aux structures de fonctionner… sauf que… sauf que le parage n’est pas correcte!

Revenons à notre véto, qui elle, à compris que ce n’était pas par le fer qu’on pourrait s’en sortir… PUISQUE C’EST A CAUSE DE LUI que le pied est dans la merde…

Elle a donc pensée qu’on pourrait « pantoufler » les talons d’un pied nu (puisque il n’y a que cette voie pour que ça puisse se régénérer) pour ouvrir les talons d’un sabot contracté.

évolution en 3 mois.

before_after_lachlan

Elle décrit que dans beaucoup de méthodes on doit baisser les talons jusqu’à atteindre la partie la plus large de la fourchette. En fait, LAPIERRE parle de la partie la plus large de la fourchette et en parage naturel, ils parlent de « mettre la fourchette au contact » donc baisser les talons jusqu’à râpouiller la fourchette ou même la mutiler complètement…

Problème, on peut avoir un pied faible avec très peu de sole et le fait de descendre les talons va entamer cette protection essentielle pour le confort du cheval et ainsi le rendre « sensible » pour pas grand chose.

Si il a une fourchette complètement atrophiée (sous entendu, un coussinet plantaire atrophié), on ne pourra PAS descendre les talons, ni même amener « le plan des talons » (HPT method) au point le plus haut de la partie la plus large de la fourchette puisque elle n’existe pas…

Cet exemple le démontre, c’est le même pied, mais à plusieurs mois d’intervalle, correctement suivit en podologie équine. La régénération (croissance) des structures internes palmaires ont permit à la fourchette de « remonter » au niveau (physiologique et pas idéologique) des talons.

Coussinet angle palmaire

SI on baissait quand même les talons, soit par idéologie (comme les Strasser) soit par ignorance (comme les pareurs du dimanche) soit par formation (comme certains MF ou  DAEP) on risque AUSSI de sensibiliser le cheval, voir d’atteindre les feuillets qui produisent le talon ou même la sole au niveau du « SEAT OF THE CORNS » ou SOC pour les intimes du blog.

Internal-structure-hc

C’est cette partie du pied qui est la cause de BEAUCOUP de soucis. Je dis bien « DU PIED », puisque encore pour beaucoup de professionnels, le pied est le sabot… ou même juste la corne de la paroi externe… ce qui est une aberration. La podologie équine vise à étudier LE PIED, donc principalement les structures vascularisés qui se trouvent à l’intérieur du sabot, et qui accessoirement, les produisent! Elles sont quasiment invisibles à la radio… c’est pour cela que je me permet de dire qu’en podologie, les radios ne servent pas à grand chose. (On ne soigne pas des fractures!)

Donc, les feuillets qui produisent le talon, sont posé sur du cartilage et sur la partie la plus palmaire de la troisième phalange (P3) qu’on appel les processus palmaires.

Leurs formes, leur orientation et bien sur la santé, l’épaisseur et la forme des cartilages vont conditionner la forme et l’orientation des talons.

Des talons couchés, fuyants ou au contraire serrés et/ou remontés ne sont donc que la conséquence d’une déformation des structures internes palmaires du pied.

Mais pourquoi les structures internes sont elles déformés?

HA HA ! Bandes de petits curieux… ça va déjà chercher bien loin au delà des réflexions de bases qu’on peut lire dans les bouquins d’orthopédie ou de maréchalerie… lol

Les structures palmaires seront déformés à cause d’un mauvais parage, d’une mauvaise cinématique de l’articulation phalangienne distale,  ou du ferrage qui regroupe les deux.

Dans mon article sur le fonctionnement supposé du pied, je parles des 3 parties du pied et des phases de la locomotion et le rôle de chaque partie en fonction des phases. ( lien )

La partie arrière du pied gérant l’impact, c’est là qu’on aura le plus besoin de matière pour amortir l’énergie cinétique occasionné par la rencontre du sabot du cheval à sa vitesse et le sol.

On peut s’apercevoir que la gestion du point d’impact sera primordiale.

Si on étudie l’anatomie du pied, on peut voir que le sabot recouvre et protège P3 et les structures vascularisés et que P3 s’arrête à un endroit stratégique à l’arrière du pied. (palmaire)

RepèresC

Sur ce pied de cadavre (très certainement un postérieur droit), j’ai pratiqué un parage puis une dissection de la sole pour trouver P3. Sur la photo de droite, j’ai dessiné le bord distale de P3 au feutre directement sur le chorion de la sole. (lien)

Les lignes bleus donnent la correspondance des structures.

Les repères: 1 est le point où se coupe l’axe longitudinal du pied et le bord distale de P3.

2 est la fin des barres, qui correspond à la moitié de la fourchette.

3 est la partie la plus large de la fourchette et donc du positionnement correcte du point d’impact.

4 est la fin du processus palmaire. (la fin de P3)

Tout ce qui est palmaire aux processus palmaires est donc « le talon », la partie du pied qui peut gérer l’impact. (la 1ere phase de la foulée)

Au super ralentie:

Même  chose pour un antérieur. La ligne noir désigne la fin des processus.

On peut donc voir que ce qu’on désigne par SOC correspond à la sole qui recouvre la fin de P3 et que la zone des talons (paroi interne et externe), recouvre la fin des cartilages ungulaires.

20151023_180452.jpg

Râper de la sole au niveau du SOC revient à enlever de la protection là où le cheval vient frapper le sol lors de l’impact! (et exposer l’os, ce qui provoque la bleime caractéristique à cet endroit que les Anglais appellent le « corns »)

Baisser les talons SOUS le SOC (donc en râpant de la sole) revient à amincir la protection des cartilages.

Le fer, qui vient recouvrir cette zone du pied normalement FLEXIBLE, va donc rigidifier l’arrière du pied, censé pouvoir se déformer à l’impact, et surtout permettre à l’onde de choc d’être amortie par les tissus mous de l’arrière du pied. (logiquement)

Avec un fer, l’arrière du pied devient SOLIDAIRE de l’avant du pied (la pince et P3) à cause des clous et de la rigidité du matériau (acier ou alu). L’impact en talon n’a plus de sens… l’énergie n’est plus correctement géré… et le cheval va finir par poser en pince pour essayer de soulager l’arrière de son pied, devenue non fonctionnel.

Et voilà, comment on commence à détériorer le pied du cheval… et a provoquer quasiment TOUTES les pathologies de l’appareil locomoteur.

Du coup, on voit qu’il est primordiale de gérer correctement le point d’impact et de favoriser un posé en talon correct.

La zone d’appuie des talons, ne sera pas forcément placé au bon endroit pour favoriser un point d’impact correct.

(les vis sont posé sur l’os de P3, sur ses parties palmaire et dorsale)

inclinaison des lamelles.jpg

La forme et l’inclinaison des lamelles vont conditionner l’angle des talons et donc leurs migration dorsale (vers la pince)

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Si le fait de baisser les talons a pour conséquence directe de reculer le point d’impact, cela a pour effet secondaire de fortement sensibiliser le cheval.

D’où l’idée géniale de Pete Ramey de « chanfreiner les talons » ce qu’il appel le « HEEL Rocker »

Le « rocker » est un terme de shaping (sculpture du pain de mousse d’une planche de surf) le rocker représente la courbe longitudinale de la planche.

rocker

Donc, le heel rocker, c’est le fait de chanfreiner les talons pour créer une courbe à l’arrière du pied.

DD

Dans un vieil article de Pete sur la descente distale, cette photo m’avait fortement interpellée. Pourquoi? Parce que Lapierre nous avait appris à faire un plan parfait au niveau des talons… exactement comme un MF! (chose qu’il est avant tout)

A la base je n’étais partis là dessus que pour résoudre mes problèmes de fourbure et de descente distale pour soulager la pression sur le bourrelet coronal et donc permettre à la boite cornée de retrouver sa place vis à vis de P3. Cela fonctionne à merveille!

J’ai par la suite continué de chercher… et la cinématique de la descente du paturon à l’impact puis à la phase de mise en charge m’a fait tilt !

Le point d’impact conditionne le moment précis de l’amorce de la descente du paturon et donc de la gestion de l’énergie cinétique et de l’hémodynamique.

Il conditionne également, la façon dont les vecteurs de forces vont s’appliquer aux lamelles dermales et donc la façon dont les cartilages vont être stimulé.

Le fait de reculer et de descendre la paroi externe, d’exposer la paroi interne en talon, augmente la surface de contacte, diminue la pression et permet un fonctionnement optimal de l’arrière du pied… et donc un développement correcte des structures…. ou une régénération de l’arrière du pied.

Toujours 3 mois d’évolution, sur le cheval du Dr Shoemaker.

lachlan_pa_changelachlan_hoof_before_after_w1024

Pour ma part, j’ai réalisé cette évolution en 8 mois.

pied3

On voit que le Point d’impact est dans les choux avec le fer…. et que dès qu’on le replace correctement, les choses rentrent dans l’ordre!

Le soucis de la méthode de Shoemaker, c’est qu’elle « pantoufle »:

Elle créer aussi un plan incliné par les barres, qui selon elle « pousserait » les talons vers l’extérieur… de force! lol

Il n’en est rien… C’est bien le fait de reculer le point d’impact qui a le plus d’effets positifs, car c’est tout simplement comme ça que le pied SAIN, nu et fonctionnel à besoin de fonctionner.

Vouloir écarter les talons est une vieille idée des forgerons et autres orthopédistes de papa… (voir arrière, arrière grand papa !)

Cela traduit une prise en compte du problème mais la totale ignorance des causes du problèmes.

La podologie équine a aujourd’hui prouvé que par un parage adapté basé sur des REPÈRES INTERNES (cad par rapports aux placements des structures internes et PAS des aplombs!) , une alimentation adapté ainsi que des conditions de vie adaptées aux besoins spécifique de l’équidé, on pouvait avoir des pieds nus apte à pratiquer n’importe quelle activité sportive ou professionnelle et surtout un outil formidable pour récupérer les pathologies lié à la ferrure et aux sursollicitations qu’elle permet.

Les études de Taylor et Clayton le prouvent par A +B. (dispo dans mes documents)

Je sais que David Landreville est aussi un adepte du reculé du point d’impact. (lien)

Marcia Sadler également. (lien) Il y en a surement d’autres, puisque on pro qui s’intéresse à la remise en fonction du pied NU,va vite se rendre compte de l’importance de la gestion du point d’impact pour redresser des talons fuyant ou baisser des talons déformés d’un pied basculé de fourbus…

Les résultats sont au delà de tout ce que j’imaginais quand j’ai commencé en autodidacte… et même aprés ma formation Lapierre un peu plus tard.

Combiné au bodywork, à l’osthéo, au Shiatsu, à une complémentation en oligos élément de qualité… et une gestion raisonné de l’entrainement, nul doute que dans les années à venir ils puisse se produire des changements radicaux dans la façon de gérer les pieds des chevaux.

sport

et l’avènement des semelles souples à coller, sera un outils de plus pour aider les réadaptations et faciliter les performances temporaires de chevaux de sport entraîné pieds nus!

7 réflexions sur “C’est pas de la PEL… mais…

  1. D’apres ce que j’ai compris sur les dvd de ramey ,c’est qu’il met le chanfrein au talon pour rester « parallèle  » aux structures internes (P3) en gardant sa râpe « parallèle  » en fonction des mesures des lacunes laterale en gardant toujours +/- 20-25 mm d’epaisseur de sole autant au niveau talon qu’a l’apex de la fourchettes ;justement pour que le pied se pose aussi « naturellement » possible pour aider les structures interne a se developper en ayant un poser en talon (primordiale pour avoir un bon fonctionnement du pied )
    ceci en respectant egalement le « point de roulement du pied  » a sa « vraie place » (en suivant la ligne du haut de la paroi en pince ) pour eviter de continuer a « tirer sur les lamelles en pince  »
    en effet ça parait tres logique

  2. Article intéressant merci de le partager avec nous.

    Cet article m’a directement renvoyé à ce qui se passe dans / sur / sous les pieds de mon cheval et que j’ai du mal à comprendre.

    Quand il a été déféré il avait un pied typique de futur naviculaire, mini fourchette talons enroules pied glissé vers l’avant migration de la pince posées pointe. Encore pire que les photos de l’article.

    Mon grand costaud de 1m80 avec des petits pieds de 15x15cm environ à déménagé fin Octobre dans un paddock Paradise (www.ttz-loerrach.com, pour vous faire une idee).

    Grâce à ce nouveau mode de détention ses pieds se sont énormément améliorés. Par contre avec les améliorations se passe quelque chose qu’aucun article ou professionnel n’a abordé.

    Lors du dernier déménagement, quand il est passé du box-terrase-parc à la stabulation sa fourchette a pris 1cm de large entre les glomes sur 2 semaines. Les talons se sont décontractés, la lacune centrale s’est fendue (comme s’il avait fait une pourriture profonde) mais de la fourchette neuve à très rapidement repoussé donnant après quelques semaines une fourchette saine et bien plus large. Puis petit a petit la fourchette et le coussin digital ont continué à prendre de la largeur et du volume les 3 dernières années. Les talons étaient toujours trop bas, glissés et un peu enroulés, et la base de la fourchette à peine 1/2 de la longueur.

    Cette fois ci, vu l’augmentation des km parcourus, rebelotte, il a de nouveau fendu sa fourchette et pris encore 1cm de large, les talons se sont encore plus décontractés. Début décembre j’arrivais passer mon index entre les glomes et mi décembre la lacune centrale commençait à se remplir avec de la corne neuve. J’ai continué mon entretien chanfrein + abaisser les barres si nécessaire, 1x par semaine comme d’habitude.

    Fin décembre je vois qu’il a fait beaucoup de talon aux antérieurs 3-4 mm au dessus du soc je pense (ce qui n’est jamais arrivé en 6ans) je les remet donc à niveau et constate que suite à ça les talons se sont un peu ressérés.

    Début janvier je fais de nouveau mon entretien hebdomadaire et je me rends bien compte que les talons se sont encore ressérés. Par contre les talons sont de longueur normale. Par contre la lacune centrale continue de se remplir avec de la belle corne bien saine sans traitement particulier.

    Est ce que ça peut venir d’un raccourcissement trop prononcé des barres ou d’une autre erreur ?

    La météo très humide me semble être un facteur aggravant sur lequel je n’ai aucune influence. Je ne sais pas trop comment gérer ce problème et je serai ravi d’avoir quelques conseils ou pistes à explorer.
    Si nécessaire j’ai des photos de documentation des pieds de mon cheval mais je sais pas comment les mettre dans les commentaires.

    • Bonjour,

      Très bonnes observations !

      Je crois en avoir déjà parlé!

      Le phénomène est expliqué par Debra Taylor. La prise de masse (croissance) du coussinet plantaire (digitale) est une 1ere phase.

      La seconde phase est ce qu’on peut appeler la « FIBRO CARTILAGINISATION » cad que les tissus du coussinet vont changer de structuration pour se renforcer en 3D !

      Cette transformation s’accompagne d’une perte de volume et donc on peut constater que les talons se resserrent légèrement pendant cette phase.

      Si on a correctement géré le point d’impact en exposant la paroi interne, les talons se seront positionné correctement et surtout auront augmenté en surface….

      Les barres ne bougeront plus.

      Une fois le coussinet devenue fibro-cartilagineux… on pourra revoir une augmentation de volume et une reprise de l’ouverture des talons mais cela demandera plus de travail et une stimulation plus importante. ( donc « en charge » et sur différents terrains notamment « irréguliers » ET « durs » alors que on aura plus l’habitude des terrains durs et plat ou mous et irréguliers…

      Merci pour votre commentaire qui me conforte dans le choix d’éduquer les propriétaires plutôt que les professionnels qui eux ne veulent rien voir ni savoir…

  3. Qu’en est-il dans le cas d’un Hi/Lo? Les pieds de mon cheval ont beaucoup évolué en 1 an, ils étaient indécemment longs (et ferrés) quand je l’ai acheté, avec des antérieurs encastelés. Le point d’impact a reculé, les talons sont descendus, la sole a pris de la concavité mais il persiste une (importante) asymétrie entre le high et le low… Et donc à ce moment, on fait quoi, on ne le recule quand même pas sur le high sous peine d’entrainer une sensibilité?
    Je précise qu’il a fait 2 séances de bodywork et 1 d’ostéo en 1 an dans le but d’améliorer tout ça. Et malgré des exos quotidiens, ça rame… Et suivi par un podo. Qui me retient de lui ratiboiser l’antérieur high ^^

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